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Analyses

Après avoir passé l’épreuve de l’analyse de sang, des piqûres et autres blouses blanches, voici celle des résultats d’analyse. Mais le plus souvent, comprendre tous ces chiffres à virgule et ce jargon médical n’est pas simple. Et quoi de plus normal. Immunoglobulines E, Vitesse de sédimentation, Créatinine, TSH, toutes ses notions nous font vaguement penser à quelque chose, mais nous ne savons pas exactement à quoi elles correspondent et surtout quel dosage est-il nécessaire pour être une bonne santé. Nous vous donnons dans cet article les clefs pour comprendre au mieux ces résultats.

Il est vrai, aussi, que la meilleure lecture des analyses de sang sera celle d’un professionnel de la santé, votre médecin. Il vaut donc mieux prendre un rendez-vous pour demander une explication claire et précise de ces résultats que de mal les interpréter et se faire peur. L’avis médical restera toujours l’avis le plus pertinent. Et quoi de mieux que d’être en face de notre médecin, si ce dernier doit nous prescrire des vitamines ou des médicaments, suite à l’arrivée des résultats.


Index des analyses médicales de A à Z

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G
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A
Agglutinines irrégulières

Définition de l’analyse des agglutinines irrégulières

Les agglutinines sont des anticorps, c’est-à-dire des molécules produites par le système immunitaire pour « repérer » des agents étrangers.

On désigne par le terme « agglutinines irrégulières » des anticorps dirigés contre certaines molécules (antigènes) présentes à la surface des globules rouges. Ces anticorps sont « irréguliers » car anormaux, avec un effet potentiellement dangereux. En effet, ils risquent de se retourner contre les propres globules rouges du patient et de les attaquer, en quelques sortes.

La recherche d’agglutinines irrégulières (RAI) est donc un examen nécessaire dans de nombreuses situations, dont la grossesse, pour éviter ce type de complication.

La présence de ces anticorps anormaux s’explique généralement par la réalisation antérieure de transfusions ou par des grossesses, chez la femme. Ainsi, lors d’une transfusion ou d’une grossesse, du sang « étranger » (celui du donneur ou du fœtus) entre en contact avec le sang de l’individu. En réaction, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre ces globules rouges étrangers. Lors d’une seconde exposition (nouvelle transfusion ou nouvelle grossesse), ces anticorps peuvent réagir fortement et provoquer une destruction des globules rouges, pouvant avoir des conséquences cliniques graves (choc transfusionnel, par exemple).

Chez une femme enceinte, la présence de ce type d’anticorps peut provoquer, dans certains cas, une maladie grave appelée maladie hémolytique du nouveau-né.

Les agglutinines irrégulières peuvent aussi résulter d’une auto-immunisation (dérèglement du système immunitaire). Il s’agit alors d’auto-anticorps, dirigés contre des antigènes du patient lui-même.

Pourquoi réaliser un dosage des agglutinines irrégulières ?

La RAI vise à mettre en évidence la présence d’anticorps dirigés contre les globules rouges.

Ces anticorps sont de plusieurs types (en fonction de la molécule qu’ils ciblent). Ils sont potentiellement dangereux en cas de transfusion ou de grossesse.

La RAI est donc systématiquement réalisée :

  • chez toute personne susceptible d’être transfusée
  • après toute transfusion (dans le cadre du suivi d’hémovigilance)
  • chez toutes les femmes enceintes

En cours de grossesse, la RAI est systématique au moins à 2 reprises chez les femmes sans antécédent de transfusion (avant la fin du 3ème mois de grossesse et au cours du 8ème et/ou 9ème mois). Il est plus fréquent (au moins 4 fois) chez les femmes Rhésus négatif (15% de la population environ).

Cet examen vise à prévenir les accidents transfusionnels ou fœto-maternels (anémie sévère, hémorragies, ictère).

Par exemple, de tels accidents peuvent survenir lorsqu’une femme est de rhésus négatif (groupe sanguin négatif) et qu’elle est enceinte d’un homme rhésus positif. Lors de la première grossesse, le sang du fœtus (s’il est Rh +, lui aussi), n’entre pas en contact avec celui de la mère, donc il n’y a pas de problème. En revanche, lors de l’accouchement, les deux sangs entrent en contact et la mère va produire des anticorps anti-Rhésus positif. Ce contact peut aussi avoir lieu en cas de fausse-couche ou d’interruption volontaire de grossesse.

Lors d’une seconde grossesse, ces anticorps risquent de provoquer une fausse-couche (si le fœtus est à nouveau Rh+), ou une maladie hémolytique du nouveau-né, c’est-à-dire une destruction massive des globules rouges du bébé. Pour prévenir cette complication, il suffit, lors de chaque accouchement, d’injecter à la mère un sérum anti Rhésus (ou anti D), qui va détruire les quelques globules rouges du bébé qui sont passés dans la circulation maternelle et empêcher l’immunisation.

Déroulement de l’analyse d’agglutinines irrégulières et résultats

L’examen s’effectue par simple prise de sang, dans un laboratoire d’analyses médicales. Le sang du patient est mis en contact avec un éventail de cellules de donneurs (qui représentent la diversité des antigènes contre lesquels des agglutinines irrégulières peuvent se former). Si des agglutinines irrégulières, elles réagiront en présence de ces cellules.

Quels résultats sont attendus par la recherche d’agglutinines irrégulières ?

L’examen est soit négatif, soit positif, montrant ou non la présence d’agglutinines irrégulières dans le sang.

Si le dépistage est positif, il sera nécessaire de déterminer avec précision de quels anticorps il s’agit (afin de savoir contre quelle molécule exactement ils peuvent réagir).

En cas de transfusion ultérieure, cela permet de sélectionner du sang compatible pour le patient.

Au cours de la grossesse, la présence d’agglutinines irrégulières n’est pas forcément dangereuse. Très souvent, ces anticorps ne présentent aucun risque pour l’enfant (ils sont peu « agressifs » ou le fœtus peut être compatible).

Le bon développement du fœtus sera toutefois contrôlé de façon stricte.

Les agglutinines dites « anti-D » (anti-RH1, mais aussi anti-RH4 et anti-KEL1), en particulier, imposent un suivi et un dosage régulier (au moins une fois par mois jusqu’à l’accouchement et même tous les 8 à 15 jours au troisième trimestre). Le médecin vous expliquera les risques et les modalités du suivi pré et postnatal.

Albumine

Définition de l’analyse de l’albumine

L’albumine est la protéine la plus abondante (60%) dans le sang. Elle est fabriquée par les hépatocytes (les cellules du foie), mais peut aussi provenir de l’alimentation (on la trouve par exemple dans le blanc d’œuf ou encore dans le lait).

L’albumine joue un rôle majeur dans le maintien de la pression oncotique du sang (pression osmotique due aux protéines).

Elle est aussi considérée comme la principale protéine de transport dans le sang. Elle transporte des substances endogènes et exogènes qui de sont de petites tailles et qui, seules, seraient éliminées par les reins, dont :

  • des hormones (en particulier les hormones liposolubles)
  • la bilirubine
  • le calcium
  • des acides gras
  • des médicaments
  • des électrolytes

Pourquoi faire une analyse de l’albumine ?

Le dosage de l’albumine sanguine ou albuminémie est prescrit pour dépister une maladie hépatique ou rénale. Il sert aussi à vérifier la quantité de protéines dans le sang. Le médecin peut demander un dosage de l’albumine s’il suspecte une anomalie de la concentration de certains électrolytes, comme le calcium. En présence d’œdèmes, un dosage de l’albumine peut également être requis.

L’examen de l’albumine

L’analyse sanguine de l’albumine est prescrite par un médecin, à l’hôpital ou lors d’une consultation. L’examen consiste à prélever du sang veineux, la plupart du temps au niveau du pli du coude.

Les taux d’albumine, de protéines totales et de globulines sont généralement mesurés parallèlement.

Le taux d’albumine peut aussi, au besoin, être mesuré dans les urines (albuminurie).

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de l’albumine ?

Le taux normal d’albumine dans le sang doit se situer entre 3,4 et 5,4 g/dl (grammes par décilitre), chez les hommes et les femmes. À noter que les valeurs normales d’albumine peuvent varier légèrement selon le laboratoire dans lequel est effectuée l’analyse.

Seul un médecin pourra interpréter les résultats et conclure à un diagnostic.

Parmi les causes d’un taux d’albumine bas (hypoalbuminémie) dans le sang, citons :

  • atteinte des reins
  • maladie du foie : cirrhose, hépatite, ascites
  • une dénutrition (apport insuffisant en protéine)
  • une maladie inflammatoire
  • les œdèmes
  • les situations de perte de liquide biologique, comme le syndrome néphrotique ou les brûlures étendues
  • une excrétion excessive par les reins
  • une entéropathie exsudative : maladie inflammatoire caractérisée par une intolérance à certains éléments comme le gluten, d’une perte par le tube digestif de substances comme les protéines ou les immunoglobulines. La maladie de Crohn et la maladie iliaque font partie de ces pathologies.
  • une grossesse
  • de l’eczéma

Au contraire, avoir un taux élevé d’albumine dans le sang peut être le signe de :

  • une déshydratation
  • un diabète insipide
  • des efforts prolongés
Allergies alimentaires

Définition du test des allergies alimentaires

Une allergie alimentaire est une réaction anormale et disproportionnée du système immunitaire lors de l’ingestion d’un aliment.

Les allergies alimentaires sont fréquentes (touchant 1 à 6% de la population) et peuvent concerner de nombreux aliments : cacahuètes (arachides), noix, poisson, mollusques et crustacés, mais aussi blé, protéines de lait de vache, soja, œuf, fruits exotiques, etc. Au total, plus de 70 aliments sont considérés comme des allergènes potentiels.

Les symptômes sont de sévérité variable. Ils vont de la gêne passagère (larmoiement, irritation, troubles gastro-intestinaux) à des réactions graves pouvant être fatales, qui nécessitent une intervention médicale immédiate.

En Europe et en Amérique du Nord, les cacahuètes et les noix, noisettes, amandes sont les aliments les plus souvent en cause dans les réactions graves qui engagent le pronostic vital.

Les réactions allergiques surviennent généralement dans les quelques minutes ou l’heure suivant l’ingestion de l’aliment en cause.

Pourquoi faire un test pour les allergies alimentaires ?

Il n’est pas toujours facile d’identifier avec certitude un aliment auquel on est allergique. Par ailleurs, il peut y avoir des allergies croisées (par exemple noix et amandes) et il est important de faire des tests pour savoir quels sont les aliments problématiques, notamment chez l’enfant.

L’examen des allergies alimentaires

Il existe plusieurs tests permettant de diagnostiquer une allergie alimentaire. « L’enquête » allergique commence toujours par un entretien avec un allergologue qui s’enquiert des symptômes ressentis et de leur historique.

Il est ensuite possible d’effectuer :

  • des prick-tests cutanés : ils consistent à mettre en contact des cellules du derme avec l’allergène supposé. Ces tests cutanés consistent à déposer sur la peau une goutte d’allergène puis à faire une petite piqûre à travers la goutte de réactif, pour le faire pénétrer dans le derme. Les tests sont réalisés au niveau du bras ou du dos. On peut en effectuer plusieurs en même temps. Dix à quinze minutes après, on évalue la taille de l’œdème (ou de la rougeur) qui s’est formé s’il y a effectivement une allergie.
  • un dosage des IgE sériques : une prise de sang permet de rechercher la présence d’un certain type d’immunoglobulines, les IgE, caractéristiques de la réaction allergique. On recherche la présence d’IgE spécifiques de l’allergène testé. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour effectuer ce dosage.
  • des patch tests (ou tests épicutanés) : ils peuvent être utiles dans certains cas d’allergies, par exemple pour les manifestations digestives ou cutanées. Ils consistent à maintenir l’allergène en contact avec la peau grâce à un dispositif autocollant qui ne doit pas être mouillé ni retiré avant la lecture du résultat 48 à 96 heures plus tard. Ces patchs sont souvent posés sur le haut du dos.

Quels résultats peut-on attendre d’un test des allergies alimentaires ?

Lorsque l’un ou plusieurs tests cités ci-dessus révèlent l’existence d’une allergie alimentaire, le médecin conseillera un régime d’exclusion visant à bannir tous les aliments, transformés ou non, qui comportent l’allergène. C’est le seul moyen d’éviter les réactions allergiques.

Il prescrira aussi des médicaments anti-allergie en cas de consommation accidentelle, surtout si la réaction est grave (antihistaminique, corticoïdes ou adrénaline en seringue auto-injectable – Epipen ou Anapen).

Le plus souvent, l’allergie sera confirmée par un test de provocation par voie orale, qui consiste à administrer l’allergène à l’hôpital, sous contrôle, à doses  progressivement  croissantes,  toutes  les  20  minutes  jusqu’à survenue de la réaction. Ce test permet de connaître la quantité d’aliment qui provoque les symptômes et de mieux définir le type de symptômes.

Alpha-foetoprotéine

Définition de l’alpha-foetopotéine

Appelée aussi fétuine, l’alpha-fœtoprotéine est une protéine naturellement produite par la vésicule vitelline et le foie du fœtus en développement. Elle se retrouve dans le sang fœtal et maternel (pendant la grossesse). Chez le nouveau-né, son taux diminue quelques semaines après la naissance.

Chez l’adulte, l’alpha-fœtoprotéine peut réapparaitre au cours de certaines maladies, la plupart du temps hépatiques ou tumorales.

Pourquoi faire une analyse de l’alpha-fœtoprotéine ?

L’analyse de l’alpha-fœtoprotéine peut être prescrite chez une femme pendant la grossesse ou chez l’adulte hors période de grossesse.

Pendant la grossesse, l’analyse de l’alpha-fœtoprotéine est utilisée pour le diagnostic prénatal de diverses anomalies et se réalise au cours du deuxième trimestre. C’est entre les 16e et 18e semaines que le test est généralement le plus précis. L’analyse de l’alpha-fœtoprotéine a lieu en même temps que celle de l’hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG), l’estriol et l’inhibine A, des hormones placentaires. Le but est notamment de détecter une malformation du tube neural (qui deviendra le système nerveux) du fœtus, comme le Spina bifida, mais aussi des anomalies chromosomiques, comme le risque de trisomie 21 (ou syndrome de Down).

Chez l’adulte (hors période de grossesse), l’analyse de l’alpha-fœtoprotéine peut être réalisée pour diagnostiquer des troubles hépatiques ou pour détecter certains cancers.

L’examen de l’alpha-foetoprotéine

L’analyse de l’alpha-fœtoprotéine consiste en une prise de sang au niveau d’une veine et ne nécessite aucune préparation spécifique. Le médecin pose un garrot au niveau de l’avant du bras du patient, à environ 10 cm au dessus du site où aura lieu la ponction veineuse, généralement au niveau du pli du coude.

Chez la femme enceinte, l’alpha-fœtoprotéine produite par le fœtus passe en partie dans le sang maternel, et donc aucun prélèvement amniotique ou fœtal n’est requis. La prise de sang s’effectue de façon « classique ».

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de l’alpha-fœtoprotéine ?

Chez les adultes, hommes et femmes hors période de grossesse, la quantité normale d’alpha-fœtoprotéine est inférieure à 10 ng/ml de sang.

Une augmentation du taux d’alpha-fœtoprotéine sanguin peut révéler :

  • une maladie du foie, comme une cirrhose, un cancer du foie, une hépatite alcoolique ou encore une hépatite virale
  • un cancer des testicules, des ovaires, de l’estomac, du pancréas ou encore des canaux biliaires.

Chez les femmes enceintes, au deuxième trimestre, le taux d’alpha-fœtoprotéine est généralement compris entre 10 et 200 ng/ml. Un taux élevé d’alpha-fœtoprotéine peut révéler :

  • une anomalie du tube neural chez le fœtus en développement : Spina bifida, anencéphalie
  • une malformation neurologique
  • une hydroencéphalie
  • une malformation de l’œsophage ou des reins

Inversement, un taux faible peut être le signe d’une anomalie chromosomique comme le syndrome de Down (trisomie 21).

Attention cependant, le taux d’alpha-fœtoprotéine varie au cours de la grossesse. Il est donc important de connaître précisément le stade de grossesse auquel la femme se trouve lors du test. Des résultats anormaux d’alpha-fœtoprotéine peuvent aussi être dus à une grossesse multiple ou à une mort fœtale.

Des examens supplémentaires sont donc nécessaires en cas de taux anormaux d’alpha-fœtoprotéine, comme une échographie ou une amniocentèse (prélèvement du liquide amniotique entourant le fœtus).

Ammoniémie

Définition de l’ammoniémie

L’ammoniémie est un examen visant à mesurer le taux d’ammoniaque dans le sang.

L’ammoniaque joue un rôle dans le maintien du pH mais c’est un élément toxique qui doit rapidement être transformé et éliminé. S’il est présent en excès (hyperammoniémie), il est notamment toxique pour le cerveau et peut causer une confusion (troubles psychiatriques), une léthargie et parfois même un coma.

Sa synthèse a lieu principalement dans l’intestin, mais aussi au niveau rénal et musculaire. Sa détoxication a lieu dans le foie où il est transformé en urée, puis il est éliminé sous cette forme dans les urines.

Pourquoi pratiquer un dosage de l’ammoniaque ?

Comme il s’agit d’un composé toxique, il est important de réaliser un dosage de l’ammoniaque quand on suspecte une augmentation de sa concentration.

Le médecin peut prescrire son dosage :

  • s’il soupçonne une insuffisance hépatique
  • pour rechercher les causes de pertes de conscience ou d’un changement de comportement
  • pour identifier les causes d’un coma (il est alors prescrit avec d’autres examens, comme la glycémie, l’évaluation des fonctions hépatique et rénale, les électrolytes)
  • pour surveiller l’efficacité d’un traitement en cas d’encéphalopathie hépatique (trouble de l’activité mentale, de la fonction neuro-musculaire et de la conscience qui survient à la suite d’une insuffisance hépatique chronique ou aiguë)

Notons que le médecin peut demander une ammoniémie chez un nouveau-né si celui-ci devient irritable, vomit, ou qu’il montre une importante fatigue dans les premiers jours de sa naissance. Ce dosage est surtout réalisé en cas d’hospitalisation.

L’examen du dosage de l’ammoniaque

Le dosage de l’ammoniaque peut être effectué de différentes manières :

  • par un prélèvement de sang artériel, effectué dans l’artère fémorale (dans le pli de l’aine) ou l’artère radiale (au niveau du poignet)
  • par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude, de préférence à jeun

Quels résultats peut-on attendre d’une ammoniémie ?

Les valeurs normales de l’ammoniémie chez l’adulte sont comprises entre 10 et 50 µmoles/L (micromoles par litre) dans le sang artériel.

Ces valeurs varient en fonction du prélèvement mais aussi du laboratoire qui effectue l’analyse. Elles sont légèrement plus basses dans le sang veineux que dans le sang artériel. Elles peuvent aussi varier en fonction du sexe et sont plus élevées chez le nouveau-né.

Si les résultats indiquent un taux élevé d’ammoniaque (hyperammoniémie), cela signifie que l’organisme n’est pas capable de le dégrader suffisamment et de l’éliminer. Un taux élevé peut être notamment associé à :

  • une insuffisance hépatique
  • une atteinte hépatique ou rénale
  • une hypokaliémie (insuffisance du niveau de potassium dans le sang)
  • une insuffisance cardiaque
  • des saignements gastro-intestinaux
  • une maladie génétique affectant certains composants du cycle de l’urée
  • un effort musculaire sévère
  • une intoxication (médicament antiépileptique ou amanite phalloïde)

Un régime hypoprotéiné (pauvre en viande et protéines) et des traitements (arginine, citrulline) aidant à l’élimination de l’ammoniaque pourront être prescrits.

Amylase

Définition de l’amylase

L’amylase est une enzyme produite les glandes salivaires et les glandes pancréatiques, et éliminée dans les urines. L’amylase est une saccharidase, c’est-à-dire que cette enzyme brise les polysaccharides (des sucres).

La fonction principale de l’amylase est ainsi d’aider à digérer les glucides provenant de la nourriture ingérée. Elle joue notamment un rôle prépondérant dans la dégradation de l’amidon, constitué de glucides.

Pourquoi faire une analyse de l’amylase ?

Si le médecin soupçonne une atteinte du pancréas ou des glandes salivaires, alors il peut prescrire une analyse du taux d’amylase.

L’examen de l’amylase

L’analyse de l’amylase peut se réaliser dans le sang mais aussi dans l’urine.

Le personnel médical en charge de l’examen prélève du sang veineux, généralement au niveau du pli du coude. Il est conseillé d’éviter de boire de l’alcool avant l’examen. Le médecin peut aussi vous demander de modifier la posologie ou même de cesser de prendre certains médicaments susceptibles d’affecter la quantité d’amylase dans le sang (comme l’aspirine, les pilules contraceptives, le opiacés ou encore certains diurétiques).

En ce qui concerne le dosage urinaire, il est recommandé de le faire le matin. Pour cela il suffit d’uriner dans un récipient prévu à cet effet que vous aura fourni le personnel médical ou disponible en pharmacie.

Quels résultats peut-on attendre d’un bilan de l’amylase ?

La valeur normale du taux d’amylase se situe entre 10 et 45 UI/l dans le sang (Unités Internationales par litre) et 10-150 UI/l dans les urines.

Notons que les variations de l’amylase urinaire suivent celles de l’amylase sanguine, avec un décalage de 8 heures environ.

Le taux d’amylase peut être plus élevé que la valeur normale en cas de :

  • atteinte du pancréas : pancréatite aiguë ou chronique, kyste du pancréas, cancer du pancréas, etc.
  • douleurs abdominales : ulcère perforé, inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite), péritonite, etc.
  • présence de macroamylase dans le sang (macroamylasémie), c’est-à-dire un assemblage anomal de l’amylase à d’autres protéines
  • affection des glandes salivaires : oreillons, tumeur des glandes salivaires, alcoolisme chronique

Au contraire, un taux d’amylase bas peut être le signe :

  • d’un taux de triglycérides très augmenté
  • d’une prééclampsie (pendant la grossesse)
  • de lésions pancréatiques
  • d’une maladie du rein
Anticorps antithyroïdiens

Définition de l’analyse des anticorps antithyroïdiens

Les anticorps antithyroïdiens (AAT) sont des anticorps anormaux (auto-anticorps) qui s’attaquent à la glande thyroïde.

Ils apparaissent principalement en cas de maladie auto-immune de la thyroïde.

Il existe plusieurs sortes d’AAT, qui ciblent différents éléments de la thyroïde, notamment les :

  • anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO)
  • anticorps anti-thyroglobuline (anti-TG)
  • anticorps anti-récepteurs de la TSH
  • anticorps anti-T3 et anti-T4

Pourquoi faire une analyse des AAT ?

Les AAT sont surtout dosés en cas de symptômes de dysfonctionnement thyroïdien, mais aussi dans les bilans d’infertilité (fausses-couches à répétition) ou dans le suivi des femmes enceintes ayant présenté une maladie thyroïdienne. Leur analyse régulière est utile pour le suivi des maladies auto-immunes thyroïdiennes.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des anticorps antithyroïdiens ?

Le dosage des AAT s’effectue par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Les résultats sont très variables d’un laboratoire d’analyse à l’autre, et plusieurs mesures peuvent être nécessaires. Il est inutile d’être à jeun avant le prélèvement.

Le dosage des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) peut être effectué par la même occasion.

Quels résultats peut-on attendre d’un bilan des anticorps antithyroïdiens ?

La présence d’AAT, surtout en faible quantité, n’est pas toujours associée à des symptômes.

Lorsque les taux sont anormalement élevés (surtout d’anti-TPO), cela signifie généralement qu’il existe un dysfonctionnement de la thyroïde. Seul le médecin pourra interpréter les résultats et vous donner un diagnostic.

Parmi les maladies thyroïdiennes auto-immunes, citons :

  • la maladie de Hashimoto
  • la thyroïdite de l’adolescent
  • la maladie de Basedow
  • les thyroïdites du post partum (pic de fréquence 6 à 8 mois après l’accouchement)

La grossesse, certains cancers (thyroïde), certains déficits immunitaires peuvent aussi s’accompagner d’une augmentation des AAT.

Antigène carcino-embryonnaire

Définition de l’analyse de l’antigène carcino-embryonnaire

L’antigène carcino-embryonnaire (ACE) est une protéine qui joue un rôle dans l’adhésion et la reconnaissance cellulaire. Elle est présente normalement chez le foetus durant les 6 premiers mois de la grossesse, d’où son nom.

Chez l’adulte, sa présence en petite quantité est normale, mais une augmentation du taux constitue un marqueur de certains cancers, en particulier du cancer (adénocarcinome) colorectal.

L’ACE est aussi associé à plusieurs autres cancers, mais ce n’est pas un marqueur « parfait » : il n’est pas forcément le signe qu’un cancer est présent.

Le dosage se fait sur un prélèvement sanguin, s’effectue par une ponction veineuse en général au pli du coude.

Pourquoi faire une analyse de l’ACE ?

Le dosage de l’ACE est surtout utilisé pour s’assurer qu’un cancer colorectal ne rechute pas, après une résection chirurgicale. Il permet aussi de juger de l’efficacité du traitement en cas de cancer. Il n’est pas recommandé pour le dépistage des cancers colorectaux.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de l’antigène carcino-embryonnaire ?

À titre indicatif, les valeurs sanguines normales d’ACE se situent entre 2,5 et 5 μg/l.

La présence d’ACE en petites quantités chez l’adulte n’est pas anormale. L’ACE est aussi chez trouvé chez certaines personnes non malades. On sait par exemple que 3 % de la population environ présente un taux sanguin élevé d’antigène carcino-embryonnaire. Les fumeurs, eux aussi, présentent des valeurs élevées.

Une augmentation est aussi observée dans certains cas de maladies chroniques inflammatoires du poumon et de l’intestin, en cas de cirrhose ou d’insuffisance rénale.

Même s’il s’agit surtout d’un marqueur de cancer colorectal, on peut aussi voir une augmentation de sa concentration en cas de cancer du sein, de poumon, des ovaires, de l’utérus ou encore de cancer médullaire de la thyroïde.

Antigène spécifique de la prostate (PSA)

Définition de l'analyse du taux d'antigène spécifique de la prostate dans le sang

Le PSA ou APS (pour Antigène Spécifique de la Prostate, en français) est une molécule sécrétée par la prostate chez les hommes, qui joue un rôle dans la liquéfaction du sperme après l’éjaculation.

Lorsque la concentration de PSA dans le sang est plus élevée que la normale, cela peut indiquer la présence d’un cancer de la prostate. En effet, son taux est proportionnel à la taille de la prostate et à l’activité de la prostate (donc la multiplication cellulaire).

Le PSA est donc utilisé comme « marqueur tumoral », lors de toutes les étapes de la prise en charge du cancer de prostate, et parfois pour son dépistage (bien qu’il ne constitue pas un marqueur diagnostique fiable).

Rappelons que le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, devant le cancer du poumon et le cancer colorectal. Il arrive au troisième rang des causes de décès par cancer chez l'homme.

Pourquoi faire une analyse du taux de PSA ?

Le dosage du PSA dans le sang permet, en association avec le toucher rectal, de participer au dépistage des cancers de la prostate.

En cas de diagnostic d’un cancer de la prostate, le dosage du PSA est en outre utilisé à tous les stades de la maladie :

  • dans l’évaluation de la réponse au traitement,
  • lors du suivi,
  • pour diagnostiquer une récidive.

Attention : le PSA n’est pas spécifique du cancer de prostate et son augmentation peut aussi être observée aussi dans d’autres troubles de la prostate, comme l’hypertrophie bénigne de la prostate, une inflammation ou une infection.

A propos du dépistage : le dosage systématique du PSA dans le sang à partir d’un certain âge pour dépister le cancer de la prostate fait l’objet d’une controverse scientifique. Comme la plupart des cancers de la prostate évoluent lentement et ne se révèleraient pas au cours de la vie des personnes, l’intérêt de ce dépistage a été plusieurs fois mis en cause. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) considère désormais « que la mise en place d’un programme de dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA sérique total n’est pas recommandée, que ce soit en population générale ou chez les hommes à haut risque ».

L’association française d’urologie recommande quant à elle un dépistage chez les hommes :

  • de 45 à 54 ans : dépistage organisé pour les groupes à risque (antécédents familiaux, origine africaine ou antillaise)
  • de 55 à 69 ans : dépistage organisé annuel si le PSA est supérieur à 1 ng/ml, tous les 3 ans si le PSA est inférieur à 1 ng/ ml
  • de 70 à 75 ans : dépistage individuel proposé au patient associé à une information sur la maladie, ses traitements et leurs effets indésirables
  • Après 75 ans, le dépistage n'est pas recommandé

En pratique, la prescription d’un dosage du PSA sérique reste très fréquente.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du taux de PSA ?

La quantité de PSA dans le sang est dosée par une prise de sang, réalisée le plus souvent au pli du coude. Aucune préparation n’est requise.

On distingue deux formes principales de PSA : le PSA lié (à des protéines de transport) et le PSA libre. Le dosage évalue le PSA total, qui est la somme du PSA lié et du PSA libre.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du taux de PSA ?

On considère habituellement que le taux est normal s’il est inférieur à 4 ng/ml (nanogrammes par millilitre). Cela étant, un taux élevé de PSA ne veut pas forcément dire que la personne est atteinte d'un cancer de la prostate D’autres affections peuvent faire augmenter le taux, tout comme la réalisation d’un toucher rectal, de biopsie de la prostate, mais aussi un rapport sexuel, etc. De plus, le taux de PSA augmente progressivement avec l'âge.

De façon plus détaillée, à titre indicatif, le taux de PSA est généralement :

  • inférieur à 2,5 ng/ml avant 50 ans,
  • inférieur à 3,5 ng/ml entre 50 et 60 ans,
  • inférieur à 4,5 ng/ml entre 60 et 70 ans
  • inférieur à 6,5 ng/ml entre 70 et 80 ans

En cas de résultat anormal (supérieur à 4 ng/mL mais surtout supérieur à 10 ou taux augmentant rapidement, de plus de 0,75 ng/ml/an), le médecin prescrira une série d’autres examens permettant de poser le diagnostic ou d’évaluer la situation. Notamment :

  • le toucher rectal, qui permet de palper la taille de la prostate et de déceler une éventuelle croissance anormale
  • des examens d’imagerie
  • une biopsie de la prostate (par voie endorectale), surtout si le taux est supérieur à 10 ng/ml
Antigène urinaire des légionelles

Définition de l'analyse de l'antigène urinaire des légionelles

La légionellose, ou maladie du légionnaire, est une maladie infectieuse d’origine bactérienne, qui reste rare mais survient souvent sous forme d’épidémies.

En moyenne, dans les pays occidentaux, on considère que l’incidence varie de 1 à 30 cas par million de personnes par année. Ainsi, en France, en 2012, moins de 1500 cas de légionellose ont été notifiés (leur déclaration est obligatoire).

La maladie se transmet par l’inhalation d’aérosols contenant une bactérie du genre Legionella (une cinquantaine d’espèces connues) et provenant d’eau contaminée, notamment dans les collectivités (chauffe-eau, réservoirs d’eau chaude, tours de refroidissement, spas, etc.). Ce n’est pas une maladie contagieuse.

La maladie peut se traduire de deux façons :

  • un syndrome de type grippal, passant le plus souvent inaperçu (on parle de fièvre de Pontiac)
  • une pneumonie potentiellement grave, surtout si elle touche des personnes dont le système immunitaire est affaibli, notamment des personnes hospitalisées.

Pourquoi faire une recherche des antigènes urinaires des légionelles ?

Les analyses de laboratoire sont nécessaires pour confirmer le diagnostic de légionellose, en cas de symptômes de pneumonie.

Plusieurs tests peuvent être utilisés, dont :

  • la culture bactérienne
  • la recherche d’antigène soluble urinaire
  • une analyse sérologique (diagnostic tardif)
  • une analyse par immunofluorescence directe sur prélèvements respiratoires
  • une recherche des gènes de la bactérie (par PCR)

Ces tests ont chacun leur spécificité et leurs avantages.

La culture bactérienne (à partir d’un prélèvement respiratoire) reste la méthode de référence, puisqu’elle permet d’identifier précisément le type de légionelle en cause.

Cependant, la recherche d’antigène soluble urinaire est très utilisée car elle est beaucoup plus rapide que la culture et facile à effectuer. Ce test ne permet toutefois de diagnostiquer qu’un seul type de Legionella, L. pneumophila sérogroupe 1, responsable de 90% des légionelloses.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de l'antigène urinaire des légionelles ?

Le test se fait sur un échantillon d’urine et consiste à déceler des « traces » (antigènes) de la bactérie. Ces traces sont présentes dans les urines de la grande majorité des malades 2 à 3 jours après l'apparition des premiers symptômes. Le test est sensible (80 % sur des urines concentrées) et très spécifique (99 %).

Il est systématiquement effectué en cas de signes respiratoires survenant chez un patient hospitalisé, car la légionellose est une maladie nosocomiale redoutée. Son résultat peut être rendu en 15 minutes (grâce à des kits de diagnostic commerciaux).

Quels résultats peut-on attendre d’une recherche des antigènes urinaires des légionelles ?

Si le test est positif, le diagnostic de légionellose sera confirmé. Une mise en culture restera toutefois indispensable pour l'enquête épidémiologique. Le médecin est obligé de déclarer le cas aux autorités de santé publique. L’identification de la source de contamination est indispensable, afin de limiter l’extension de l’épidémie. D’autres cas potentiels pourront ainsi être décelés de façon précoce.

Quant au malade, un traitement antibiotique lui sera administré rapidement, reposant en général sur un antibiotique de la famille des macrolides.

Antistreptolysine O

Défintion de l’antistreptolysine O

La streptolysine O est une substance produite par les bactéries de type streptocoque (du groupe A) lorsqu’elles infectent l’organisme.

La présence de streptolysine déclenche une réaction immunitaire et la production d’anticorps antistreptolysine, qui visent à neutraliser la substance.

Ces anticorps portent le nom d’antistreptolysines O (ASLO).

Pourquoi faire une analyse de l’antistreptolysine ?

Cette analyse permet de déceler dans le sang des anticorps antistreptolysine  O, qui témoignent de la présence d’une infection à streptocoques (par exemple une angine ou pharyngite, un rhumatisme articulaire aigu).

L’analyse n’est pas prescrite en routine pour dépister les pharyngites à streptocoques (on utilise pour cela un test rapide sur un frottis de gorge). Elle est réservée aux autres cas de suspicion d’infections streptococciques, comme le rhumatisme articulaire aigu ou la glomérulonéphrite aiguë (infection des reins).

Comment se passe une analyse de l’antistreptolysine O ?

L’examen s’effectue par simple prise de sang, dans un laboratoire d’analyses médicales.

Il n’y a pas de préparation particulière. Il peut toutefois être recommandé d’effectuer un deuxième prélèvement 2 à 4 semaines plus tard afin de mesurer l’évolution du taux des anticorps.

Quels résultats peut-on attendre de l’analyse de l’ASLO ?

En temps normal, le taux d’antistreptolysine O doit être inférieur à 200 U/ml chez l’enfant et à 400 U/ml chez l’adulte.

Si le résultat est négatif (c’est-à-dire dans les normes), cela signifie que le patient n’a pas été infecté récemment par un streptocoque. Cela étant, lors d’une infection streptococcique, l’élévation nette du taux d’ASLO n’est généralement détectable que 1 à 3 semaines après l’infection. C’est pourquoi il peut être utile de répéter l’examen si les symptômes persistent.

Si le taux d’ASLO est anormalement élevé, cela ne suffit pas à affirmer hors de tout doute qu’il existe une infection streptococcique, mais la probabilité est élevée. Pour le confirmer, il faut que le dosage montre une augmentation nette (multiplication par quatre du titre) sur deux prélèvements espacés de quinze jours.

La valeur de ces anticorps redevient normale au plus tard 6 mois après l’infection.

Apolipoprotéines

Définition de l'apolipoprotéine

Les apolipoprotéines (ou apoprotéines) sont des protéines fabriquées par le foie qui sont impliquées dans le transport des lipides (cholestérol, triglycérides, phospholipides) dans le sang. En effet, les lipides sont insolubles dans le sérum et ne peuvent y circuler qu’en association avec des lipoprotéines (des sortes de « vésicules » ou micelles). Ces lipoprotéines possèdent une partie protéique : les apolipoprotéines.

Celles-ci sont composées de plusieurs protéines assemblées, et il en existe une grande variété : au total, dix classes et sous-classes sont répertoriées.

Le dosage sanguin concerne surtout les apolipoprotéines B (qui sont associées au cholestérol LDL) et les apolipoprotéines A1 (cholestérol HDL).

Pourquoi faire une analyse des apolipoprotéines ?

Le dosage des apolipoprotéines est parfois utilisé en complément du bilan lipidique, c’est-à-dire de la mesure du taux de cholestérol et de lipides sanguins.

Il contribue à évaluer le risque cardiovasculaire d’un individu : celui-ci augmente lorsque le taux d'apolipoprotéine A1 diminue et que le taux d'apolipoprotéine B augmente.

En effet, la concentration d’apolipoprotéines reflète indirectement la concentration de « bon » et de « mauvais » cholestérol dans le sang.

Selon la Haute autorité de santé en France :

– le dosage de l’apolipoprotéine A1 est à réaliser lorsque la concentration de cholestérol-HDL est  inférieure à 0,35 g/l ou supérieure à 0,80 g/L

– le dosage de l’apolipoprotéine B est à réaliser lorsque la concentration de triglycérides est supérieure à 3,4 g/

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse des apolipoprotéines ?

L’examen sanguin consiste en un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude. Le prélèvement est effectué à jeun. Le médecin pourra vous demander de cesser auparavant la prise de certains médicaments qui peuvent modifier la concentration des apolipoprotéines dans le sang (notamment les corticoïdes, les diurétiques, les bêtabloquants, etc.).

Quels résultats peut-on attendre d’un bilan des apolipoprotéines ?

La concentration normale d’apolipoprotéine A1 (ou Apo A1) est comprise entre 1,10 à 1,80 g/l (grammes par litre), et celle d’apolipoprotéine B (ou Apo B) est comprise entre 0,50 à 1,50 g/l. Ces valeurs usuelles varient toutefois d’un laboratoire à l’autre et selon les sources.

Une baisse du taux sanguin d'Apo A1 (en-dessous de 1,1 ou 1,2 g/l) est un signe de risque d’athérosclérose, c’est-à-dire de dépôt de « plaques » dans les vaisseaux susceptible de les boucher.

Son élévation, à l’inverse, est un signe de bonne élimination du cholestérol et donc de protection contre les maladies cardiovasculaires.

Une élévation de la concentration de l'ApoB (taux supérieur à 1,3 g/l environ) traduit quant à elle une augmentation du risque cardiovasculaire.

B
Bicarbonates

Définition des bicarbonates

Les ions bicarbonates (HC03-) sont présents dans le sang : ils jouent un rôle majeur dans la régulation du pH. Ils constituent le principal « tampon » de l’organisme.

Ainsi, leur concentration dans le sang est directement proportionnelle au pH. Ce sont principalement les reins qui régulent la concentration des bicarbonates sanguins, en favorisant leur rétention ou leur excrétion.

Pour réguler le pH, l’ion bicarbonate HCO3- se combine à l’ion H+ pour donner de l’eau et du CO2. La pression en CO2 dans le sang artériel (Pa CO2), ou capnie, soit la pression partielle exercée par le CO2 dissous dans le sang artériel, est donc également un indicateur d’équilibre acido-basique. Elle est mesurée lors de l’analyse des gaz sanguins.

Les ions bicarbonates sont basiques : lorsque leur concentration augmente, le pH augmente aussi. À l’inverse, lorsque leur concentration diminue, le pH s’acidifie.

Chez une personne en bonne santé, le pH sanguin est très stable : 7,40 ± 0,02.  Il ne doit pas descendre en dessous de 6,6 ni monter au-dessus de 7,7, ce qui est incompatible avec la vie.

Pourquoi faire une analyse des bicarbonates ?

Le dosage des ions bicarbonates permet d’évaluer l’équilibre acido-basique du sang. Il est effectué en même temps que l’analyse des gaz du sang, lorsque le médecin suspecte la présence d’un déséquilibre acido-basique (acidose ou alcalose). Cela peut être le cas en présence de certains symptômes, comme :

  • altération de l’état de conscience
  • hypotension, faible débit cardiaque
  • troubles respiratoires (hypo- ou hyperventilation).
  • Ou dans des situations moins graves comme des pertes digestives ou urinaires anormales ou des troubles électrolytiques.

L’examen des bicarbonates

L’examen sanguin consiste en un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude.  Aucune préparation n’est nécessaire.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des bicarbonates ?

L’analyse permet de diagnostiquer la présence d’une acidose ou d’une alcalose. La mesure du pH permettra de voir s’il y a une hyperacidémie (définie par une valeur de pH inférieure à 7,35) ou une hyperalcalémie (valeur de pH supérieure à 7,45).

La mesure des ions bicarbonates et de la PaCO2 permet ensuite de déterminer si le trouble est d’origine métabolique (anomalie des bicarbonates) ou respiratoire (anomalie de la PaCO2). Les valeurs normales de bicarbonates sont comprises entre 22 et 27 mmol/l (millimoles par litre).

Une diminution de la concentration des ions bicarbonates en-dessous des valeurs normales entraîne une acidose métabolique. L’acidose est liée à un excès d’ions H+. En cas d’acidose métabolique, il y aura une diminution de la concentration des ions bicarbonates (pH < 7,35). Dans l’acidose respiratoire, c’est l’augmentation de la pression partielle en CO2 qui sera responsable de l’augmentation des ions H+.

L’acidose métabolique peut être due, entre autres, à une perte anormale de bicarbonates en raison d’une diarrhée ou d’une perfusion de sérum physiologique.

À l’inverse, une augmentation de la concentration en ions carbonates entraine une alcalose métabolique (pH > 7,45). Elle peut survenir en cas d’administration excessive de bicarbonates, des vomissements importants ou de perte en potassium (diurétiques, diarrhées, vomissements). Un hyperaldostéronisme peut aussi être en cause (hypersécrétion d’aldostérone).

L’alcalose respiratoire, quant à elle, correspond à une diminution isolée de la pression partielle en CO2.

Bilan prénuptial

Définition du bilan prénuptial

Le bilan prénuptial est un certificat qui était requis entre 1942 et 2008, pour tous les mariages civils célébrés en France. Les futurs époux devaient se soumettre à deux consultations médicales et à la réalisation d’examens de laboratoire dans le but d’établir ce bilan prénuptial. Parmi les examens obligatoires, on recensait notamment la sérologie pour la rubéole et la toxoplasmose et la détermination du groupe sanguin.

Aujourd’hui, ce bilan n’existe plus. Cela étant, il est fortement conseillé de consulter un médecin (ou une sage-femme) en prévision d’une grossesse : on parle alors de consultation préconceptionnelle. Le but est de s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications à la grossesse, de s’informer quant au projet de grossesse (prévention, interventions, etc.) et aux soins de santé (vitamines, bilan sanguin, etc.) recommandés.

Pourquoi faire une consultation « préconceptionnelle » ?

Cette consultation, recommandée par les sociétés d’obstétrique-gynécologie, peut notamment être proposée au couple lors de l’arrêt de la contraception ou en cas de projet de grossesse. Elle concerne principalement la femme (examen gynécologique) mais aussi son conjoint, pour l’information et la réalisation de certaines analyses. Elle a pour but, entre autres, d’améliorer les connaissances et les comportements des femmes et des couples ayant un projet de grossesse et de s’assurer que la femme bénéficie d’un suivi médical adéquat pour mener sa grossesse dans les meilleures conditions.

Quels résultats peut-on attendre d'un bilan prénuptial ?

Il s’agit d’une consultation médicale à part entière, qui permet de faire le point sur plusieurs aspects :

– évaluation des antécédents médicaux (maladies génétiques, gynécologiques, etc.)

– examen clinique (et éventuellement gynécologique, pas obligatoire)

– mise à jour des vaccins (pour les deux membres du couple)

– bilan en cas de maladie chronique (diabète, hypertension, épilepsie, etc.), dans le but de stabiliser l’affection

– amélioration de l’hygiène de vie (cessation du tabac, par exemple) et conseils de prévention (risques professionnels, mode de vie, etc.)

– prescription d’acide folique (à la dose de 400 μg/jour) pour prévenir le Spina bifida et autres anomalies du tube neural chez le fœtus

Certains examens biologiques sont généralement proposés :

  • détermination du groupe sanguin s’il n’est pas connu
  • examens sérologiques de la toxoplasmose et de la rubéole (pour vérifier que la femme a déjà contracté ces maladies par le passé)
  • sérologie VIH (également proposé au partenaire) et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST)

Quels résultats peut-on attendre du bilan prénuptial ?

Si l’examen clinique ou les analyses biologiques mettent en évidence la présence d’une maladie pouvant interférer avec la grossesse, une prise en charge sera proposée à la future mère ou au futur père. Il est ainsi conseillé de stabiliser une maladie chronique avant toute grossesse, pour s’assurer que celle-ci se déroule dans les meilleures conditions.

La découverte d’une IST doit donner lieu à un traitement, alors que les sérologies négatives pour la rubéole ou la varicelle, par exemple, entraîneront une proposition de vaccination pour prévenir les risques inutiles pour le fœtus.

Bilirubine

Définition de la bilirubine

La bilirubine est un pigment non soluble dans l’eau de couleur jaune, issu de la dégradation de l’hémoglobine. Elle est le principal colorant de la bile. Elle est produite dans les cellules de la rate et de la moelle osseuse, et est ensuite transportée dans la circulation sanguine par l’albumine pour rejoindre le foie. Une fois présente dans le foie, elle est conjuguée à l’acide gluconique et devient soluble dans l’eau. Dans les intestins, la bilirubine conjuguée donne la couleur brune aux selles.

Pourquoi faire une analyse de la bilirubine ?

Le médecin prescrit une analyse sanguine la bilirubine s’il suspecte par exemple :

  • des affections hépatobiliaires : affections qui touchent le foie (l’hépatite étant la plus fréquente) et/ou les voies biliaires
  • des syndromes hémolytiques (caractérisés par une destruction anormale des globules rouges)
  • ou encore un ictère du nouveau-né, appelé aussi jaunisse du nouveau-né

L’examen de la bilirubine

Pour une analyse de la bilirubine, il faut pratiquer un examen sanguin qui consiste en une prise de sang veineux. Il est recommandé de ne pas boire ni manger au moins 4 heures avant la prise de sang. Le médecin peut également demander au patient d’arrêter de prendre certains médicaments pouvant affecter les résultats du test de bilirubine.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la bilirubine ?

La quantité de bilirubine totale dans le sang est normalement comprise entre 0,3 et 1,9 mg/dl (milligrammes par décilitre). La quantité de bilirubine conjuguée (appelée aussi bilirubine directe) est normalement comprise entre 0 et 0,3 mg/dl. 

Notons que les valeurs dites normales de bilirubine dans le sang peuvent varier selon le laboratoire qui effectue les analyses.

Seul un médecin pourra interpréter les résultats et vous donner un diagnostic.

Si le taux de bilirubine est élevé, on parle d’hyperbilirubinémie.

Il peut s’agir d’une :

  • prédominance de la forme libre (par excès de production ou un défaut de conjugaison) :

– accidents transfusionnels

– anémies hémolytiques : hémolyses toxiques, médicamenteuses, parasitaires, etc.

– maladie de Gilbert (anomalie génétique du métabolisme de la bilirubine)

– ictère du nouveau-né

– syndrome de Criggler-Najjar (trouble héréditaire du métabolisme de la bilirubine)

  • prédominance de la forme conjuguée (la bilirubine conjuguée est libérée dans la circulation lorsque la voie normale d'excrétion est bloquée):

– calcul biliaire

– néoplasie (cancer)

– pancréatite

– hépatite toxique, hépatite alcoolique, hépatite virale

– cirrhose

On distingue notamment les "ictères à bilirubine libre", qui sont plutôt dus à un excès de destruction des globules rouges (hémolyse) des "ictères à bilirubine conjuguée", plutôt liés à une maladie biliaire ou hépatique.

C
CA 125

Définition du CA 125

L’antigène tumoral 125 (ou CA 125, Cancer Antigen 125) est une protéine produite par une multitude de cellules, et en particulier par les cellules cancéreuses de l’ovaire.

On en trouve en quantité infime dans la plèvre (tissu qui entoure les poumons), le péricarde (tissu entourant le cœur), ou encore le péritoine (tissu entourant les organes de l’abdomen) des adultes en bonne santé.

Pourquoi faire une analyse du CA 125 ?

Le dosage du CA 125 sert principalement à suivre la réaction du patient suite à un traitement du cancer de l’ovaire : il donne des indications quant à l’efficacité du traitement, ou à la survenue d’une récidive.

Après un traitement par chirurgie et chimiothérapie, les patientes doivent ainsi être soumises à un dosage du CA 125 tous les 2 à 4 mois pendant 2 ans, tous les 6 mois durant la troisième année, puis tous les ans. 

L’analyse n’est pas utilisée pour dépister le cancer de l’ovaire, pour les raisons suivantes :

  • le taux de CA 125 n’est pas plus élevé que la moyenne chez des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire au stade précoce
  • la présence de CA 125 n’est pas spécifique au cancer de l’ovaire (il peut être élevé en présence d’une maladie bénigne ou de cancers autres que celui de l’ovaire). Il est même constamment élevé chez environ 1% des femmes en santé.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du CA 125 ?

L’examen consiste en un prélèvement d’un échantillon de sang veineux, en général effectué au niveau du pli du coude. Le dosage repose sur l’utilisation d’un anticorps anti-CA 125 capable de reconnaitre la protéine présente dans le sérum du patient. 

Quels résultats  peut-on attendre de l’analyse du CA 125 ?

La concentration de CA 125 est considérée comme normale lorsqu’elle est inférieure à 35 U/ml (unités par millilitre). Notons que ce seuil peut légèrement varier en fonction des laboratoires qui effectuent les analyses.

A la suite d’un cancer de l’ovaire, la baisse du niveau de CA 125 signifie que le traitement a bien fonctionné. Au contraire, si le niveau de CA 125 augmente, cela signifie que le cancer évolue toujours ou qu’il est réapparu (on parle de récidive).

A noter qu’une légère augmentation de niveau de CA 125 n’est pas forcément mauvais signe. Le médecin observe plutôt la tendance à la hausse au fil du temps.

Une hausse de taux de CA 125 peut signifier la présence d’affections non cancéreuses :

  • un kyste ovarien
  • une inflammation du pancréas
  • une maladie du foie (cirrhose, hépatite)
  • une inflammation de la plèvre
  • un fibrome (tumeur bénigne s’installant sur la paroi de l’utérus)
  • une endométriose (présence de tissus formés de cellules endométriales – la muqueuse qui tapisse l’utérus – en dehors de l’utérus)
  • ou simplement une grossesse ou les menstruations

Il peut aussi être le signe de cancers :

  • cancer de l’ovaire
  • mais aussi cancer de l’utérus, du sein, du poumon, de l’estomac, du pancréas, du foie ou encore un cancer colorectal
CA 15-3

Définition du CA 15-3

L’antigène tumoral 15-3 (ou CA 15-3, Cancer Antigen 15-3) est une protéine produite par une multitude de cellules, et en particulier par les cellules cancéreuses du sein.

Pourquoi faire une analyse du CA 15-3 ?

Le dosage du CA 15-3 n’est pas utilisé pour diagnostiquer un cancer du sein, ni pour en faire un dépistage précoce. En revanche, il est efficace pour vérifier la réaction du patient suite à un traitement de cancer du sein : le dosage permet de donner des indications quant à l’efficacité du traitement, ou à la survenue d’une récidive.

L’examen du CA 15-3

L’examen consiste en un prélèvement d’un échantillon de sang veineux, en général effectué au niveau du pli du coude. Le dosage repose sur l’utilisation d’un anticorps anti-CA 15-3 capable de reconnaître la protéine présente dans le sérum du patient.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de CA 15-3 ?

La concentration de CA 15-3 est considérée comme normale lorsqu’elle est inférieure à 30 U/ml (Unités par millilitre). Notons que ce seuil peut légèrement varier en fonction des laboratoires qui effectuent les analyses.

A la suite d’un cancer du sein, la baisse du niveau de CA 15-3 signifie que le traitement a bien fonctionné. Au contraire, si le niveau de CA 15-3 augmente, cela signifie que le cancer du sein évolue toujours ou qu’il est réapparu (on parle de récidive).

A noter qu’une légère augmentation de niveau de CA 15-3 n’est pas forcément mauvais signe. Le médecin observe plutôt la tendance à la hausse au fil du temps.

Une hausse de taux de CA 15-3 peut aussi signifier la présence d’affections non cancéreuses :

  • une maladie bénigne du sein ou de l’ovaire
  • une maladie inflammatoire pelvienne
  • une maladie du foie (cirrhose, hépatite)
  • une endométriose (formation de tissus formés de cellules endométriales – la muqueuse qui tapisse l’utérus – en dehors de l’utérus)
  • ou simplement une grossesse (le niveau de CA 15-3 peut augmenter au dernier trimestre) ou un allaitement en cours

Il peut aussi être le signe de cancers :

  • cancer du sein : le taux de CA 15-3 est élevé après un cancer du sein avancé, mais c’est rarement le cas au stade précoce
  • mais aussi cancer de l’ovaire, du poumon, de l’estomac, du pancréas, du foie
CA 19-9

Définition du CA 19-9

L’antigène tumoral 19-9 (ou CA 19-9, Cancer Antigen 19-9) est une protéine présente en petite quantité à la surface de certaines cellules cancéreuses. 

Le CA 19-9 est également présent en quantité infime dans le pancréas, le foie, la vésicule biliaire, mais aussi les poumons des adultes en bonne santé.

Pourquoi faire une analyse du CA 19-9 ?

Le dosage du CA 19-9 peut servir à vérifier la réaction du patient au traitement du cancer du pancréas (ou des voies biliaires), surtout au stade avancé. Le but est de s’assurer que le traitement fonctionne, ou de détecter si le cancer continue à évoluer ou même réapparaît.

A noter que le dosage du CA 19-9 n’est pas utilisé pour diagnostiquer un cancer du pancréas dans la mesure où il n'est pas spécifique de ce cancer, ni pour en faire un dépistage précoce.

L’examen du CA 19-9

L’examen consiste en un prélèvement d’un échantillon de sang veineux, en général effectué au niveau du pli du coude. Le dosage repose sur l’utilisation d’un anticorps anti-CA 19-9 capable de reconnaître la protéine présente dans le sérum du patient.

Quels résultat peut-on attendre d'une analyse du CA 19-9 ?

La concentration de CA 19-9 est considérée comme normale lorsqu’elle est inférieure à 37 U/ml (unités par millilitre). Notons que ce seuil peut légèrement varier en fonction des laboratoires qui effectuent les analyses.

En cas de cancer du pancréas, la baisse du niveau de CA 19-9 signifie que le traitement montre une certaine efficacité. Au contraire, si le niveau de CA 19-9 augmente, cela signifie que le cancer évolue toujours ou qu’il est réapparu (on parle de récidive). A noter qu’une légère augmentation de niveau de CA 19-9 n’est pas forcément mauvais signe. Le médecin observe plutôt la tendance à la hausse au fil du temps.

Une hausse de taux de CA 19-9 peut aussi être le signe d’affections non cancéreuses :

– une maladie du foie (cirrhose, hépatite)

–  une inflammation de la vésicule biliaire

–   des calculs rénaux

–   une inflammation du pancréas

–   une fibrose kystique, appelée aussi mucoviscidose (maladie génétique qui touche les voies respiratoires et digestives)

–   ou encore certains troubles pulmonaires, rénaux ou gastro-intestinaux

Il peut aussi être le signe de cancers :

–   cancer du pancréas (surtout au stade avancé, le niveau du CA 19-9 n’est pas particulièrement élevé au stade précoce)

–   mais aussi un cancer colorectal ou un cancer du foie, des canaux biliaires, du poumon, de l’utérus, du sein, de l’ovaire

Calcémie

Définition de la calcémie

Le calcium est le minéral le plus commun dans le sang et il est aussi l’un des plus importants. Il est nécessaire au bon fonctionnement de toutes les cellules de l’organisme: il aide à construire des os et des dents solides, il est impliqué dans la fonction cardiaque, la contraction musculaire, la signalisation nerveuse ou encore la coagulation sanguine.

La quasi-totalité du calcium présent dans l’organisme est stocké dans les os. Dans le sang, sa quantité est rigoureusement régulée : si le minéral est en baisse (on parle d’hypocalcémie), les os en libèrent dans la circulation sanguine de manière à rétablir l’équilibre. Au contraire si le niveau est trop élevé (on parle d’hypercalcémie), le supplément de calcium est stocké dans les os ou éliminé dans les urines ou les selles.

Le taux de calcium dans l’organisme est déterminé par :

  • l’alimentation (produits laitiers, œufs, légumes verts, fruits, etc.)
  • l’absorption du calcium par les intestins (processus dans lequel intervient la vitamine D)
  • ou encore l’activité des glandes parathyroïdes, qui interviennent dans la régulation du taux sanguin de calcium

Pourquoi faire une analyse de la calcémie ?

Le médecin prescrit un dosage du calcium s’il soupçonne par exemple :

  • un problème des glandes parathyroïdes
  • une maladie osseuse
  • certains cancers
  • ou encore une maladie rénale ou hépatique

L’examen de la calcémie

L’examen consiste en un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude. Le médecin peut demander l’arrêt de la prise de certains médicaments pouvant interférer avec les résultats du test, comme les sels de calcium qu’on peut trouver dans des compléments alimentaires ou des antiacides, le lithium ou encore la vitamine D.

Il est possible de mesurer le taux de calcium total, la moitié environ du calcium présent dans l’organisme étant fixé à des protéines de transport, en particulier l’albumine, ou le calcium libre (appelée aussi calcium ionisé).

Notons que le calcium peut aussi être quantifié dans l’urine.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la calcémie ?

Le taux de calcium sanguin est normalement compris entre 8,8 et 10,4 mg/dl (milligrammes par décilitre). Le niveau de calcium ionisé (libre) dans le sang est quant à lui normalement compris entre 4,6 et 5,3 mg/dl.

Notons que les valeurs dites normales de calcium dans le sang peuvent varier selon les laboratoires qui effectuent les analyses.

Une calcémie élevée peut être le signe :

  • d’une hyperparathyroïdie : production anormalement élevée d’hormones parathyroïdiennes par les grandes parathyroïdes, entrainant une augmentation du taux de calcium sanguin
  • d’un cancer
  • d’une tuberculose
  • de la maladie de Paget, dans laquelle les os grandissent trop vite
  • ou simplement le fait d’être resté allongé pendant trop longtemps

Au contraire, une calcémie faible peut traduire :

  • un niveau sanguin bas d’albumine, une protéine de transport
  • une hypoparathyroïdie : production anormalement faible d’hormones parathyroïdiennes par les grandes parathyroïdes, entraînant une baisse du taux de calcium sanguin
  • un niveau élevé de phosphate sanguin, causé par une atteinte au rein par exemple (quand le niveau de calcium est bas, le niveau de phosphate est élevé et vice-versa)
  • une malnutrition ou l’alcoolisme
  • ou encore une ostéomalacie (décalcification osseuse)

Notons que chez les enfants en pleine croissance osseuse, le niveau de calcium est plus élevé.

Cancer colorectal

Définition du test immunologique de dépistage du cancer colorectal

Le test immunologique de dépistage du cancer colorectal remplace, depuis mai 2015 en France, le test Hemoccult II, qui permettait de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur colorectale ou d’une lésion précancéreuse.

Ce test est plus performant : il permettrait de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes à risque de transformation maligne.

Rappelons que le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez femmes derrière le cancer du sein, et il occupe la troisième place chez les hommes, derrière le cancer de la prostate et du poumon. Son importance justifie la mise en place d’un test de dépistage à grande échelle dans la plupart des pays occidentaux. En France, le test est systématiquement proposé (par courrier) dès l’âge de 50 ans, et jusqu’à 74 ans, tous les 2 ans.

Le déroulement du test immunologique de dépistage du cancer colorectal

Le test immunologique repose sur la détection de sang dans les selles grâce à l’utilisation d’anticorps qui reconnaissent et s’accrochent à l’hémoglobine (le pigment des globules rouges).

Il est simple d’utilisation car il ne requiert qu’un seul prélèvement de selles. En pratique, il faut placer un papier (fourni) sur la lunette des toilettes pour recueillir les selles, et utiliser le dispositif fourni (une tige) pour prélever un échantillon de selles. La tige est ensuite remise dans le tube, et celui-ci doit être posté (avec la fiche d’identification) au plus tard 24 heures après la réalisation du test.

Le test est pris en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Quels résultats peut-on attendre d’un dépistage du cancer colorectal ?

Les résultats sont adressés par courrier ou par internet dans le 15 jours suivant l’envoi. Dans 97% des cas, le test est négatif : aucune présence de sang n’est détectée.

Dans le cas contraire, il sera nécessaire de consulter son médecin pour subit une colposcopie (examen de tout le revêtement du côlon à l’aide d’un endoscope) afin de s’assurer de l’absence d’un cancer colorectal.

Notons qu’il arrive que certains polypes ou cancers ne saignent pas au moment des prélèvements et ne soient donc pas détectés par le test. Le patient recevra une invitation à recommencer le dépistage deux ans plus tard. Si avant ces deux ans, la personne a des troubles digestifs (présence de sang dans les selles, modification soudaine du transit, ou encore douleurs abdominales persistantes), il est conseillé de consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic.

Caryotype

Définition du caryotype

Le caryotype est une technique qui permet d’étudier (de visualiser) les chromosomes d’un individu. Les chromosomes sont les « paquets » d’ADN, présents dans le noyau de chacune de nos cellules, qui contiennent le matériel génétique. Chez l’humain, chaque cellule contient normalement 23 paires de chromosomes, qui se présentent (à certains stades de la division des cellules) comme de petits bâtonnets d’ADN condensé.

On compte plus précisément 22 paires de chromosomes (appelés autosomes) et une paire de chromosomes dits « sexuels », qui déterminent le sexe de l’individu. Ainsi, les garçons ont un chromosome X et un chromosome Y, alors que les filles possèdent une paire de chromosomes X. Le caryotype normal s'écrit donc : 46, XY ou 46, XX.

Le caryotype permet d'obtenir une image, au microscope, des chromosomes d’une cellule. Cela permet donc de compter le nombre de chromosomes, sachant que plusieurs maladies génétiques se traduisent par la présence d’un chromosome surnuméraire (trisomies).

Pourquoi faire un caryotype ?

On peut réaliser le caryotype d’un adulte ou d’un fœtus. Le plus souvent, le caryotype est effectué en période anténatale pour connaître le nombre de chromosomes du fœtus.

Cela permet de détecter une trisomie (notamment si l’échographie a montré des signes possibles de trisomie ou si les marqueurs sériques du premier ou deuxième trimestre indiquent un risque élevé). Il existe plusieurs formes de trisomie, la plus répandue étant la trisomie 21 (trois chromosomes n°21 au lieu de deux), mais aussi la trisomie 18 ou 13, par exemple. D’autres anomalies chromosomiques peuvent également être décelées grâce au caryotype (dont les translocations, soit les échanges de brins entre deux chromosomes). 

Le caryotype fœtal permet également de déterminer le sexe.

En période postnatale (chez l’adulte ou l’enfant), le caryotype peut être indiqué en cas d’ambigüité sexuelle, si les organes sexuels ne sont pas clairement féminins ou masculins.

Il peut être également réalisé lorsque l’enfant présente des symptômes évocateurs d’une maladie chromosomique (trisomie 21, syndrome de Turner avec 45 chromosomes et un seul X, syndrome de Klinefelter avec deux chromosomes X au lieu d’un et un chromosome Y, etc.) ou parfois en cas de déficit intellectuel.

Le caryotype des parents peut aussi être effectué pour faciliter le diagnostic, ou en cas de fausses couches à répétition faisant penser à des anomalies chromosomiques, ou encore en cas d’antécédents familiaux connus d’anomalie chromosomique.

A l’adolescence, une absence de puberté, une absence de règles, peuvent aussi donner lieu à l’établissement d’un caryotype.

Déroulement du caryotype

  • En période anténatale

Le prélèvement de cellules fœtales se fait par amniocentèse ou biopsie des villosités choriales, généralement au début du deuxième trimestre de grossesse (parfois plus tôt).

La réalisation d’un caryotype à partir de liquide amniotique nécessite, en moyenne, de mettre les cellules en culture pendant 6 à 10 jours avant analyse.

  • chez l’adulte ou l’enfant

Chez l’adulte, une simple prise de sang permet d’obtenir des cellules dont les chromosomes seront analysés. Des cellules de peau (fibroblastes) peuvent aussi être utilisées.

Le caryotype est effectué sur des cellules en cours de division, car c’est à ce moment-là que les chromosomes s’individualisent et sont dénombrables facilement.

Les chromosomes sont ensuite classés selon de leur taille, par ordre décroissant, et leur « forme » (ils ressemblent à des bâtonnets doubles, resserrés en un point dont la position varie). Certaines colorations permettent de visualiser plus clairement les détails des chromosomes (on voit alors des bandes, dont la disposition est spécifique à chaque paire chromosomique).

Quels résultats peut-on attendre d’un caryotype ?

Si le caryotype est anormal, une consultation avec un généticien sera planifiée pour poser un diagnostic. En cas d’anomalie du caryotype chez un fœtus, en fonction du type d’anomalie décelée, il pourrait être envisagé d’interrompre la grossesse. Seul votre médecin pourra vous donner les informations appropriées pour un consentement éclairé.

Chlamydia

Définition de la chlamydia

La chlamydiose est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par la bactérie nommée Chlamydia trachomatis. C’est l’IST la plus fréquente dans les pays développés. Elle se transmet lors d’une relation sexuelle vaginale, anale ou orale non protégée avec une personne infectée. Elle peut aussi se transmettre de la mère à son bébé au moment de la naissance.

Les symptômes sont généralement absents, si bien qu’une personne peut être infectée sans le savoir. Quand les symptômes sont présents, ils apparaissent en général 2 à 5 semaines après la transmission :

  • pertes vaginales importantes, saignements vaginaux entre les menstruations et notamment après les rapports sexuels chez les femmes
  • écoulements par l’anus ou le pénis, douleur ou inflammation des testicules chez les hommes
  • sensation de picotement ou de brûlure en urinant
  • douleurs pendant les relations sexuelles

Chez les nouveau-nés qui sont infectés par la bactérie, on peut noter les symptômes suivants :

  • infection des yeux : rougeurs au niveaux des yeux et écoulement
  • infection des poumons : toux, respiration sifflante, fièvre

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la chlamydia ?

Chez la femme, l’examen consiste en un examen gynécologique pendant lequel le médecin ou l’infirmier(e) examine le col de l’utérus et effectue un prélèvement des sécrétions à l’aide d’un coton-tige. Un auto-prélèvement vulvo-vaginal est également possible.

Chez les hommes, l’examen consiste en un prélèvement urétral (l’urètre est le conduit de sortie de l’urine). On recherche ensuite la présence de l’ADN de Chlamydia (par PCR).

L’examen peut aussi être effectué sur un prélèvement urinaire, chez l’homme comme la femme (un peu moins sensible toutefois que le prélèvement vulvo-vaginal ou urétral). Pour cela il suffit d’uriner dans un récipient prévu à cet effet que vous aura fourni le personnel médical.

Il est recommandé de s’abstenir d’uriner deux heures avant l’examen.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la chlamydia ?

Si les résultats sont positifs, des antibiotiques permettront de traiter l’infection.

Afin d’éviter les complications (infertilité, infection chronique de la prostate, douleurs chronique dans le bas ventre ou encore grossesse ectopique, dans les trompes de Fallope), il est préférable de se faire traiter le plus rapidement possible. A noter que la personne atteinte ainsi que son partenaire sexuel doivent être traités.

La meilleure protection contre cette infection, c’est l’utilisation de préservatif lors des relations sexuelles.

Chlore

Définition du chlore

Le chlore est un électrolyte présent dans l’organisme (un élément chimique capable de transporter une charge électrique dans un liquide). Il se trouve dans les liquides extracellulaires de notre organisme, dont le sang. Il est apporté par l’alimentation, et notamment par le sel de cuisine et les aliments d’origine animale.

Le chlore s’associe au sodium ou au potassium pour jouer les rôles suivants :

  • réguler la pression osmotique, soit l’équilibre entre les liquides extracellulaires et intracellulaires. Il permet donc de maintenir, avec le sodium, un bon état d’hydratation
  • maintenir l’équilibre acido-basique
  • favoriser, indirectement, le transport du CO2 dans le sang

Pourquoi faire une analyse du chlore ?

Le médecin prescrit une analyse du taux de chlore sanguin pour vérifier l’état d’hydratation de l’organisme et l’équilibre acido-basique (pH).

Comment se passe une analyse du chlore ?

L’analyse sanguine du chlore est prescrite par un médecin, à l’hôpital ou lors d’une consultation. L’examen consiste en un prélèvement de sang veineux, la plupart du temps au niveau du pli du coude. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour effectuer cette prise de sang.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du chlore ?

Chez les hommes et les femmes, la valeur normale de chlore dans le sang se trouve entre 100 et 105 mmol/L (millimoles par litre).

Une augmentation du taux de chlore ou, au contraire, une diminution, peut indiquer un déséquilibre acido-basique ou un problème d’hydratation, que le médecin pourra interpréter.

Quand la concentration de chlore est trop élevée, on parle d’hyperchlorémie. Celle-ci est souvent associée à une déshydratation et peut être attribuée à de nombreuses affections.

La fièvre, certaines maladies métaboliques (hyperthyroïdie), certains médicaments, une alcalose respiratoire, etc. peuvent notamment être en cause.

Au contraire, une carence en chlore, appelée hypochlorémie, peut notamment se rencontrer dans les cas suivants :

  • insuffisance rénale
  • vomissements importants, diarrhée
  • transpiration très importante
  • maladie d’Addison (insuffisance surrénalienne)
  • acidose respiratoire
Cholestérol

Définition du cholestérol

Le cholestérol est un corps gras indispensable au fonctionnement de l’organisme. Il entre notamment dans la composition des membranes des cellules et sert, entre autres, de « matière première » à la synthèse de nombreuses hormones (stéroïdes).

Cela étant, le cholestérol en excès peut être nuisible, car il a tendance à s’accumuler dans les vaisseaux sanguins et à former des plaques dites d’athérosclérose qui peuvent, à terme, augmenter le risque cardiovasculaire.

Le cholestérol n’est pas soluble dans le sang : il doit donc y être transporté par des protéines, avec qui il forme des complexes que l’on appelle lipoprotéines.

Le cholestérol peut, dans le sang, être associé à plusieurs types de « transporteurs » :

  • des LDL (pour low-density lipoproteins) : le cholestérol-LDL est considéré comme le « mauvais» cholestérol. La raison ? Les LDL amènent le cholestérol du foie vers le reste de l’organisme. Si le LDL-cholestérol est présent en trop grandes quantités, il est associé à un risque cardiovasculaire accru.
  • des HDL (pour high-density lipoproteins) : le cholestérol-HDL est souvent désigné comme le « bon » cholestérol. En effet, les HDL ont pour fonction de « pomper » le cholestérol sanguin et de le transporter jusqu’au foie, où il est stocké. Elles ont donc pour effet de diminuer le taux de cholestérol dans le sang, et un taux élevé de HDL est associé à un risque cardiovasculaire plus faible.
  • des VLDL (pour very low-density lipoproteins) : elles contribuent principalement à transporter un autre type de graisse, les triglycérides.

Le cholestérol sanguin provient de l’alimentation mais aussi de la synthèse dite endogène, au niveau du foie.

Pourquoi faire une analyse du cholestérol ?

La mesure du taux de cholestérol sanguin (cholestérolémie) est faite de façon routinière, notamment après 40 ans (ou 35 ans chez les hommes et 45 ans chez les femmes), dans le but de déceler une hypercholestérolémie et de faire un « bilan lipidique ». Ce bilan doit être effectué une fois tous les 5 ans minimum après cet âge.

La mesure peut être aussi indiquée, entre autres :

  • avant la prescription d’une contraception
  • chez une personne sous traitement hypocholestérolémiant, pour vérifier l’efficacité du traitement
  • en cas de symptômes suggérant la présence d’un taux élevé de cholestérol (nodules cutanés appelés xanthomes).

L’analyse du cholestérol fera le point sur le taux de cholestérol total, mais aussi sur le LDL-cholestérol, le HDL-cholestérol et le rapport cholestérol total/HDL, qui permet d’évaluer le risque cardiovasculaire. Une mesure des triglycérides sanguins est effectuée en même temps.

Déroulement de l’examen du cholestérol

Le dosage du cholestérol s’effectue par prise de sang dans un laboratoire d’analyse médicale.

Le médecin vous donnera des indications sur la nécessité d’être à jeun ou non, de ne pas boire d’alcool avant le test et de prendre (ou non) vos médicaments, si vous êtes sous traitement.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du cholestérol ?

En fonction du résultat, le médecin pourra décider ou non d’instaurer un traitement dit « hypolipémiant » ou « hypocholestérolémiant », afin de faire baisser le taux de graisses dans le sang, si celui-ci est trop élevé. On distingue :

  • l’hypercholestérolémie pure : taux de LDL-cholestérol élevé.
  • L’hypertriglycéridémie pure : taux de triglycérides élevé (≥ 5 mmol/l).
  • L’hyperlipidémie mixte : taux de LDL-cholestérol et triglycérides élevés.

Le bilan est considéré comme normal si :

  • le LDL-cholestérol < 1,60 g/l (4,1 mmol/l),
  • le HDL-cholestérol > 0,40 g/l (1 mmol/l),
  • les triglycérides < 1,50 g/l (1,7 mmol/l).

Cela étant, les recommandations de traitement dépendent de l’âge du patient et des autres facteurs de risque cardiovasculaire. Elles varient aussi légèrement selon les pays.

En général, un traitement (prise en charge diététique et/ou médicamenteuse) est instauré lorsque le LDL-cholestérol est supérieur à 1,6 g/l (4,1 mmol/l) mais lorsque le risque cardiovasculaire combiné est très élevé (hypertension, diabète, antécédents cardiovasculaires, etc.), le traitement peut débuter si le taux de LDL-cholestérol est supérieur à 1 g/l.

Coagulation sanguine

Définition de la coagulation sanguine

La coagulation est un phénomène essentiel à la protection du système vasculaire. C’est elle qui empêche les saignements excessifs en cas de coupure.

La coagulation doit suivre un équilibre : si elle est insuffisante, elle peut être à l’origine de saignements spontanés (hémorragies). Au contraire, lorsqu’elle est excessive, elle peut être associée à la formation de caillots sanguins. Ceux-ci peuvent voyager à travers les vaisseaux vers le cœur, les poumons ou le cerveau et avoir des conséquences graves (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire, crise cardiaque).

Pourquoi faire un test de coagulation ou de l’hémostase ?

Les tests de coagulation permettent de mesurer la capacité du sang à coaguler, ainsi que le temps nécessaire à la coagulation. Ces tests peuvent aider le médecin à évaluer un risque de saignement excessif ou de formation de caillots. On parle aussi, plus généralement, des analyses biologiques de l’hémostase (c’est l’ensemble des mécanismes qui assurent la prévention des saignements spontanés et l’arrêt des hémorragies).

Les tests de coagulation peuvent également s’avérer utiles pour surveiller l’état des personnes consommant des médicaments qui affectent la capacité de coagulation, ou avant une chirurgie.

Le déroulement du test de coagulation

Pour vérifier que le sang coagule correctement ou pour dépister une anomalie de la coagulation sanguine, il existe différents examens sanguins, dont : 

  • le taux de prothrombine (TP) : il s’agit de la transformation d'une vitesse de coagulation (appelé temps de Quick) en pourcentage
  • le temps de céphaline activée (TCA) : permet de mesurer le temps que met le sang à coaguler
  • le temps de saignement (TS) : ce test consiste aÌ€ mesurer le temps nécessaire à l’arrêt du saignement après incision superficielle de la peau du patient. On utilise pour cela la méthode de Duke, qui mesure l’écoulement du sang sur un papier buvard après une scarification du lobule de l’oreille, ou la technique d’Ivy qui mesure du temps de saignement sous une pression faible exercée par un tensiomètre.
  • la numération des plaquettes : les plaquettes sont essentielles dans le processus de coagulation du sang. Si leur nombre chute, il y a un risque d’hémorragie.
  • le dosage de diverses protéines impliquées dans le processus de coagulation : le fibrinogène, les D-Dimères, le facteur V, etc.

A part pour le temps de saignement, les examens s’effectuent à partir d’un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude. D’autres mesures plus spécifiques peuvent être effectuées au besoin.

Quels résultats peut-on attendre d'un test de coagulation ?

Les valeurs normales sont les suivantes :

  • le taux de prothrombine (TP) : entre 80 et 100%
  • le temps de céphaline activée (TCA) : entre 24 et 41 secondes
  • le temps de saignement (TS) : entre 2 et 4 minutes par la technique de Duke, et entre 3 et 6 minutes par la technique d’Ivy.
  • la numération des plaquettes : entre 150 000 et 400 000/mm3
  • le fibrinogène : entre 2 et 4 g/l (grammes par litre) /les D-Dimères : inférieures à 500 µg /l (microgrammes par litre)

Seul un médecin pourra interpréter les résultats, prescrire le cas échéant d’autres examens et poser un diagnostic en cas d’anomalies de la coagulation.

Cortisol

Définition du cortisol

Le cortisol est une hormone stéroïde produite à partir du cholestérol et sécrétée par des glandes situées au dessus des reins (les glandes corticosurrénales). Sa sécrétion est sous la dépendance d’une autre hormone, l’ACTH produite par l’hypophyse dans le cerveau (ACTH pour adrénocorticotrophine).

Le cortisol joue plusieurs rôles dans l’organisme, et participe notamment :

  • Au métabolisme des glucides, des lipides et des protéines: il permet de réguler la glycémie en augmentant la synthèse de glucose par le foie (néoglucogenèse), mais aussi de stimuler la libération des lipides et des protéines dans la plupart des tissus
  • A la réaction anti-inflammatoire
  • A la régulation de la pression artérielle
  • A la croissance osseuse
  • A la réponse au stress : le cortisol est souvent surnommé l’hormone de stress. Son rôle est d’aider l’organisme à y faire face, en mobilisant l’énergie nécessaire pour nourrir les muscles, le cerveau mais aussi le cœur.

Notons que le taux de cortisol varie en fonction des heures du jour et de la nuit : il est maximal le matin et diminue au long de la journée pour atteindre son niveau le plus bas le soir.

Pourquoi faire une analyse du cortisol ?

Le médecin prescrit une analyse du taux de cortisol dans le sang pour dépister une atteinte des glandes surrénales ou de l’hypophyse. Le cortisol et l'ACTH sont souvent mesurés en même temps.

Le déroulement de l'analyse du cortisol

L’examen consiste en une prise de sang, effectuée le matin entre 7h et 9h. C’est à ce moment-là que le taux de cortisol est le plus élevé et le plus stable. Le personnel médical en charge de l’examen prélève du sang veineux, en général au niveau du pli du coude.

Puisque le niveau de cortisol varie au cours de la journée, il est possible que le test soit fait plusieurs fois pour obtenir une image plus précise de la production moyenne de cortisol.

Le taux de cortisol peut également être mesuré dans l’urine (mesure du cortisol libre urinaire, surtout utile pour dépister une hypersécrétion de cortisol). Pour ce faire, il faut recueillir l’urine dans un récipient prévu à cet effet, sur une période de 24 heures.

On vous expliquera la marche à suivre, qui consiste globalement à recueillir toutes les urines de la journée (en les stockant au frais).

Avant de se soumettre aux tests (sanguin ou urinaire), il est recommandé d’éviter toute situation de stress ou de faire l’exercice. Le médecin peut également demander de cesser certains traitements pouvant interférer avec le dosage du cortisol (des œstrogènes, des androgènes, etc.).

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du cortisol ?

Dans le sang, la valeur normale de cortisol évaluée entre 7h et 9h de matin est comprise entre 5 et 23 μg/dl (microgrammes par décilitre).

Dans l’urine, le taux de cortisol obtenu normalement est compris entre 10 et 100 μg/24h (microgrammes par 24 heures).

Un taux élevé de cortisol peut être le signe de :

  • un syndrome de Cushing (hypertension, obésité, hyperglycémie, etc.)
  • une tumeur de la glande surrénale bénigne ou maligne
  • une infection aiguë
  • un accident capsulaire cérébral, un infarctus du myocarde
  • ou encore une cirrhose du foie, ou l’alcoolisme chronique

Au contraire, un taux bas de cortisol peut être synonyme :

  • d’insuffisance surrénalienne
  • de maladie d’Addison
  • d’insuffisance du fonctionnement de l’hypophyse ou de l’hypothalamus
  • ou encore être la conséquence d’une corticothérapie prolongée

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et vous donner un diagnostic (des examens complémentaires sont parfois nécessaires).

Créatinine

Définition de la créatinine

La créatinine est issue de la dégradation de la créatine, elle-même synthétisée par le foie et stockée dans les muscles où elle joue un rôle important dans la production d’énergie. L’utilisation de créatine par les muscles produit des déchets, le plus notable étant la créatinine. Celle-ci est transportée par le sang, filtrée par les reins et éliminée dans les urines. Ainsi, comparer le niveau de créatinine dans le sang à la quantité de créatinine évacuée par les urines permet d'évaluer l'activité des reins.

Notons que la concentration de créatinine varie en fonction de la masse musculaire d’une personne. Ainsi, les hommes ont en général un niveau sanguin de créatinine plus élevé que celui des femmes.

Pourquoi faire une analyse de la créatinine ?

Le dosage sanguin (on parle de créatininémie) et urinaire (on parle de créatininurie) de la créatinine est utilisé pour mesurer l’activité des reins et diagnostiquer une éventuelle altération de la fonction rénale.

L’examen de la créatinine

L’examen sanguin consiste en un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude.

Le niveau sanguin de créatinine étant lié à l’activité musculaire, il est recommandé de cesser toute activité physique intense au cours des 48 heures précédent l’examen. De plus, parce que la viande rouge est riche en créatine, il est recommandé de limiter sa consommation à moins de 200 grammes 24 heures avant l’examen, voire de ne pas en consommer du tout. La consommation de boissons ou de produits diurétiques est à proscrire la veille et le jour de l’examen.

Votre médecin vous demandera peut-être aussi de cesser la prise de certains médicaments avant l’examen.

La clairance urinaire de créatinine, qui permet de mesurer la quantité de créatinine retirée du sang par les reins, est estimée à partir de la totalité du volume urinaire produit en 24 heures.

Pour cela, l’urine est récupérée dans un récipient unique prévu à cet effet que vous aura fourni le personnel médical. L’urine est à conserver au réfrigérateur.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la créatinine ?

La concentration normale de créatinine dans le sang est comprise entre 6 et 12 mg/l (milligrammes par litre) chez l’homme et entre 4 et 10 mg/l chez la femme. Ces valeurs peuvent varier selon les sources.

La clairance urinaire normale de créatinine est comprise entre 107 et 139 ml/min (millilitres par minutes) chez l’homme de moins de 40 ans, et entre 87 et 107 ml/min chez la femme de moins de 40 ans.

Une concentration élevée de créatinine dans le sang peut être le signe:

  • D’une atteinte de la fonction rénale :
    • la présence d’un calcul rénal
    • une ischémie, en cas de baisse d’irrigation sanguine du rein
    • une infection
    • une maladie rénale chronique
    • un cancer du rein dans les cas les plus graves
  • d’une insuffisance cardiaque
  • d’un épuisement physique
  • d’une déshydratation
  • d’une blessure musculaire
  • ou encore plus rarement, d’une rhabdomyolyse (destruction du tissu des muscles striés)

Une concentration importante de créatinine dans le sang est associée à une clairance urinaire basse. Voilà pourquoi les causes d’une faible clairance urinaire de créatinine sont les mêmes que celles évoquées plus haut.

Un niveau bas de créatinine dans le sang peut-être le signe:

  • d’une faible masse musculaire causée par une dystrophie musculaire ou simplement liée à l’âge
  • d’une atteinte du foie
  • ou encore d’une grossesse

Une importante clairance de créatinine peut-être le signe d’un empoisonnement au monoxyde de carbone, ou encore d’une hypothyroïdie.

Cytomégalovirus (CMV)

Définition du cytomégalovirus

Le cytomégalovirus, ou CMV, est un virus de la famille des herpèsvirus (qui comprend notamment les virus responsables de l’herpès cutané, de l’herpès génital et de la varicelle).

C’est un virus dit ubiquitaire, qui se retrouve chez 50% des personnes dans les pays développés. Il est souvent latent, ne causant aucun symptôme. Chez une femme enceinte, en revanche, le CMV peut se transmettre au fœtus par le placenta et peut provoquer des troubles de développement.

Pourquoi faire une analyse du CMV ?

Dans l’immense majorité des cas, l’infection par le CMV passe inaperçue. Lorsqu’il y a des symptômes, ils apparaissent de manière générale un mois environ après la contamination et sont caractérisés par de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête, des douleurs musculaires ainsi qu’une perte de poids.  Ils surviennent surtout chez des personnes au système immunitaire affaibli.

Chez la femme enceinte, une fièvre inexpliquée peut justifier ainsi un examen du taux sanguin de CMV. En effet, lorsqu’il infecte le fœtus, le CMV peut entraîner de graves anomalies du développement, voire un décès. Il est de ce fait nécessaire de détecter la présence du virus en cas de suspicion d'infection materno-fœtale.

Chez les personnes infectées, le CMV se retrouve dans l’urine, la salive, les larmes, les sécrétions vaginales ou nasales, le sperme, le sang ou encore le lait maternel.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du cytomégalovirus ?

Pour détecter la présence du CMV, le médecin prescrit une analyse sanguine. L’examen consiste alors en un prélèvement sanguin dans une veine, en général au niveau du pli du coude. Le laboratoire d’analyse cherche ensuite à identifier la présence du virus (et à le quantifier) ou d’anticorps anti-CMV. Cette analyse est prescrite par exemple avant une transplantation d’organes, chez des personnes immunodéprimées, pour le dépistage des femmes séronégatives (n’ayant jamais été contaminées) avant la grossesse, etc. Elle n’a pas vraiment d’intérêt chez une personne en bonne santé.

Chez le fœtus, la présence du virus est détectée par amniocentèse, c’est-à-dire prélèvement et analyse du liquide amniotique dans lequel se trouve le fœtus.

La recherche du virus peut être effectuée dans les urines de l'enfant dès sa naissance (par culture virale) si la grossesse est menée à terme.

Quels résultats peut-on attendre d’un bilan du cytomégalovirus?

Si une personne est diagnostiquée comme étant infectée par le CMV, elle est informée qu’elle peut facilement transmettre l’infection. Il suffit simplement d’un échange de salive, d’un rapport sexuel, ou d’un dépôt sur les mains d’une gouttelette contaminée (éternuement, larmes, etc.). Une personne infectée peut être contagieuse pendant plusieurs semaines. Un traitement antiviral peut être instauré, en particulier chez les sujets immunodéprimés.

En France, chaque année, environ 300 infections materno-fœtales sont observées. Il s’agit de l’infection virale transmissible de la mère au fœtus la plus fréquente dans les pays industrialisés.

Sur ces 300 cas, on estime qu’environ la moitié entraîne la décision d’une interruption de grossesse. En cause, les séquelles graves de cette infection sur le développement nerveux du fœtus.

D
D-dimères

Définition des D-dimères dans le sang

Les D-dimères sont issus de la dégradation de la fibrine, une protéine impliquée dans la coagulation sanguine.

Quand le sang coagule, par exemple en cas de blessure, certains de ses constituants se fixent les uns aux autres, notamment à l’aide de la fibrine.

Quand la coagulation sanguine est insuffisante, elle peut être à l’origine de saignements spontanés (hémorragies). Au contraire, lorsqu’elle est excessive, elle peut être associée à la formation de caillots sanguins pouvant avoir des conséquences néfastes (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire). Dans ce cas, un mécanisme de protection se met en place pour dégrader la fibrine en excès et la réduire en fragments, certains d’entres eux étant les D-dimères. Leur présence peut donc témoigner de la formation d’un caillot sanguin.

Pourquoi faire une analyse des D-dimères ?

Le médecin prescrit un dosage des D-dimères s’il soupçonne la présence de caillots sanguins. Ceux-ci pouvant causer de sérieux problèmes, comme :

  • une thrombose veineuse profonde (appelée aussi phlébite profonde, elle résulte de la formation d’un caillot dans le réseau veineux des membres inférieurs)
  • une embolie pulmonaire (présence d’un caillot sans l’artère pulmonaire)
  • ou encore un accident vasculaire cérébral

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse des D-dimères ?

Le dosage des D-dimères s’effectue par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Ils sont décelés le plus souvent grâce à des méthodes immunologiques (utilisation d'anticorps).

Aucune préparation spéciale n’est requise.

Quels résultats peut-on attendre d’un bilan des D-dimères ?

La concentration de D-dimères dans le sang est normalement inférieure à 500 µg/l (microgrammes par litre).

Le dosage des D-dimères a une grande valeur prédictive négative. Autrement dit, un résultat normal permet l’exclusion du diagnostic de thrombose veineuse profonde et d'embolie pulmonaire. En revanche, si le taux de D-dimères s’avère élevé, il y a une suspicion de la présence d’un caillot indiquant une possible thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire. Ce résultat doit être confirmé par d'autres examens (notamment par imagerie) : l’analyse doit donc être interprétée avec précaution.

Il existe en effet des cas d’augmentation du niveau de D-dimères non reliés à la présence de thrombose veineuse profonde et d'embolie pulmonaire. Citons :

  • une grossesse
  • une maladie du foie
  • une hémorragie
  • la résorption d’un hématome,
  • une récente chirurgie
  • une maladie inflammatoire (comme l’arthrite rhumatoïde)
  • ou simplement le fait d’être âgé (plus de 80 ans)

Notons que le dosage de D-dimères est une procédure relativement récente (depuis la fin des années 90), et que les normes font toujours l’objet d’un questionnement. Si bien qu’en France, le niveau est établi comme devant être inférieur à 500 µg/l, alors qu’au Etats-Unis ce seuil est abaissé à 250 µg/l.

Drépanocytose

Définition de la drépanocytose

La drépanocytose, aussi appelée anémie falciforme, est une maladie héréditaire du sang (plus précisément de l’hémoglobine) qui est la plus fréquente des maladies génétiques en France et au Québec.

L’Ile-de-France est la région la plus touchée (hors DOM-TOM) avec 1/700 nouveau-nés atteints environ. Au total, en France, environ 10 000 personnes seraient atteintes de drépanocytose.

Cette maladie touche principalement les populations d’origine méditerranéenne, africaine et antillaise. Selon les estimations, environ 312 000 nouveau-nés seraient atteints dans le monde, en majorité en Afrique sub-saharienne.

Pourquoi faire le dépistage néonatal de la drépanocytose ?

Plus cette maladie est dépistée tôt, meilleure sera la prise en charge et les chances de survie de l’enfant. En France, un dépistage néonatal est donc proposé systématiquement aux nouveau-nés dont les parents sont originaires de régions à risque. Il est réalisé chez tous les nouveau-nés dans les départements d’Outre-mer. Au Québec, le dépistage n’est pas systématique ni généralisé : depuis novembre 2013, les bébés nés dans les hôpitaux et les maisons de naissances des régions de Montréal et de Laval seulement ont accès à un test de dépistage pour l’anémie falciforme.

Le test de dépistage vise à mettre en évidence la présence de globules rouges anormaux caractéristiques de la maladie, en forme de « faucille ». Aussi appelés drépanocytes, ils ont une forme allongée qui peut être visualisée au microscope (par frottis sanguin). Il est aussi possible d’effectuer un test génétique pour détecter le gène muté.

Comment se déroule un dépistage de la drépanocytose ?

En pratique, le dépistage néonatal repose sur l’analyse de l’hémoglobine par électrophorèse, une méthode d’analyse qui permet de déceler la présence d’hémoglobine anormale, qui se « déplace » plus lentement que l’hémoglobine normale lorsqu’on la fait migrer sur un support spécial.

Cette technique peut se faire sur du sang séché, ce qui est le cas lors du dépistage néonatal.

Le test est donc réalisé dans le cadre du dépistage de différentes maladies rares à la 72ème heure de vie chez les nouveau-nés, à partir d’un prélèvement sanguin effectué en piquant le talon. Aucune préparation n’est nécessaire.

Quels résultats peut-on attendre d’un dépistage néonatal de la drépanocytose ?

Le résultat d’un seul test est insuffisant pour confirmer le diagnostic. En cas de doute, les parents du nouveau-né concerné seront contactés et d’autres tests seront effectués pour confirmer le diagnostic et organiser la prise en charge.

Par ailleurs, le test permet de dépister les enfants atteints de la maladie, mais également les enfants non atteints mais porteurs d’un gène muté. Ces enfants ne seront pas malades, mais ils auront un risque de transmettre la maladie à leurs propres enfants. On parle d’eux comme des « porteurs sains » ou des hétérozygotes pour le gène de la drépanocytose.

Les parents seront également informés du fait qu’il existe un risque de maladie pour leurs autres enfants, et un suivi en génétique leur sera proposé.

F
Fer

Définition du fer dans le sang

Le fer est un constituant essentiel de l’hémoglobine, protéine présente dans les globules rouges et dont la principale fonction est de transporter l’oxygène dans l’organisme.

Il est également indispensable à d’autres fonctions de l’organisme, comme la synthèse de l’ADN ou certaines réactions enzymatiques.

Environ 70% du fer de l’organisme est lié à l’hémoglobine, tandis que le reste est fixé à des protéines de transport (la ferritine ou la transferrine) ou stocké dans certains tissus du corps. Par exemple, dans la moelle osseuse, le fer est stocké et il est utilisé si besoin pour fabriquer de nouveaux globules rouges.

Le fer provient de l’alimentation (le foie et autres viandes, les œufs, le poisson, ou encore les légumes verts). Il est particulièrement nécessaire pendant la croissance, la grossesse, l’allaitement ou encore après un important saignement.

Pourquoi faire une analyse du taux de fer ?

Le dosage permet d’évaluer le taux de fer dans l’organisme et la manière dont il est métabolisé (c’est à dire assimilé par l’organisme). Cela permet au médecin de diagnostiquer par exemple une carence martiale (carence en fer), une anémie ferriprive (anémie due à une carence en fer), une hémochromatose (excès de fer dans l’organisme), mais aussi de vérifier l’état nutritionnel du patient.

Attention : le dosage de la ferritine est souvent effectué en premier lieu, le dosage du fer seul étant rarement indiqué (il peut l’être avec le dosage de la transferrine en seconde intention).

Le déroulement de l'analyse du fer

L’examen  de  référence  pour  estimer  la  quantité  de  fer  dans l’organisme est  l’examen  de  la  moelle  osseuse, à partir de l'aspiration ou de la biopsie de moelle osseuse. C’est un examen invasif et traumatique qui n’est donc pas pratiqué en routine.

Le dosage du fer sérique (dans le sang) peut s’effectuer par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Il est rarement effectué seul, car il a peu d’intérêt diagnostique. Le plus souvent, il est associé à d’autres dosages tels celui de la transferrine sérique, et parfois celui de la ferritine sérique, des récepteurs solubles de la transferrine ou de la ferritine intra-érythrocytaire.

Le taux de fer étant plus élevé le matin, l’examen se déroule de préférence à cette période de la journée.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du fer ?

Le taux de fer dans le sang est normalement compris entre 70 et 175 μg/dl (microgrammes par décilitre) chez les hommes et entre 50 et 150 μg/dl chez les femmes mais il varie énormément chez une même personne au cours de la journée (amplitude de 30 à 40 %). C’est pourquoi, il est important d’y associer le dosage de la transferrine et le calcul du coefficient de saturation de la transferrine.

Un taux élevé de fer sérique peut-être le signe, entre autres, de :

  • une hémochromatose  (surcharge en fer)
  • une anémie hémolytique (destruction prématurée des globules rouges dans le sang)
  • une nécrose hépatique
  • une hépatite (inflammation du foie)
  • une cirrhose
  • l’alcoolisme chronique
  • la répétition de transfusions sanguines

Au contraire, un niveau bas de fer peut être lié à :

  • une perte de sang importante, notamment lors de menstruations abondantes
  • une grossesse
  • une carence en fer (carence martiale) liée à l’alimentation
  • une carence liée à une incapacité à absorber correctement le fer
  • des saignements dans le tractus intestinal (des ulcères, un cancer du côlon, des hémorroïdes)

mais aussi une inflammation, une infection, après une chirurgie, etc.

Encore une fois, notons que ce dosage effectué isolément n’a pas d’intérêt médical.

Ferritine

Définition de la ferritine

La ferritine est une protéine qui se trouve à l’intérieur des cellules et se lie au fer, de sorte à ce qu’il soit disponible en cas de besoin.

Elle est présente dans le foie, la rate, les muscles squelettiques, la moelle osseuse et dans la circulation sanguine en plus petite quantité. D’ailleurs la quantité de ferritine dans le sang est directement liée à la quantité de fer stocké dans l’organisme.

Pourquoi faire une analyse de la ferritine ?

Le dosage de la ferritine mesure indirectement la quantité de fer dans le sang.

Il peut être prescrit pour:

  • trouver une cause en cas d’anémie
  • détecter la présence d’une inflammation
  • détecter une hémochromatose (excès de fer dans l’organisme)
  • évaluer le bon fonctionnement d’un traitement visant à augmenter ou diminuer le niveau de fer dans l’organisme

L’examen de la ferritine

Le dosage de la ferritine s’effectue par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude.

Certaines conditions peuvent affecter le dosage de la ferritine :

  • avoir bénéficié d’une transfusion sanguine au cours des 4 deniers mois
  • avoir passé une radiographie dans les 3 derniers jours
  • certains médicaments, comme les pilules contraceptives
  • un régime riche en viande rouge

Le médecin peut demander d’être à jeun pendant les 12 heures précédents le dosage de la ferritine.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la ferritine ?

La concentration de ferritine est normalement comprise entre 18 et 270 ng/ml (nanogrammes par millilitre) chez l’homme, entre 18 et 160 ng/ml chez la femme, et elle oscille entre 7 et 140 ng/ml chez les enfants.

Notons que les valeurs dites normales peuvent légèrement varier en fonction des laboratoires qui effectuent les analyses (la norme peut aussi varier selon les sources : entre 30 et 300 ng/ml chez l’homme et 15 et 200 ng/ml chez la femme). Le taux de ferritine varie aussi en fonction de l’âge, du sexe, de l’effort physique, etc.

Un taux élevé de ferritine (hyperferritinémie) dans le sang peut être le signe de nombreuses maladies :

  • d’une hémochromatose : un niveau sanguin très élevé de ferritine (supérieur à 1000 ng/ml) peut être causé par cette maladie génétique
  • d’un alcoolisme chronique
  • d’affections malignes comme une maladie de Hodgkin (cancer du système lymphatique) ou une leucémie
  • d’une maladie inflammatoire comme de l’arthrite ou un lupus, la maladie de Still
  • d’une atteinte du pancréas, du foie ou du cœur
  • mais aussi par certains types d’anémie, ou encore à une répétition de transfusions sanguines.

Au contraire, un niveau faible de ferritine (hypoferritinémie) dans la circulation sanguine est généralement le signe souvent d’une carence en fer. En cause :

  • une perte de sang importante, notamment lors de menstruations abondantes
  • une grossesse
  • un manque de fer provenant de l’alimentation
  • des saignements dans le tractus intestinal (des ulcères, un cancer du côlon, des hémorroïdes)
Fibrinogène

Définition du fibrinogène dans le sang

Le fibrinogène est une protéine du sang qui joue un rôle dans la coagulation. Il participe à la formation des caillots sanguins et module également l’activité des plaquettes sanguines et des cellules des vaisseaux. Sous l’action d’une autre protéine, la thrombine, il se transforme en fibrine

Il est synthétisé par les cellules du foie. Son taux dans le sang varie normalement de 2 à 4 g/l. Cependant, la synthèse de cette protéine peut augmenter à la suite d’un stress, au cours de la grossesse ou après l’injection de certains médicaments ou d’hormone de croissance. Une augmentation du taux de fibrinogène dans le sang est aussi révélatrice d’un état inflammatoire.

Pourquoi faire un dosage du fibrinogène?

Le dosage du fibrinogène est indiqué pour dépister un trouble de la coagulation sanguine (par exemple en cas d’hémorragies inexpliquées ou de « syndrome de défibrination », correspondant à une anomalie de la coagulation).

Il existe trois anomalies congénitales du taux de fibrinogène :

  • L’afibrinogénémie, qui est l’absence totale de fibrinogène. Cette maladie rare cause des hémorragies graves qui surviennent dès la naissance
  • L’hypofibrinogénémie, correspondant à une diminution du taux de fibrinogène sanguin (il s’agit d’un défaut de la sécrétion, le plus souvent)
  • La dysfibrinogénémie, qui est une anomalie de la protéine.

Le dosage du fibrinogène sanguin peut aussi être utile en cas :

  • de syndrome inflammatoire
  • d’insuffisance hépatique (entraînant une diminution du taux de fibrinogène)
  • pour surveiller l’effet d’un traitement dit « fibrinolytique », destiné à dissoudre un caillot sanguin en cas de thrombose.

Comment se déroule un dosage du fibrinogène ?

Le dosage du fibrinogène se fait sur un prélèvement de sang veineux (prise de sang), dans un laboratoire d’analyses médicales. Le dosage est une mesure de routine et les résultats sont généralement obtenus dans la journée.

Quels résultats peut-on attendre d’un dosage du fibrinogène ?

Le médecin est le seul à pouvoir interpréter les résultats de l’analyse. De manière générale, un excès de fibrinogène (hyperfibrinogénémie) peut être constaté en cas d’inflammation, en cas de certaines maladies infectieuses (pneumonies, etc.), en cas de rhumatisme articulaire aigu ou de maladies auto-immunes (lupus), après un infarctus du myocarde, etc.

À l’inverse, l’hypofibrinogénémie (diminution du taux de fibrinogène) peut être le reflet d’une maladie génétique, d’une insuffisance hépatique grave (hépatite, cirrhose), de troubles de la coagulation (coagulations intravasculaires disséminées ou syndrome de défibrination) ou de « fibrinolyse », due par exemple à un cancer.

G
Gaz du sang

Définition des gaz du sang

L’analyse des gaz du sang (gazométrie sanguine) consiste à mesurer l’acidité, les niveaux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang artériel.

L’examen permet d’évaluer les échanges pulmonaires et de détecter notamment une modification anormale des concentrations d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang artériel allant vers les tissus. En effet, quand le sang passe à travers les poumons, il s’enrichit en oxygène et s’appauvrit en dioxyde de carbone.

L’analyse de gaz du sang permet aussi d’évaluer l’équilibre acido-basique d’un patient.

Les paramètres mesurés sont les suivants :

  • PaO2 (pression partielle d’oxygène) : elle permet d’évaluer la manière dont l’oxygène est capable de se déplacer depuis les poumons vers le sang. Elle reflète de ce fait la quantité d’oxygène transportée par le sang et délivrée aux organes.
  • PaCO2 (pression partielle de dioxyde de carbone) : elle correspond à la quantité résiduelle de dioxyde de carbone dans le sang artériel après élimination de l'excès de dioxyde de carbone au niveau pulmonaire.
  • pH : il reflète la concentration d’hydrogène et permet de mesurer l’acidité du sang.
  • HCO3- (bicarbonate) : il « tamponne » le pH du sang et participe ainsi à maintenir un équilibre acido-basique.
  • SaO2 (saturation en oxygène) : elle permet d’évaluer la quantité d’oxygène fixée sur l’hémoglobine.

Pourquoi faire une analyse des gaz du sang ?

Le médecin prescrit une analyse des gaz du sang :

  • en cas de difficultés respiratoires : essoufflement, hypo ou hyperventilation, asthme
  • afin de surveiller le bon fonctionnement d’un traitement de maladie pulmonaire
  • en cas altération de l’état de conscience
  • afin de s’assurer qu’une personne hospitalisée reçoit la bonne quantité d’oxygène
  • ou encore pour mesurer le niveau acido-basique chez des patients souffrant d’une insuffisance cardiaque, d’une insuffisance rénale, de troubles du sommeil, d’une infection ou encore après une overdose de drogue

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse des gaz du sang ?

L’examen consiste en une prise de sang au niveau d’une artère. En général il s’agit de l’artère radiale (poignet), humérale (bras) ou fémorale (aine). Une fois le prélèvement effectué, il faut placer une compresse de gaze ou de coton et compresser le point de ponction fermement pendant 5 à 10 minutes.

Notons qu’il est important de respirer normalement pendant le prélèvement de sang.

Les valeurs normales des gaz du sang sont les suivantes :

  • PaO2 : supérieure à 80 mm Hg (millimètre de mercure)
  • PaCO2 : entre 35 et 45 mm Hg
  • pH : entre 7,35 et 7,45
  • HCO3- (bicarbonates) : entre 22 et 28 mmol/l (millimoles par litre)
  • SaO2 (saturation en oxygène) : entre 95 et 100 %

Notons qu’en fonction des techniques utilisées par le laboratoire d’analyse, les résultats peuvent différer. Ceux-ci peuvent aussi varier en fonction de l’altitude.

Les valeurs des gaz du sang ne suffisent pas à poser un diagnostic précis, mais peuvent être le signe de problèmes au niveau des poumons, des reins, ou faire suspecter une maladie métabolique.

Globules rouges

Analyse des globules rouges

Les globules rouges, aussi appelés hématies ou érythrocytes, sont les cellules du sang chargées du transport de l’oxygène. Plus précisément, c’est le pigment qu’elles contiennent, l’hémoglobine, qui se lie à l’oxygène pour l’apporter à toutes les cellules de l’organisme.

Les globules rouges sont des cellules particulières, dépourvues de noyau. Elles sont produites dans la moelle osseuse par les cellules souches hématopoïétiques et vivent normalement 120 jours, avant d’être détruites.

Elles ont une forme de « disque biconcave », facilement reconnaissable, et une couleur rouge due à la grande quantité d’hémoglobine qu’elles renferment.

Pourquoi faire une analyse des globules rouges ?

Le nombre de globules rouges dans le sang est normalement compris entre 4,5 – 5,5 millions/mm3.

Cette valeur est évaluée lors d’un examen sanguin appelé hémogramme ou « numération formule sanguine » (ou encore formule sanguine complète).

L’intérêt de cette analyse est de déceler d’éventuelles maladies, notamment hématologiques, infectieuses, inflammatoires ou encore cancéreuses, ou tout simplement de faire un bilan sanguin. C’est l’un des examens de laboratoire les plus prescrits.

L’hémogramme évalue non seulement le nombre de globules rouges (hématies) par mm3 de sang mais aussi :

  • le taux d’hémoglobine
  • le volume globulaire moyen (VGM) des globules rouges, la teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine (TCMH, qui est la quantité moyenne de l’hémoglobine contenue dans un globule rouge) et la concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH, soit la quantité d’hémoglobine comprise dans 100 ml de globules rouges).
  • l’hématocrite (proportion de globules rouges par rapport au volume sanguin total)
  • le taux de plaquettes
  • le taux de globules blancs (leucocytes)

La forme (morphologie) des globules rouges peut aussi faire l’objet d’un examen. Dans ce cas, on effectue une observation au microscope à partir d’un frottis sanguin. Plusieurs maladies du sang se traduisent en effet par une forme anormale des globules rouges, par exemple en forme de faucille (drépanocytose), de poire ou de gouttelette (splénomégalie, etc.), en « cible » (hémoglobinose, thalassémies, etc.), en sphère (sphérocytose), en demi-lune, etc.

Des anomalies de taille et de couleur peuvent aussi être décelées.

Comment se déroule une analyse des globules rouges ?

La numération formule sanguine (incluant le taux de globules rouges) est effectuée par prise de sang dans un laboratoire d’analyses médicales.

L’observation de la morphologie des hématies se fait au microscope à partir d’un frottis sanguin.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des globules rouges ?

Si vos résultats ne sont pas tout à fait compris dans les normes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter inutilement : des variations sont normales, et seul le médecin pourra interpréter ces résultats et trouver le diagnostic correspondant.

Pour information, chez l’homme, on estime que le nombre normal d’hématies est compris entre 4 et 5,7 millions par mm3 de sang. Chez la femme, il est plutôt compris entre 3,8 et 5,3 millions par mm3.

On parle de polyglobulie lorsque ce nombre est anormalement élevé ; d’anémie lorsqu’il est trop bas. Les causes d’anomalies sont multiples et variées.

Par ailleurs, d’éventuelles anomalies du taux d’hémoglobine, du VGM, de la TCMH et CCMH donnent des informations supplémentaires pour orienter le diagnostic.

Le VGM peut être diminué (on parle de microcytose, dans certaines anémies ou carence en fer) ou augmenté (macrocytose, par exemple en cas de cirrhose).

Enfin, des anomalies de la morphologie des globules rouges peuvent également donner des indications précieuses au médecin : d’autres examens (génétiques, par exemple), pourraient s’avérer nécessaires pour poser un diagnostic.

H
Hemoccult II

Définition du test Hemoccult II

Le test Hemoccult II, aussi appelé test au gaïac, permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur colorectale. Depuis 2009, ce dépistage du cancer colorectal est systématiquement proposé en France, dès l’âge de 50 ans, et jusqu’à 74 ans, tous les 2 ans. Ce test est remplacé depuis mai 2015 par un nouveau test immunologique plus sensible, qui permettrait de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d'adénomes.

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez femmes derrière le cancer du sein, et il occupe la troisième place chez les hommes, derrière le cancer de la prostate et du poumon. Son importance justifie la mise en place d’un test de dépistage à grande échelle dans la plupart des pays occidentaux. Au Québec, en revanche, ce dépistage n’est pas encore systématique.

Déroulement du test Hemoccult II

Le test est prescrit par le médecin, mais il est réalisé par le patient lui-même, à la maison. Le but est de détecter la présence de sang dans les selles. Le patient doit réaliser les prélèvements sur 3 selles successifs (6 prélèvements en tout).

La marche à suivre est la suivante :

  • choisir un récipient propre et sec afin de recueillir vos selles (un sac plastique ou du journal par exemple)
  • prélever un échantillon de la taille d’un grain de riz avec un bâton et le poser au centre du premier cadre de la première plaquette. Faire pareil pour remplir le deuxième cadre de la première plaquette, et recommencer le tout deux fois avec deux autres selles pour remplir les deux autres plaquettes. Un délai de 10 jours maximum doit être respecté entre le premier prélèvement et l’envoi du test.
  • mettre les trois plaquettes et la fiche d’identification remplie dans une enveloppe médicale prévue à cet effet et l’envoyer au laboratoire

Le nouveau test immunologique a l'avantage de nécessiter qu'un seul prélèvement de selle.

Quels résultats peut-on attendre du test Hemoccult II ?

Dans 97% des cas, le test est négatif. Aucune présence de sang n’a été détectée. Notons qu’il arrive que certains polypes ou cancers ne saignent pas au moment des prélèvements et ne soient donc pas détectés par le test. Le patient recevra une invitation à recommencer le dépistage deux ans plus tard. Si avant ces deux ans, le patient a des troubles digestifs (présence de sang dans les selles, modification soudaine du transit, ou encore douleurs abdominales persistantes), alors il est conseillé de consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic.

Dans 3% des cas, le test est positif. Mais attention, cela ne signifie pas forcément que le patient est atteint d’un cancer. Il est toutefois nécessaire de consulter un médecin (un gastroentérologue), qui prescrira une colposcopie (examen de tout le revêtement du côlon à l’aide d’un endoscope) afin de s’assurer de l’absence d’un cancer colorectal.

Hémoculture

Définition de l'hémoculture

L’hémoculture est un examen bactériologique qui consiste à rechercher la présence de germes (microbes) dans le sang.

Il faut savoir que le sang est normalement stérile. Lorsque des agents infectieux passent dans le sang, de façon répétée, ils peuvent provoquer une infection grave (bactériémie, voire septicémie en cas de passages importants et répétés dans le sang des agents pathogènes).

Pour déceler leur présence, il faut mettre un échantillon de sang « en culture », c’est-à-dire sur un milieu propice à la multiplication (et donc à la mise en évidence) des divers germes.

Pourquoi faire une hémoculture ?

L’hémoculture peut être effectuée dans plusieurs situations, notamment :

  • en cas de suspicion de septicémie (symptômes de sepsis sévère ou un choc septique)
  • en cas de fièvre prolongée et inexpliquée
  • en cas de complications chez une personne souffrant d’un abcès, d’un furoncle ou d’une infection dentaire importante
  • en cas de fièvre survenant chez une personne porteuse d’un cathéter, d’une sonde ou d’une prothèse

Le but de cette analyse est de confirmer le diagnostic (isolement du germe responsable de l’infection) et d’orienter le traitement (en choisissant un antibiotique auquel le germe en question est sensible).

Déroulement de l'hémoculture

L’hémoculture consiste avant tout à effectuer un prélèvement sanguin (prise de sang).

Il est très important que ce prélèvement soit fait dans des conditions stériles, pour éviter toute contamination de l’échantillon par des germes de la peau, par exemple, ce qui fausserait les résultats. Le transport doit également se faire dans des conditions stériles.

La concentration de bactéries dans le sang étant en général très faible chez l’adulte, il est nécessaire de prélever une quantité suffisante de sang (environ 20 ml par échantillon).

L'examen s'effectue lorsque le médecin suspecte la présence d’une bactériémie, et il est conseillé de faire le prélèvement au moment des pics de fièvre (>38,5°C) ou d'hypothermie reflétant un état infectieux grave (<36°C), ou en présence de frissons (signe de « décharge bactérienne » dans le sang). Le prélèvement doit être répété trois fois en 24 heures, à des intervalles d’au moins une heure, car de nombreuses bactériémies sont « intermittentes ».

Au laboratoire, l’échantillon de sang sera mis en culture de façon aérobie et anaérobie (en présence d’air et sans air), de sorte à identifier des germes pathogènes aérobies ou anaérobies (ayant besoin ou non d'oxygène pour se développer). Deux flacons seront donc prélevés. L’incubation dure en général 5 à 7 jours.

Un antibiogramme (test de différents antibiotiques) sera également réalisé pour déterminer quel traitement est efficace sur le germe en cause.

Quels résultats peut-on attendre d'une hémoculture ?

Si l’hémoculture est positive, c’est-à-dire si la présence d’agents pathogènes est décelée dans le sang, un traitement sera instauré d’urgence. Si les symptômes laissent supposer l’existence d’une septicémie, les médecins n’attendront pas les résultats et prescriront une antibiothérapie immédiatement, qu’ils ajusteront le cas échéant.

L’hémoculture permettra d’identifier le micro-organisme en cause (par exemple un staphylocoque, une entérobactérie ou une levure du type Candida) et donc de mettre en place un traitement efficace (antibiotique ou antifongique dans le cas d’un champignon pathogène).

La durée du traitement varie, mais peut aller jusqu’à 4 à 6 semaines.

Hémoglobine glyquée

Définition de l'hémoglobine glyquée

L’hémoglobine glyquée ou glycosylée (que l’on note parfois HbA1c) est une forme particulière d’hémoglobine, le pigment présent dans les globules rouges qui permet de transporter l’oxygène dans le sang. Ainsi, l’hémoglobine glyquée est une hémoglobine sur laquelle s'est fixée une molécule de glucose. Il existe un lien proportionnel entre le taux d’HbA1c et le taux de glucose sanguin. Plus le pourcentage d’hémoglobine glyquée dans le sang est élevé, plus la glycémie (taux de glucose dans le sang) moyenne est élevée.

Le dosage de l’hémoglobine glyquée est donc utilisé pour le suivi des personnes diabétiques, en complément du dosage de la glycémie. La glycémie reflète le taux de sucre instantané dans le sang, alors que le taux d’hémoglobine glyquée reflète l’équilibre global du diabète, c’est-à-dire son degré de contrôle. Si l’HbA1c est trop élevée, c’est le signe que le diabète est mal contrôlé et qu’il faut ajuster les traitements.

Quels résultats peut-on attendre d'un dosage de l'hémoglobine glyquée ?

Le dosage de l’hémoglobine glyquée s’effectue par prise de sang dans un laboratoire d’analyse médicale. Il est préconisé à intervalles réguliers, tous les 2 à 3 mois environ (4 fois par an selon la Haute Autorité de Santé en France).

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour la prise de sang.

Le dosage de l’HbA1c est donné en pourcentage. Chez des personnes non diabétiques, ce pourcentage est compris entre 4 % et 6 %.

Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, les objectifs recommandés sont définis avec le médecin. Selon les recommandations des autorités de santé, l’hémoglobine glyquée cible doit généralement être inférieure à 7 %. Si ce n’est pas le cas, le traitement médicamenteux devra être réévalué.

Pour certains patients diabétiques, par exemple en cas de complications ou d’âge avancé, les cibles d’HbA1c peuvent toutefois varier.

Hormones thyroïdiennes

Définition des hormones thyroïdiennes

Les hormones thyroïdiennes sont sécrétées par la thyroïde, une glande située au niveau du cou, et sont produites à partir d’iode et d’un acide aminé (la tyrosine). Elles sont nommées triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4), et sont sous le contrôle d’une hormone hypophysaire appelée TSH (Thyroid Stimulating Hormon) ou thyréostimuline. Lorsque les taux d’hormones thyroïdiennes diminuent, ceux de la TSH augmentent et inversement.

La T4 représente environ 80% des hormones produites par la thyroïde. C’est une hormone inactive, mais elle peut se convertir en T3, qui elle est active, après déionisation dans les cellules cibles. On dit que la T4 est la pro-hormone de la T3.

Les hormones thyroïdiennes sont liées en forte proportion à des protéines de transport dans la circulation sanguine : la TBG, la TBPA, ou encore l’albumine.

Les hormones thyroïdiennes exercent un effet sur tous les tissus en participant à la régulation de nombreuses réactions métaboliques. Citons par exemple :

  • croissance et développement des tissus (développement du système nerveux central, fabrication et renouvellement des cellules sanguines (hématopoïèse), etc.)
  • métabolisation des nutriments
  • thermorégulation
  • régulation du système cardio-vasculaire

Pourquoi faire une analyse des hormones thyroïdiennes ?

Si le médecin soupçonne un dérèglement thyroïdien, il peut prescrit un dosage de la TSH et des hormones thyroïdiennes pour confirmer et évaluer l’ampleur du dysfonctionnement.

L’examen des hormones thyroïdiennes

En premier lieu, pour confirmer ou non la présence d’une atteinte thyroïdienne, le médecin prescrit un dosage de la TSH dans le sang veineux. Pour cela, il suffit de pratiquer une prise de sang, en général au niveau du pli du coude.

Si les valeurs de TSH sont anormales, et qu’il y a donc suspicion de trouble thyroïdien, le médecin peut prescrire dans un second temps un dosage de la T4 et/ou la T3 pour évaluer l’ampleur du dysfonctionnement thyroïdien. Le dosage se fait également à partir d’un échantillon sanguin veineux mais il n’est pas systématique.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse des hormones thyroïdiennes ?

Les dosages des hormones thyroïdiennes permettent de mettre en évidence une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie (sécrétion excessive ou au contraire insuffisante d’hormones thyroïdiennes).

Le taux de TSH se situe normalement entre environ 0,2 et 4 mU/l (milli-unités internationales par litre). Si c’est effectivement le cas, la thyroïde est considérée comme fonctionnant correctement. Une valeur élevée traduit une hypothyroïde, alors qu’une valeur anormalement baisse suffit généralement à diagnostiquer une hyperthyroïdie.

Pour affiner son diagnostic, le médecin peut demander le dosage de T4 libre. Cela lui permettra de confirmer l’hyper ou l’hypothyroïdie et d’en évaluer l’importance. Plus le taux est élevé, plus l’hyperthyroïdie est prononcée. Plus il est faible plus l’hypothyroïdie est avérée.

Le dosage de la T3 libre est plus sensible et spécifique que celui de la T4 libre mais il est plus difficile à réaliser, les concentrations étant faibles. Il est de ce fait moins couramment utilisé.

Le médecin peut également demander une analyse de la thyroïde, par échographie, pour évaluer son état et sa taille.

Si le patient est atteint d’hypothyroïdie, il peut avoir les symptômes suivants :

  • prise de poids
  • peau sèche
  • constipation
  • intolérance au froid
  • fatigue
  • perte de cheveux
  • présence d’un goitre, c’est à dire une augmentation du volume de la glande thyroïde
  • ou encore irrégularité des menstruations chez les femmes

En cas d’hyperthyroïdie, les symptômes sont par exemple :

  • augmentation du rythme cardiaque
  • anxiété
  • perte de poids
  • difficulté à dormir
  • sensibilité à la lumière
  • ou encore des tremblements dans les mains
I
Immunoglobulines E (IgE)

Définition des immunoglobulines E

Les immunoglobulines E (IgE) sont des anticorps naturellement présents dans l’organisme. Comme tous les anticorps, ils forment une structure en forme de Y composée de deux chaînes lourdes et de deux chaînes légères.

Ces anticorps sont produits par les plasmocytes dérivés des lymphocytes B (un type de globule blanc), suite à un contact avec un allergène. Ils sont des médiateurs de la réponse allergique : leur présence en grande quantité témoigne donc d’une allergie ou d’un terrain allergique (on parle d’atopie).

Pourquoi faire une analyse des IgE ?

L’examen est prescrit pour diagnostiquer une allergie, une infection parasitaire, ou pour différencier des maladies atopiques et non atopiques. On peut mesurer la quantité totale d’IgE dans le sang (IgE totales) ou mesurer un certain type d’IgE, spécifique à une substance, par exemple, la cacahuète ou le latex.

Le dosage des IgE spécifiques permet de dépister plus précisément une allergie respiratoire ou alimentaire.

Comment se passe une analyse des immunoglobulines E ?

Le dosage des IgE s’effectue par un prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Le dosage des IgE totales repose sur l’utilisation d’un anticorps qui reconnaît la chaîne lourde des immunoglobulines E présentes dans le sérum du patient.

Pour le dosage d’IgE spécifiques, le sérum est mis au contact du produit à tester (un type de pollen, un aliment précis).

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des immunoglobulines E ?

Le taux d’IgE totales est habituellement inférieur à 150 UI/ml (Unités Internationales par millilitre). Notons que cette valeur peut différer selon le laboratoire qui effectue les analyses.

Chez l’enfant, les valeurs augmentent avec l’âge. Chez un même individu, à l’âge adulte, les concentrations d’IgE totales varient de manière importante, en fonction de l’exposition aux allergènes au cours de l’année et des prises médicamenteuses.

Si le taux d’IgE est supérieur à 150 UI/mL, une allergie ou un terrain allergique est probable. Notons que dans environ 20% des cas, le taux d’IgE peut rester inférieur à cette valeur même en présence de terrain allergique.

Le diagnostic d’allergie peut être confirmé par des tests cutanés d’allergies, car il n’est pas toujours facile d’interpréter le résultat des IgE spécifiques (certaines substances se ressemblent et il peut y avoir des réactions croisées).

Insuline

Définition de l’insuline

L’insuline est une hormone naturellement produite par le pancréas en réponse à une élévation du taux de sucre (glucose) dans le sang.

L’insuline a une action « hypoglycémiante », c’est-à-dire qu’elle fait baisser la glycémie, le taux de sucre dans le sang. En fait, elle « ordonne » aux cellules de l’organisme d’absorber du glucose, ce qui permet de limiter le taux circulant dans le sang.

Elle a l’effet opposé à celui du glucagon, une autre hormone pancréatique qui entraîne une hausse de la glycémie (fonction hyperglycémiante). L’insuline et le glucagon agissent de concert pour maintenir en permanence la glycémie autour de 1g/L.

En cas de diabète, cet équilibre est rompu. L’insuline est produite en moins grande quantité, et/ou les cellules y sont moins sensibles (son effet est donc atténué).

Pourquoi faire une analyse de l’insuline ?

Le dosage de l’insuline dans le sang (insulinémie) n’est pas utilisé pour le diagnostic ni pour le suivi du diabète (qui reposent sur l’analyse de la glycémie et de l’hémoglobine glyquée).

Cependant, il peut être utile de doser l’insuline dans le sang pour connaître la capacité du pancréas à sécréter l’insuline (cela peut être utile au médecin à certaines phases de la maladie diabétique).

Cette analyse peut aussi être effectuée en cas d’hypoglycémies répétées. Elle peut permettre de déceler un insulinome (tumeur pancréatique endocrine rare), par exemple.

Souvent, le médecin prescrit un « bilan pancréatique », c’est-à-dire l’analyse de toutes les hormones pancréatiques dont l’insuline, le peptide-C, les proinsulines et le glucagon.

Comment se déroule une analyse de l’insuline ?

Le dosage de l’insuline s’effectue par prise de sang dans un laboratoire d’analyse médicale. Il est indispensable d’être à jeun pour la prise de sang pour connaître le dosage « basal ».

Cependant, cette analyse est souvent insuffisante. Comme la sécrétion d’insuline est très variable chez une même personne au cours de la journée, un dosage isolé est difficilement interprétable. Le dosage de l’insuline est donc souvent effectué après un test dynamique comme l’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), où l’on fait boire au patient une solution très sucrée pour voir comment son organisme réagit.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de l’insuline ?

Les résultats donneront des indications au médecin sur l’insulinosécrétion, c’est-à-dire la sécrétion d’insuline par le pancréas, notamment après un « repas » sucré.

A titre indicatif, à jeun, l’insulinémie est normalement inférieure à 25 mIU/L (µUI/mL). Elle est comprise entre 30 et 230 mIU/L 30 minutes après l’administration de glucose.

En cas d’insulinome, par exemple, cette sécrétion sera anormalement élevée, en continu, ce qui entrainera des hypoglycémies à répétition.

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et vous donner un diagnostic.

M
Magnésium

Définition du magnésium

Le magnésium est essentiel à l’activité de nombreuses enzymes et au métabolisme énergétique des cellules (sous sa forme ionique Mg2+). Il participe aussi aux mécanismes de stabilisation de la membrane des cellules et à la conduction des messages nerveux, entre autres.

Plus de la moitié du magnésium de l’organisme est contenu dans les os, le reste étant présent à l’intérieur des cellules. Il y a donc assez peu de magnésium en circulation dans le sang (1% du total).

Son équilibre dans le sang est toutefois crucial: il dépend notamment de l’absorption au niveau intestinal et de son excrétion rénale.

Le magnésium est en partie apporté par l’alimentation (légumes verts, chocolat, fruit secs, eaux minérales), la dose journalière recommandée étant d’environ 0,2 mmol/kg.

Il faut savoir que les besoins en magnésium peuvent être multipliés par 3 chez l'enfant, au cours de la grossesse ou de l'allaitement.

Pourquoi faire une analyse du taux sanguin de magnésium ?

Etant donné qu’assez peu de magnésium est présent dans le sang, son dosage est assez aléatoire et a peu d’intérêt sur le plan médical.

De plus, le taux de magnésium sanguin (magnésémie) n’est pas toujours corrélé aux concentrations de magnésium présentes dans les tissus.

Ce dosage peut toutefois être prescrit dans certaines situations, en cas d’insuffisance rénale, par exemple, de cirrhose du foie, de syndrome de malabsorption intestinale ou chez les personnes soumises à un traitement diurétique prolongé (qui augmente l’excrétion rénale).

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du magnésium ?

Le dosage se fait sur un prélèvement sanguin, par une ponction veineuse en général au pli du coude. Aucune préparation n’est nécessaire.

À titre indicatif, les concentrations sanguines normales de magnésium varient de 0,7 à 1,1 mmol/L (millimoles par litre).

Si la concentration est inférieure à 0,7 mmol/L, on parle d'hypomagnésémie.

Plusieurs maladies génétiques ont été associées à une hypomagnésémie. Celle-ci est également fréquente chez les patients hospitalisés, en réanimation ou en soins intensifs chirurgicaux (jusqu’à 60% des malades). Lorsqu’elle est sévère, elle peut augmenter le risque d’arythmies ventriculaires. Elle nécessite donc un apport en magnésium.

A l’inverse, l’hypermagnésémie (> 2 mmol /L) est beaucoup moins fréquente. La principale cause est l'insuffisance rénale, et elle peut entrainer des manifestations neuromusculaires et cardiaques graves. Il est donc essentiel de la prévenir.

Mucoviscidose (dépistage néonatal)

Définition du dépistage néonatal de la mucoviscidose

La mucoviscidose, aussi appelée fibrose kystique, est une maladie génétique qui se manifeste principalement par des symptômes respiratoires et digestifs.

C’est la maladie génétique la plus fréquente dans les populations d’origine caucasienne (incidence de 1/2500 environ).

La mucoviscidose est due à la mutation d’un gène, le gène CFTR, qui entraîne un dysfonctionnement de la protéine CFTR, impliquée dans la régulation des échanges d’ions (chlorure et sodium) entre les cellules, en particulier au niveau des bronches, du pancréas, de l’intestin, des tubes séminifères et des glandes sudoripares. Le plus souvent, les symptômes les plus sévères sont respiratoires (infections, difficultés à respirer, production excessive de mucus, etc.), pancréatiques et intestinales. Malheureusement, il n’existe pas à ce jour de traitement curatif, mais une prise en charge précoce permet d’améliorer la qualité de vie (prise en charge respiratoire et nutritionnelle) et de préserver autant que possible le fonctionnement des organes.

Pourquoi faire un dépistage néonatal de la mucoviscidose ?

Cette maladie est potentiellement grave dès l’enfance et nécessite une prise en charge précoce. C’est pour cette raison qu’en France, tous les nouveau-nés bénéficient d’un dépistage de la mucoviscidose, entre autres affections. Au Canada, ce test est offert uniquement en Ontario et en Alberta. Le Québec n’a pas implanté le dépistage systématique.

Comment se déroule un dépistage néonatal de la mucoviscidose ?

Le test est réalisé dans le cadre du dépistage de différentes maladies rares à la 72ème heure de vie chez les nouveau-nés, à partir d’un prélèvement sanguin effectué en piquant le talon (test de Guthrie). Aucune préparation n’est nécessaire.

La goutte de sang est déposée sur du papier filtre spécial, et séchée avant l’envoi à un laboratoire de dépistage. Au laboratoire, on effectue un dosage de la trypsine immunoréactive (TIR). Cette molécule est produite à partir du trypsinogène, lui-même synthétisé par le pancréas. Une fois dans l’intestin grêle, le trypsinogène est transformé en trypsine active, une enzyme qui joue un rôle dans la digestion des protéines. Chez les nouveau-nés atteints de mucoviscidose, le trypsinogène a du mal à atteindre l’intestin, car il est bloqué au niveau du pancréas par la présence d’un mucus anormalement épais. Résultat : il passe dans le sang, où il est transformé trypsine « immunoréactive » alors présente en quantités anormalement élevées.

C’est cette molécule qui est décelée lors du test de Guthrie.

Quels résultats peut-on attendre d’un dépistage néonatal de la mucoviscidose ?

Si le test révèle la présence d’une quantité anormale de trypsine immunoréactive dans le sang, les parents seront contactés pour que le nouveau-né soit soumis à d’autres examens, permettant de confirmer le diagnostic de mucoviscidose. Il s’agit alors de détecter la ou les mutations du gène CFTR.

Un test dit « de la sueur » peut aussi être effectué pour déceler des concentrations de chlore élevées dans la sueur, caractéristiques de la maladie.

O
Oestradiol

Définition de l’oestradiol

L’oestradiol ou estradiol est une hormone « féminine » (un œstrogène). Il est synthétisé en temps normal par les ovaires (et en quantité infime par les testicules chez l’homme) et par le placenta pendant la grossesse.

Dans le sang, l’oestradiol est transporté par des protéines : la TeBG, la SHBG, et l’albumine. On estime que seulement 1 à 3% de l’oestradiol est libre (non lié à des protéines).

Cette hormone joue de nombreux rôles dans l’organisme, notamment dans la régulation des cycles menstruels, le maintien des caractères sexuels secondaires (développement des seins, des organes génitaux chez la femme), mais aussi sur le métabolisme osseux.

Pourquoi faire une analyse du taux d’oestradiol ?

De nombreuses situations peuvent indiquer la prescription de dosages hormonaux, dont celui de l’oestradiol.

En revanche, son taux variant considérablement au cours du cycle menstruel, il est important de bien connaître le moment du cycle avant l’examen. En général, les taux de FSH et de LH (deux autres hormones impliquées dans la régulation du cycle menstruel) sont dosés en même temps.

Chez les femmes en âge de procréer ou celles qui sont suivies en procréation médicalement assistée, le taux d’oestradiol est utile pour contrôler le bon fonctionnement et la survenue de l’ovulation. Le taux reflète en effet le stade de maturation et la croissance des follicules.

Le dosage de l’oestradiol est aussi utilisé dans les cas de troubles du développement sexuel (absence de règles, puberté précoce, etc.), pour faire un bilan de stérilité ou au moment de la ménopause.

Chez les femmes adultes, le dosage est aussi indiqué en cas de suspicion d’insuffisance ovarienne ou de problème hormonal hypophysaire (déficit en FSH ou LH).

Au moment de la ménopause, la sécrétion d’oestradiol par les ovaires chute drastiquement. Le dosage peut être effectué avant de décider de mettre en place un traitement hormonal substitutif.

Enfin, chez les hommes, les dosages d’oestrogènes sont indiqués en cas de développement anormal de la poitrine (gynécomastie) pour diagnostiquer une hyperoestrogénie (taux excessif d’hormones femelles).

Comment se déroule une analyse du taux d’oestradiol ?

Le dosage se fait sur un prélèvement sanguin. Il est important de connaître le moment du cycle auquel le dosage est effectué. Par exemple, pour évaluer la qualité folliculaire ovarienne, le dosage doit être effectué au 3ème ou 4ème jour du cycle menstruel (associé aux dosages de FSH, ou encore d’AMH, d’inhibine B, etc.).

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du taux d’oestradiol ?

Les concentrations d’oestradiol sont les plus faibles durant les règles ; puis elles augmentent au cours de la phase folliculaire jusqu’à atteindre un pic, juste avant la poussée de LH (Hormone Lutéinisante) qui va déclencher l’ovulation.

Les concentrations chutent au moment de l’ovulation puis remontent au cours de la phase lutéale. Quelle que soit la phase du cycle, les concentrations sanguines sont plus élevées le matin que l’après-midi. Seul le médecin pourra interpréter les résultats afin de poser un diagnostic ou initier un traitement.

Oestriol

Définition de l’oestriol

L’oestriol (ou estriol) est un « marqueur sérique » utilisé pour évaluer le risque de trisomie 21 chez un fœtus en cours de grossesse. Plus précisément, l’oestriol dit non conjugué (aussi noté uE3) fait partie des marqueurs sériques du deuxième trimestre, avec l’alpha-feotoprotéine et la bêta-hCG.

Ceux-ci se dosent dans le sang maternel entre 14 semaines d’aménorrhée (SA) et 17SA+6 jours.

L’oestriol non conjugué est sécrété par le fœtus et le placenta. Sa concentration reflète la synthèse et la régulation des hormones stéroïdes du fœtus.

Pourquoi faire une analyse du taux d’oestriol ?

L’analyse du taux d’oestriol est utilisée dans le cadre du dépistage de la trisomie 21.

En fait, l’examen privilégié est le « dépistage combiné » du premier trimestre, qui combine la mesure de la clarté nucale par échographie (entre 11 et 13 SA+6 jours) aux marqueurs sériques maternels du premier trimestre, qui ne comprennent pas l’oestriol (ils sont composés de la PAPP-A et de la bêta-HCG libre).

Ce dépistage est proposé à toutes les femmes enceintes en France (et dans la plupart des hôpitaux au Québec).

Si ce test n’a pu être réalisé, la femme enceinte peut bénéficier d’un dépistage du deuxième trimestre, qui repose en partie sur le dosage de l’oestriol (en plus de celui de l’alpha-feotoprotéine et de la bêta-hCG).

Comment se déroule une analyse du taux d’oestriol ?

Le dosage se fait sur un prélèvement sanguin de la femme enceinte. Le résultat est combiné aux mesures échographiques de la clarté nucale et de la longueur cranio-caudale qui ont été effectuées au premier trimestre. Le dosage des autres marqueurs s’effectue en même temps.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du taux d’oestriol ?

Au cours d’une grossesse normale, le taux d’oestriol augmente fortement jusqu’au terme.

Dans les grossesses où le fœtus est porteur de trisomie 21 ou d’une autre anomalie chromosomique, les concentrations maternelles d’oestriol non conjugué sont plus basses que la normale (<0,30 MoM pour « multiple moyen de la médiane »).

Cette situation concerne environ 0,25% des femmes enceintes. Dans ce cas, une échographie spécialisée sera conseillée, pour s’assurer que le fœtus n’est pas atteint de trisomie 21 ni de trisomie 18, par exemple. Le plus souvent, le dépistage combiné ne détaille pas le taux d’oestriol mais donne une évaluation du risque global de trisomie 21. Si le risque est considéré comme supérieur à 1/250, en France, on estimera que le dépistage est positif. La femme se verra alors proposer une amniocentèse ou un prélèvement des villosités choriales (ou de trophoblaste) afin de réaliser le caryotype du fœtus et obtenir un diagnostic certain.

P
Parathormone

Définition de l'analyse de la parathormone dans le sang

La parathormone, PTH ou encore hormone parathyroïdienne est une hormone sécrétée par les glandes parathyroïdes. Elle joue un rôle majeur dans la régulation de la répartition du calcium l'organisme. Son rôle principal est de stimuler la libération de calcium par les os et la réabsorption du calcium au niveau des reins pour augmenter le taux de calcium sanguin.

Ainsi, l’hormone parathyroïdienne a un effet « hyper-calcémiant » et « hypo-phosphorémiant » (elle fait baisser parallèlement le taux de phosphates).   

Dans le sang, on trouve l’hormone intacte (PTH 1-84) mais aussi des fragments qui compliquent le dosage.

Pourquoi faire une analyse de la parathormone ?

Le dosage de la parathormone est préconisé en cas :

  • d’hypercalcémie (taux trop élevé de calcium dans le sang)
  • d’anomalies de l’équilibre phosphocalcique
  • de calculs rénaux (lithiase rénale)
  • pour le suivi des personnes atteintes d’insuffisance rénale en dialyse
  • pour orienter le diagnostic en cas de carence en vitamine D.

Le dosage peut aussi être recommandé chez les femmes ménopausées souffrant d’ostéoporose.

Il est toujours effectué en même temps qu’un bilan « phosphocalcique », à savoir une mesure des taux de calcium et de phosphates sanguins.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la parathormone ?

Le dosage se fait à partir d’un échantillon sanguin veineux. Aucune préparation n’est nécessaire. Le médecin pourra vous demander de cesser la prise de certains médicaments avant l’examen, qui peuvent influencer les résultats.

Plusieurs types de mesures sont utilisés et les résultats peuvent varier d’un laboratoire d’analyses à l’autre. En général, la concentration de PTH dans le sang varie entre 6 et 50 pg/ml (picogrammes par millilitre).

Son taux peut être trop élevé ou trop bas. Le médecin, en combinant ce dosage avec le bilan phosphocalcique, pourra orienter son diagnostic.

Ainsi, en cas de taux de PTH trop élevé associé à une hypercalcémie, il est probable que le diagnostic d’hyperparathyroïdie soit posé. Les causes sont multiples (dont certains cancers).

En cas de taux de PTH élevé et d’hypocalcémie, il peut s’agir d’hyperparathyroïdie secondaire. Les causes principales sont les carences en vitamine D et l’insuffisance rénale.

Au contraire, en cas de PTH diminuée, d’hypocalcémie et d’hyperphosphatémie, il s’agit probablement d’hypoparathyroïdie. Celle-ci peut être secondaire à une ablation de la thyroïde, mais aussi à des pathologies comme l’hémochromatose ou des affections inflammatoires ou infectieuses.

Peptide natriurétique de type B (BNP)

Définition du peptide natriurétique de type B

Le peptide natriurétique de type B, ou BNP (pour Brain natriuretic peptide, en anglais), est une neuro-hormone synthétisée par les cellules cardiaques appelées cardiomyocytes en réponse à une augmentation de la pression sanguine, en particulier lors du développement d’une insuffisance cardiaque.

Le BNP joue les rôles suivants :

  • diurétique (augmente la sécrétion urinaire)
  • natriurétique (favorise l’excrétion urinaire du sodium)
  • vasodilatation (dilatation des vaisseaux)
  • effet antagoniste du système rénine-angiotensine (système hormonal du rein qui régule notamment l’équilibre sodique)

Pourquoi faire une analyse du BNP ?

La quantité de BNP dans le sang est un indicateur de l’évolution de l’insuffisance cardiaque. Elle augmente quand celle-ci s’aggrave, et diminue quand la maladie se stabilise.

Le médecin peut donc prescrire une mesure du taux de BNP pour :

  • confirmer un diagnostic d'insuffisance cardiaque
  • mesurer sa sévérité
  • prédire le risque de futurs événements cardiaques (dont la mort subite)
  • évaluer l'efficacité du traitement

Parce que le taux de BNP est corrélé au degré d’insuffisance cardiaque, les cardiologues se servent de la mesure pour ajuster au mieux le traitement médical de leurs patients.

Quels résultats peut-on attendre du bilan du BNP ?

L’examen consiste en une prise de sang veineux. Il ne requiert aucune préparation particulière.

Le test sanguin est d’une grande fiabilité pour diagnostiquer une insuffisance cardiaque.

Au-delà d’une quantité de BNP de 100 pg/mL (picogrammes par millilitres), le diagnostic est en faveur d’une insuffisance cardiaque. Il est certain au-dessus de 300 pg/mL. En-deçà de 100 pg/mL, l’insuffisance cardiaque peut être exclue.

Entre 100 et 400 pg/mL, il est nécessaire de pratiquer des examens supplémentaires, tels qu’une radiographie thoracique et une échographie Doppler transthoracique.

Notons que la concentration sanguine de BNP peut se trouver élevée dans d'autres circonstances que celle de l'insuffisance cardiaque, notamment en fonction de :

  • l’âge : augmentation modérée
  • le sexe : les valeurs sont légèrement plus élevées chez la femme
  • certains cas d’hypertension artérielle
  • une insuffisance rénale
  • une cirrhose du foie
  • le syndrome de Cushing
  • l’hyperthyroïdie, etc.

Seul le médecin pourra interpréter les résultats de l’analyse.

Phosphatases alcalines

Définition des phosphatases alcalines dans le sang

Les phosphatases alcalines (PAL) sont des enzymes qui se trouvent dans la plupart des tissus de l’organisme, en particulier les os, le foie, l’intestin, les reins, etc. Elles sont aussi présentes dans le placenta en cours de grossesse.

Les taux de phosphatases alcalines augmentent naturellement pendant la croissance et pendant la grossesse. Une augmentation en dehors de ces périodes peut refléter la présence d’une maladie hépatique ou osseuse.

Pourquoi faire une analyse des phosphatases alcalines ?

Le dosage des phosphatases alcalines est prescrit lorsque le médecin suspecte la présence d’une maladie du foie ou des os.

D’autres enzymes sont analysées en même temps pour évaluer la fonction hépatique : l’alanine aminotransférase (ALAT), l’aspartate aminotransférase (ASAT) et la gamma-glutamyl transférase (γGT). Les ALAT et ASAT font partie des « transaminases » alors que les PAL et la γGT sont appelées enzymes cholestatiques.

Ce « bilan hépatique » est par exemple prescrit lors d’un bilan sanguin complet, mais aussi en cas d’amaigrissement inexpliqué, d’alcoolisme et dans le suivi de nombreux de traitements médicamenteux. Certains symptômes comme l’ictère (jaunisse), les nausées et les vomissements peuvent aussi amener à la prescription d’un tel bilan.

Outre une atteinte hépatique (hépatite, abcès, etc.), le dosage des PAL peut dépister une cholestase (stagnation ou arrêt de l’écoulement de la bile dans les voies biliaires) et des obstructions biliaires, ainsi qu’une maladie osseuse.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse des phosphatases alcalines ?

Le dosage se fait à partir d’un échantillon sanguin veineux. Il est recommandé d’être à jeun lors du prélèvement.

A titre indicatif, les valeurs normales des phosphatases alcalines sont comprises entre 30 et 100 UI/L (unités internationales par litre).

L’augmentation conjointe des PAL et de la gamma-GT est généralement le signe d’une cholestase, sauf chez une femme enceinte (l’augmentation est alors normale, tout comme chez l’adolescent). Par ailleurs, la plupart des maladies du foie (hépatite virale ou auto-immune, cirrhose, tumeur, etc.) entraînent une élévation des phosphatases alcalines dans le sang.

Une élévation des phosphatases alcalines peut aussi traduire la présence d’une maladie osseuse : maladie de Paget, métastases osseuses, ostéomalacie, fracture ou tassement vertébral, etc.

A l’inverse, une concentration basse de phosphatases alcalines est le plus souvent le signe d’un dysfonctionnement grave du foie (insuffisance hépatocellulaire), causé par une cirrhose ou une hépatite.

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et orienter le diagnostic.

Phosphore

Définition du phosphore

Le phosphore est un minéral essentiel à de nombreuses réactions cellulaires, en particulier aux mécanismes énergétiques des cellules musculaires. Le phosphore joue aussi un rôle dans la minéralisation du tissu osseux, tout comme le calcium.

Environ 85% du phosphore sont incorporés dans les os. Le phosphore sanguin, qui se trouve sous forme de phosphate monosodique ou disodique, notamment, ne représente que 1 % du phosphore total.

Plusieurs facteurs interviennent dans la régulation du taux de phosphore dans le sang (phosphorémie), dont :

  • le taux de vitamine D (augmente l’absorption digestive)
  • la parathormone (augmente l’absorption digestive et l’excrétion rénale)
  • l’hormone de croissance (augmente l’absorption digestive)
  • les corticoïdes (augmentent l’excrétion)

Pourquoi faire une analyse du taux sanguin de phosphore ?

Le dosage sanguin du phosphore est indiqué en cas de troubles osseux ou chez des personnes hospitalisées, chez qui les troubles de la phosphorémie sont fréquents.

Ce dosage du phosphore est toujours associé à celui du calcium (calcémie) et de la créatinine (créatininémie).

En effet, le dosage de la calcémie permettra au médecin de déceler une hyperparathyroïdie (qui entraîne également une augmentation de la calcémie).

Comment se déroule une analyse du phosphore ?

Le dosage du phosphore se fait sur un prélèvement sanguin, par une ponction veineuse en général au pli du coude.

Un dosage urinaire (phosphaturie) est également possible : il faut dans ce cas recueillir la totalité des urines sur 24 heures. Ce dosage peut être requis en cas de troubles du rein, de troubles suspectés des glandes parathyroïdes et bien sûr de troubles osseux.

Il est souvent indiqué quand les résultats de la prise de sang indiquent une phosphorémie basse, pour affiner le diagnostic.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du taux de phosphore?

À titre indicatif, les concentrations sanguines normales de phosphore sont comprises entre 0,8 et 1,5 mmol/L ou 25 et 45 mg/L. Chez l’enfant, elles sont comprises entre 1,5 et 2 mmol/L.

Une diminution du taux de phosphore dans le sang est appelée hypophosphorémie ; une augmentation est appelée hyperphosphorémie.

Lorsque le phosphore sanguin et urinaire est bas (phosphaturie inférieure à 10 mmoL/ 24 h), l’hypophosphorémie est le plus souvent liée à un problème digestif : malabsorption, prise d’anti-acides, alcoolisme chronique.

Quand, au contraire, la phosphaturie est élevée, il est possible que la personne souffre de diabète phosphoré ou phosphaté (perte de phosphore dans les urines). D’autres examens seront alors nécessaires.

L’hypophosphorémie est fréquente chez les patients hospitalisés (1 à 3%) et en particulier chez ceux en réanimation (30 à 40%).

L’hyperphosphorémie, quant à elle, est une complication possible de l’insuffisance rénale chronique. Les anomalies du taux de phosphore sanguin pouvant entrainer diverses complications cardiaques, respiratoires ou musculaires, il est important de les détecter et de les traiter rapidement.

Polynucléaires basophiles

Définition des polynucléaires basophiles

Les polynucléaires sont des globules blancs (ou leucocytes), et donc des cellules de défense de l’organisme.

On distingue plusieurs types de globules blancs, dont :

  • les polynucléaires, ainsi nommés car ils paraissent avoir plusieurs noyaux
  • les mononucléaires, qui comprennent les “monocytes” et les “lymphocytes

Les polynucléaires sont des cellules qui circulent dans le sang et qui possèdent en fait un noyau multilobé (doté de plusieurs lobes). À l’intérieur, elles contiennent des « granulations », qui prennent des couleurs différentes selon les types de polynucléaires lorsqu’on les teinte avec des colorants spéciaux. On distingue donc :

  • les polynucléaires neutrophiles, dont les granulations retiennent des colorants neutres
  • les polynucléaires éosinophiles, dont les grosses granulations se teintent en orange
  • les polynucléaires basophiles, qui contiennent de grosses granulations rouge violacé

Ces cellules mobiles se déplacent vers les sites de l’organisme où siège une infection ou une inflammation. Cette migration se fait sous l’influence de  molécules chimiques émises par l’agent pathogène ou induites par lui, qui les attirent au « bon » endroit.

Les polynucléaires basophiles sont les moins nombreux des polynucléaires : ils représentent moins de 1 % des globules blancs sanguins.

Les valeurs normales sont de moins de 100 polynucléaires basophiles par mm3 de sang (<0,1 x 109/l).

Pourquoi faire une analyse du taux de polynucléaires basophiles ?

Le dosage des globules blancs en général est préconisé dans de nombreuses situations.

Le plus souvent, le médecin prescrit une « numération formule sanguine » (hémogramme) qui détaille la concentration des différents types de cellules du sang.

L’évaluation de la concentration de polynucléaires basophiles dans le sang s’appelle la basocytémie.

Comment se déroule une analyse des polynucléaires basophiles ?

L’examen  consiste en un simple prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

On peut observer l’aspect des polynucléaires au microscope, à partir d’un frottis sanguin.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des polynucléaires basophiles ?

Une augmentation modérée ou forte du nombre de globules blancs, et en particulier des polynucléaires basophiles, peut se voir dans de nombreuses situations :

  • en cas d’infection
  • en cas d’allergie ou d’inflammation
  • en cas d’hypothyroïdie, de maladies endocrines
  • dans le cas de certains cancers
  • dans les maladies hématologiques (syndromes myéloprolifératifs, leucémies, polyglobulie, thrombocythémie).

La baisse du nombre de basophiles dans le sang, au contraire (basocytopénie), est difficile à repérer du fait du faible nombre de ces cellules. Elle peut survenir dans certaines situations, entre autres :

  • stress aigu
  • syndrome de Cushing
  • administration de certains médicaments, comme les corticoïdes
Polynucléaires éosinophiles

Définition des polynucléaires éosinophiles

Les polynucléaires sont des globules blancs (ou leucocytes), et donc des cellules de défense de l’organisme.

On distingue plusieurs types de globules blancs, dont :

  • les polynucléaires, ainsi nommés car ils paraissent avoir plusieurs noyaux
  • les mononucléaires, qui comprennent les “monocytes” et les “lymphocytes

Les polynucléaires sont des cellules qui circulent dans le sang et qui possèdent en fait un noyau multilobé. À l’intérieur, elles contiennent des « granulations », qui prennent des couleurs différentes lorsqu’on les teinte avec des colorants spéciaux. On distingue donc :

  • les polynucléaires neutrophiles, dont les granulations retiennent des colorants dits neutres (teinte beige)
  • les polynucléaires éosinophiles, dont les grosses granulations se teintent en orange
  • les polynucléaires basophiles, qui contiennent de grosses granulations rouge violacé

Ces cellules mobiles se déplacent vers les sites de l’organisme où siège une infection ou une inflammation. Cette migration se fait sous l’influence de  molécules chimiques émises par l’agent pathogène ou induites par lui, qui les attirent au « bon » endroit.

Les polynucléaires éosinophiles sont beaucoup moins nombreux que les neutrophiles : ils représentent 1 à 3% des globules blancs en circulation dans le sang. À titre indicatif, leur nombre varie de 0,04 à 0,4 milliards par litre de sang (soit 40 à 400 polynucléaires éosinophiles par mm3 de sang).

Pourquoi faire une analyse du taux de polynucléaires éosinophiles ?

Le dosage des globules blancs en général est préconisé dans de nombreuses situations, en particulier en cas d’infection.

Le plus souvent, le médecin prescrit une « numération formule sanguine » (hémogramme) qui détaille la concentration des différents types de cellules du sang.

Comment se déroule une analyse des polynucléaires éosinophiles ?

L’examen consiste en un simple prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

On peut observer l’aspect des polynucléaires au microscope, à partir d’un frottis sanguin.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des polynucléaires éosinophiles ?

La concentration des polynucléaires éosinophiles peut être augmentée (éosinophilie) ou au contraire abaissée par rapport aux normes (éosinopénie).

Une augmentation modérée ou forte du nombre de globules blancs, et en particulier des polynucléaires éosinophiles, peut se voir dans de nombreuses situations :

  • dans la plupart des maladies parasitaires digestives
  • dans les réactions allergiques
  • dans certaines maladies de peau (dermatoses atopiques, eczéma, prurit chronique, etc.)
  • dans certaines maladies systémiques (connectivites, maladie de Churg et Strauss, etc.)
  • dans les maladies digestives (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, etc.)
  • après la prise de certains médicaments (antibiotiques, antituberculeux, antifongiques, antiparasitaires, psychotropes, anti-épileptiques, antidiabétiques oraux, anti-inflammatoires, etc.)
  • dans certains cancers ou lymphomes, en particulier dans la maladie de Hodgkin.

La diminution du nombre d’éosinophiles, au contraire, peut être liée :

  • à la prise d’un traitement par corticoïdes ou ACTH
  • à un stress aigu
  • à une hémodialyse
  • à des infections virales ou bactériennes graves

L’interprétation des résultats dépendra des autres valeurs sanguines et de l’âge, des symptômes, des antécédents du patient.

Polynucléaires neutrophiles

Définition des polynucléaires neutrophiles

Les polynucléaires sont des globules blancs (ou leucocytes), et donc des cellules de défense de l’organisme.

On distingue plusieurs types de globules blancs, dont :

  • les polynucléaires, ainsi nommés car ils paraissent avoir plusieurs noyaux
  • les mononucléaires, qui comprennent les “monocytes” et les “lymphocytes

Les polynucléaires sont des cellules qui circulent dans le sang et qui possèdent en fait un noyau multilobé. À l’intérieur, elles contiennent des « granulations », qui prennent des couleurs différentes lorsqu’on les teinte avec des colorants spéciaux. On distingue donc :

  • les polynucléaires neutrophiles, dont les granulations retiennent des colorants dits neutres (teinte beige)
  • les polynucléaires éosinophiles, dont les grosses granulations se teintent en orange
  • les polynucléaires basophiles, qui contiennent de grosses granulations rouge violacé

Ces cellules mobiles se déplacent vers les sites de l’organisme où siège une infection ou une inflammation. Cette migration se fait sous l’influence de  molécules chimiques émises par l’agent pathogène ou induites par lui, qui les attirent au « bon » endroit.

Les polynucléaires neutrophiles sont les plus nombreux des polynucléaires : ils représentent la majorité des globules blancs en circulation dans le sang (50 à 75%). À titre indicatif, leur nombre varie de 1,8 à 7 milliards par litre de sang (soit 2000 à 7500 polynucléaires neutrophiles par mm3 de sang).

Une fois dans les tissus infectés, les polynucléaires neutrophiles sont capables de « phagocyter » (c’est-à-dire d’avaler, en quelques sortes) les particules étrangères.

Pourquoi faire une analyse du taux de polynucléaires neutrophiles ?

Le dosage des globules blancs en général est préconisé dans de nombreuses situations, en particulier en cas d’infection.

Le plus souvent, le médecin prescrit une « numération formule sanguine » (hémogramme) qui détaille la concentration des différents types de cellules du sang.

Comment se déroule une analyse des polynucléaires neutrophiles ?

L’examen consiste en un simple prélèvement de sang veineux, réalisé généralement au niveau du pli du coude. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

On peut observer l’aspect des polynucléaires au microscope, à partir d’un frottis sanguin.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des polynucléaires neutrophiles ?

La concentration des polynucléaires neutrophiles peut être augmentée (polynucléose neutrophile) ou au contraire abaissée par rapport aux normes (neutropénie).

Une augmentation modérée ou forte du nombre de globules blancs, et en particulier des polynucléaires neutrophiles, peut se voir dans de nombreuses situations :

  • en cas d’infection (la plupart des infections bactériennes)
  • en cas de maladie inflammatoire
  • dans le cas de certains cancers
  • dans les maladies hématologiques (syndromes myéloprolifératifs, leucémies, polyglobulie, thrombocythémie).

La diminution des polynucléaires neutrophiles est possible :

  • après certaines infections virales
  • lors de la prise de certains médicaments
  • après une chimiothérapie
  • mais aussi dans certaines maladies de la moelle (myélomes, lymphomes, leucémies, cancers).

L’interprétation des résultats dépendra des autres valeurs sanguines et de l’âge, des symptômes, des antécédents du patient.

Potassium

Définition du potassium

Le potassium est un minéral omniprésent dans l’organisme : c’est le principal ion présent à l’intérieur des cellules. Les trois quarts du potassium sont retrouvés au sein des cellules musculaires, dont les cellules cardiaques.

Il intervient également dans de nombreux processus métaboliques, et dans la transmission des messages nerveux et la contraction des muscles.

L’apport alimentaire de potassium (2 à 6 g par jour) provient surtout des fruits et des légumes. L’excès est éliminé par les reins.

Pourquoi faire une analyse du taux sanguin de potassium ?

Le dosage du potassium peut être fait dans le plasma (sang) et l’urine. Il permet de diagnostiquer un déficit ou une rétention en potassium, soit en raison de symptômes (trouble du rythme cardiaque) soit dans le cas d’un bilan (hypertension artérielle, hospitalisation, etc.).

Le rôle du potassium est en effet capital et un déficit peut avoir des conséquences graves, potentiellement mortelles, sur le rythme cardiaque.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du potassium ?

Le dosage sanguin s’effectue sur un prélèvement veineux, en général au pli du coude.

En cas de valeur anormalement faible du potassium dans le sang, le médecin peut demander d’analyser le potassium urinaire (kaliurèse) pour voir si les reins l’éliminent de façon excessive ou si la perte est plutôt digestive.

À titre indicatif, les concentrations sanguines normales de potassium sont comprises entre 3,5 et 5 mmol/L (millimoles par litre).

Une diminution du taux de potassium dans le sang est appelée hypokaliémie ; une augmentation est appelée hyperkaliémie.

L’hypokaliémie (< 3,1 mmol/L) peut être due à :

  • un apport insuffisant de potassium (anorexie, alcoolisme chronique, âge avancé), mais c’est assez rare que ce soit la seule cause
  • des pertes digestives (diarrhée, vomissements abondants ou répétés)
  • une maladie endocrine (hyperaldostéronisme ou hyperinsulinisme)
  • un traitement par diurétiques (certaines classes ont un effet hypokaliémiant), par certains antibiotiques ou corticoïdes. Une hypokaliémie peut être observée chez jusqu’à 20 à 30% des personnes traitées par diurétique.

L’hyperkaliémie (> 4,9 mmol/L) est assez rare. Elle est généralement liée à :

  • une insuffisance des glandes surrénales
  • une hémolyse (destruction des globules rouges) ou autre destruction cellulaire massive et brutale (lyse tissulaire)
  • des brûlures graves
  • une chimiothérapie
  • une insuffisance rénale
  • un traitement par diurétiques dits hyperkaliémiants ou d’autres médicaments
Progestérone

Définition de la progestérone

La progestérone est une hormone stéroïde qui joue notamment un rôle important lors de l’installation et de l’évolution d’une grossesse. Elle est toutefois importante même en dehors des grossesses, pour le maintien de la fonction des organes génitaux.

Elle est principalement produite par les ovaires (en dehors de la grossesse) et le placenta (dès le deuxième mois, prenant le relais du corps jaune). Pendant la grossesse, elle permet la migration de l’œuf fécondé jusqu’à l’utérus, puis facilite sa nidation, entre autres.

Le taux de progestérone dans le sang varie au cours du cycle menstruel. Il est bas pendant la phase folliculaire, augmente brusquement lors de la phase lutéale pour atteindre un maximum 5 à 10 jours après le pic de LH (l’hormone lutéinisante, qui déclenche l’ovulation). Les taux diminuent ensuite, sauf en cas de grossesse.

Dans le sang, la progestérone circule liée à diverses protéines (la transcortine, l’albumine et l’orosomucoïde).

Pourquoi faire une analyse du taux sanguin de progestérone ?

Le dosage de la progestérone sanguine (progestéronémie) peut être effectué dans plusieurs situations :

  • entre le 20ème et le 23ème jour du cycle menstruel, pour s’assurer que le corps jaune produit des quantités normales de progestérone, nécessaires à l’implantation d’une grossesse (en cas de doutes lors de fausses couches à répétition)
  • pendant les premières semaines de la grossesse, pour s’assurer que celle-ci évolue bien (le taux doit rester stable)
  • pour vérifier l’efficacité d’une induction d’ovulation en procréation médicalement assistée
  • pour diagnostiquer une grossesse extra-utérine (en combinaison avec le dosage de l’hCG), la progestérone étant alors anormalement basse
  • en cas de procréation médicalement assistée, pour la fécondation in vitro et le transfert d’embryon, ou pour programmer les inséminations intra-utérines (c’est un marqueur de l’ovulation)

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du taux de progestérone ?

Le dosage sanguin s’effectue sur un prélèvement veineux, en général au pli du coude. Aucune préparation n’est requise, mais la date des dernières règles ou du début de grossesse doit être précisée.

À titre indicatif, les concentrations sanguines normales de progestérone en dehors de toute grossesse sont inférieures à 1,5 ng/mL pendant la phase folliculaire, comprises entre 0,7 et 4 ng/mL au moment du pic ovulatoire et entre 2 et 30 ng/mL pendant la phase lutéale (reflet de la présence du corps jaune).

Elles diminuent à la ménopause.

Pendant la grossesse, à la 5ème semaine d’aménorrhée, elles sont d’environ 40 ng/mL et atteignent 200 ng/mL en fin de grossesse.

Lorsque des taux anormalement bas de progestérone sont décelés, notamment chez une femme qui souhaite tomber enceinte, une supplémentation pourra être envisagée en deuxième partie de cycle.

Enfin, notons que la progestéronémie peut être augmentée dans plusieurs pathologies, notamment certaines tumeurs ovariennes ou surrénaliennes ou certains déficits congénitaux.

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et poser un diagnostic, parfois à l’aide d’examens ou d’analyses supplémentaires.

Prolactine

Définition de la prolactine dans le sang

La prolactine est une hormone principalement impliquée dans la production de lait maternel. Elle est synthétisée essentiellement par les cellules dites « lactotropes » de l’hypophyse, dans le cerveau.

Son taux augmente donc en cours de grossesse (multiplié par 5 à 20 en fin de grossesse), pour préparer la glande mammaire à la lactation.

Pourquoi faire une analyse du taux de prolactine ?

Le dosage sanguin de la prolactine peut être indiqué dans plusieurs situations, en particulier en cas de trouble du cycle menstruel (il fait partie du bilan hormonal de base). Une galactorrhée, c’est-à-dire une production de lait par les glandes mammaires à distance d’un accouchement, ou une gynécomastie chez l’homme (développement des seins), peuvent également être des indications. Chez l’homme, ceci dit, les troubles de la prolactine se traduisent surtout par une baisse de la libido ou des troubles de l’érection.

L’hyperprolactinémie (taux trop élevé de prolactine) est un symptôme assez fréquent, en particulier chez les femmes ayant des troubles des règles (aménorrhée). Ce dosage est donc un examen largement prescrit.

Comment se déroule une analyse du taux de prolactine ?

Le dosage de la « prolactinémie », qui se fait par prise de sang, est assez délicat. Il est souvent effectué le matin (le taux variant au cours de la journée), après une période de repos de 20 minutes.

Comme il peut y avoir de fausses hyperprolactinémies liées à la technique de dosage, il est conseillé d’effectuer un deuxième examen dans un autre laboratoire en cas de résultat anormal pour confirmer la valeur.

Si le taux est anormalement élevé, le médecin prescrira probablement un test de grossesse, car le taux de prolactine augmente au cours de la grossesse. D’autres dosages, notamment celui de la TSH, pourraient être effectués pour comprendre l’origine du trouble.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse du taux de prolactine ?

La concentration de la prolactine sanguine est normalement inférieure à 20 ng/mL (soit 400 mUI/L). Lorsqu’elle est trop élevée, on parle d’hyperprolactinémie.

Celle-ci peut avoir plusieurs causes :

  • Une grossesse
  • la prise de certains médicaments (neuroleptiques, antidépresseurs, médicaments anti-nausées, antihypertenseurs, etc.)
  • une tumeur de l’hypophyse (micro ou macroadénome hypophysaire), détectée par IRM
  • une hypothyroïdie
  • une insuffisance rénale
  • le syndrome des ovaires polykystiques
Protéines sériques

Définition des protéines sériques

Les protéines sont en quelques sortes les briques essentielles de nos cellules : elles jouent un rôle dans toutes les réactions de l’organisme.

On trouve plus d’une centaine de protéines différentes en circulation dans le sang, l’albumine représentant toutefois 60% d’entre elles.

Outre un rôle de transport de nombreuses substances (hormones, lipides, etc.), les protéines du sang interviennent dans la coagulation, l’immunité, le maintien de la pression sanguine, etc.

Il est possible d’effectuer un dosage des protéines sériques totales, qui renseigne notamment sur le fonctionnement de nombreux organes.

Pourquoi faire une analyse des protéines sériques ?

L’analyse des protéines sériques (du sérum) est utile dans de nombreuses situations pour orienter un diagnostic, préciser la gravité d’une maladie ou suivre l’efficacité d’un traitement.

C’est un examen très courant qui permet d’évaluer la fonction de certains organes (le foie, les reins) et de mettre en évidence certaines anomalies (syndrome inflammatoire, maladies auto-immunes, lymphomes, etc.).

Ainsi, ce dosage peut être prescrit, entre autres, en cas de :

  • syndrome inflammatoire
  • altération de l’état général
  • anomalies de l’hémogramme (bilan sanguin)
  • douleurs osseuses ou articulaires inexpliquées
  • troubles hépatiques
  • insuffisance rénale

Comment se déroule une analyse des protéines sériques ?

Le dosage des protéines sériques ou plasmatiques se fait par électrophorèse, après une simple prise de sang : le sang (sérum) est placé dans un champ électrique, ce qui fait « migrer » les protéines. Elles se séparent en fonction de leur charge électrique et de leur poids, ce qui permet de les distinguer les unes des autres et de repérer des anomalies.

Ce dosage est généralement effectué en même temps que d’autres examens de base, comme la numération formule sanguine ou la vitesse de sédimentation. En effet, le taux de protéines dans le sang (protidémie) ne dépend pas uniquement des protéines, mais aussi du volume sanguin (la dilution peut être plus ou moins grande).

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des protéines sériques ?

À titre indicatif, la valeur normale des protéines totales sériques est comprise entre 65 et 80 grammes/L. Le rapport albumine/globuline se situe entre 1,2 et 1,8.

Une augmentation des protéines plasmatiques totales (hyperprotidémie) est observée dans de nombreuses situations, comme une déshydratation (« coup de chaleur », diarrhée, vomissements) ou au cours de diverses maladies comme le myélome qui entraînent une augmentation de la masse de protéines circulantes.

Les diminutions de la concentration de protéines totales (hypoprotidémies) peuvent être causées par un défaut d’apport (malnutrition) ou un défaut d’absorption, par un défaut de synthèse (insuffisance hépatique), par une perte anormale au niveau du rein ou encore par une surcharge hydrique (hémodilution).

L’analyse par électrophorèse montre la répartition des principales protéines sanguines et trace un « profil » caractéristique, qui pourra être interprété par le médecin.

Ainsi, en cas de syndrome inflammatoire, par exemple, le « tracé » sera typique, montrant une augmentation des alpha-globulines (hyperalphaglobulinémie) et une diminution de l’albumine.

L’augmentation des bêta-globulines, quant à elle, peut signifier la présence d’une carence en fer, d’une hypothyroïdie ou encore d’une obstruction biliaire.

Le syndrome néphrotique (dysfonctionnement des reins) sera quant à lui caractérisé par une hypoalbuminémie et une hyperalphaglobulinémie.

Seul le médecin pourra repérer un tracé anormal, et prescrire le cas échéants des examens complémentaires pour poser un diagnostic.

Protéinurie des 24 heures

Définition de la protéinurie sur 24 heures

Une protéinurie est définie par la présence en quantité anormale de protéines dans les urines. Elle peut être liée à de nombreuses pathologies, en particulier rénales.

Normalement, l’urine contient moins de 50 mg/L de protéines. Les protéines contenues dans les urines sont principalement de l’albumine (principale protéine du sang), de la mucoprotéine de Tamm-Horsfall, protéine synthétisée et sécrétée spécifiquement dans le rein, et de petites protéines.

Pourquoi faire une analyse de la protéinurie sur 24 heures ?

La protéinurie peut être découverte grâce à un test urinaire simple avec bandelette. Elle est d’ailleurs souvent découverte de manière fortuite lors d’un bilan de santé, d’un suivi de grossesse ou lors d’un bilan urinaire dans un laboratoire d’analyse médicale.

La mesure de la protéinurie sur 24 heures, quant à elle, peut être demandée pour affiner le diagnostic ou obtenir des valeurs plus précises de la protéinurie totale et du rapport protéinurie/albuminurie (pour mieux connaître le type de protéines excrétées).

Comment se déroule une analyse de la protéinurie sur 24 heures ?

Le recueil des urines des 24 heures consiste à éliminer la première urine du matin dans les toilettes, puis à recueillir toutes les urines dans le même récipient pendant 24 heures. Notez la date et l’heure de la première urine sur le bocal et continuez le recueil jusqu’au lendemain même heure.

Ce prélèvement n’est pas compliqué mais il est long et peu pratique à réaliser (il vaut mieux rester toute la journée chez soi).

Il faut conserver les urines dans un endroit frais, au mieux dans un réfrigérateur et les apporter au laboratoire dans la journée (le 2ème jour, donc).

L’analyse est souvent associée à un dosage de la créatininurie des 24h (excrétion de créatinine dans l’urine).

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la protéinurie sur 24 heures ?

La protéinurie est définie par l’élimination dans les urines d’une quantité de protéines supérieure à 150 mg par 24 heures.

Si l’analyse est positive, le médecin pourra prescrire d’autres examens, tels qu’une analyse sanguine des taux de sodium, de potassium, de protéines totales, de créatinine et d’urée ; un examen cytobactériologique des urines (ECBU) ; la détection de sang dans les urines (hématurie) ; la recherche d’une microalbuminurie ; la mesure de la tension artérielle.

Notons que la protéinurie n’est pas forcément grave. Dans la majorité des cas, elle est même bénigne et se voit parfois en cas de fièvre, d’exercice physique intense, de stress, d’exposition au froid. La protéinurie disparaît dans ces cas rapidement et ne pose pas de problème. Elle est souvent inférieure à 1 g/L, avec une prédominance d’albumine.

Lors de la grossesse, la protéinurie est naturellement multipliée par 2 ou 3 : elle augmente lors du premier trimestre jusqu’à environ 200 mg/24 h.

En cas d’excrétion de protéines supérieure à 150 mg/24 heures dans l’urine, hors de toute grossesse, la protéinurie peut être considérée comme pathologique.

Elle peut survenir dans le cadre d’une maladie rénale (insuffisance rénale chronique), mais aussi en cas de :

  • diabète de type I et II
  • maladies cardiovasculaires
  • hypertension artérielle
  • pré-éclampsie (en cours de grossesse)
  • certaines maladies hématologiques (myélome multiple).
R
Réticulocytes

Définition des réticulocytes

Les réticulocytes sont de jeunes globules rouges immatures, qui viennent d’être relâchés dans la circulation sanguine après leur production par la moelle osseuse.

Leur développement jusqu’au stade de globule rouge mature (hématie) dure près de trois jours dans la moelle osseuse et encore un peu plus d’une journée après la migration dans le sang.

Le nombre de réticulocytes dans le sang reflète l’activité de l’érythropoïèse, c’est-à-dire de la production de globules rouges.

Pourquoi faire une analyse des réticulocytes ?

La numération réticulocytaire, c’est-à-dire l’évaluation du nombre de réticulocytes dans le sang, est utilisée pour le diagnostic des anémies, mais aussi pour l’évaluation de la réponse aux traitements des patients aplasiques (dont la moelle osseuse fonctionne peu ou plus) ou ayant subi une greffe de moelle osseuse. Cette analyse peut aussi être utile dans d’autres situations, par exemple en cas de traitements toxiques pour la moelle osseuse, ou pour rechercher la présence d’hémorragies « cachées ».

Le nombre de réticulocytes augmente en effet lorsque la moelle osseuse tente de « régénérer » le stock de globules rouges, par exemple en cas d’anémie ou après une hémorragie.

Comment se déroule une analyse des réticulocytes ?

La numération des réticulocytes s’effectue à partir d’un prélèvement sanguin. Aucune préparation n’est nécessaire.

Elle peut se faire « manuellement » au microscope sur un frottis du sang, après avoir coloré les cellules au bleu de méthylène. Aujourd’hui, le plus souvent, les réticulocytes sont toutefois comptés par des automates utilisant la cytométrie en flux.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse des réticulocytes ?

Le nombre de réticulocytes est exprimé en pourcentage du nombre total de globules rouges et en valeur absolue.

À titre indicatif, la valeur normale en pourcentage est comprise entre 0,4 et 2,5 % (ou 5 à 15% selon les sources), et en nombre absolu entre 20 et 120g/L.

L’augmentation du nombre de réticulocytes dans le sang peut avoir plusieurs causes :

  • une hémorragie aiguë
  • une hémolyse (destruction trop rapide des globules rouges) causant une anémie
  • une régénération de la moelle osseuse, par exemple après une transplantation
  • la prise de certains traitements (érythropoïétine)
  • une maladie respiratoire, entrainant une insuffisance en oxygène (bronchopneumopathie chronique obstructive, par exemple)

La diminution du nombre de réiculocytes (réticulopénie), à l’inverse, peut être liée entre autres à :

  • une anémie liée à une infection, une tumeur
  • une carence en fer, en vitamine B12, en acide folique
  • une insuffisance rénale
  • un syndrome myélodysplasique
Rubéole

Définition de la rubéole

La rubéole est une maladie causée par un virus, qui se transmet par contacts directs ou respiratoires. Elle est généralement bénigne et touche surtout les enfants. Elle peut entraîner des maux de gorge, une fièvre, une conjonctivite et une éruption cutanée. Elle peut également passer inaperçue.

Les symptômes apparaissent en général 2 à 3 semaines après la contamination.

Cependant, cette maladie est très grave pour le fœtus lorsqu’elle est contractée par une femme enceinte. Elle peut entraîner :

  • une fausse-couche
  • la mort du fœtus in utero tardivement
  • de graves malformations congénitales (syndrome de rubéole congénitale)

Il faut savoir que quand une femme contracte la rubéole en début de grossesse, la probabilité que le fœtus soit lui aussi atteint est de 90%.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 110 000 enfants naissent chaque année avec un syndrome de rubéole congénitale.

Il existe toutefois un vaccin très efficace et un programme de vaccination pour les enfants dans les pays développés (le vaccin ROR : rougeole-oreillons-rubéole).

Grâce à ce programme, en France, le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse a diminué de 80% entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas).  Entre 2007 et 2011, moins de 10 cas d’infections maternelles étaient recensés par année, selon l’Institut national de veille sanitaire. La Région OMS des Amériques n’a enregistré aucun cas de rubéole de nature endémique (transmise naturellement) depuis 2009.

Pourquoi faire une analyse de la rubéole ?

Les conséquences d’une rubéole contractée par le fœtus in utero peuvent être extrêmement graves, surtout lorsque l’infection survient au cours des premiers mois de grossesse. Les principaux organes atteints sont l’œil, l’oreille, le cœur et le système nerveux central et le décès du fœtus est possible.

Il est donc important d’être immunisée avant toute grossesse. Une fois immunisée, les risques de réinfection sont quasi nuls. Le but de l’analyse de sang est donc de savoir si une personne a été en contact avec le virus de la rubéole.

Elle est effectuée par précaution chez la majorité des femmes en âge de procréer, lorsqu’elles manifestent le désir de grossesse.

En France, en 2009, la Haute autorité de santé (HAS) a émis la recommandation suivante :

« Compte tenu de la situation épidémiologique actuelle, il est recommandé qu’une sérologie rubéoleuse soit proposée à l’occasion de la première consultation prénatale, en l’absence de preuve écrite de l’immunité et sauf si deux vaccinations contre la rubéole documentées ont été antérieurement réalisées, à seule fin de déterminer le statut immunitaire vis-à-vis de la rubéole ».

Comment se déroule une analyse de la rubéole ?

Le dosage sanguin constitue le diagnostic de base : il s’effectue sur un prélèvement veineux, en général au pli du coude. Aucune préparation n’est nécessaire.

Ce dosage consiste à rechercher dans le sang la présence d’anticorps anti-rubéole signes que l’infection a déjà été contractée et que la personne est protégée.

Chez les femmes enceintes séronégatives (qui n’ont jamais contracté la maladie), une nouvelle prise de sang devra être proposée à 20 semaines d’aménorrhée (18 semaines de grossesse), pour s’assurer que la rubéole n’a pas été contractée durant la grossesse.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la rubéole ?

Si la femme a déjà eu la rubéole ou qu’elle a été correctement vaccinée, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Un « rattrapage » vaccinal peut être proposé aux femmes séronégatives avant la grossesse. Le vaccin sera effectué après l’accouchement chez les femmes qui n’ont jamais eu la maladie et chez qui le statut immunitaire n’est découvert qu’au cours de la grossesse.

Dans les rares cas où la maladie est contractée pendant la grossesse, d’autres examens devront être effectués pour voir si le fœtus a été contaminé (amniocentèse, notamment).

Le diagnostic post-natal de l’infection congénitale se fera également par prise de sang chez le nouveau-né, même s’il n’a pas de symptômes. Si l’enfant est infecté, un suivi pédiatrique et notamment ORL et neurologique doit être proposé.

S
Sérodiagnostic de Widal et Félix (salmonelles)

Définition du sérodiagnostic de Widal et Félix

Les salmonelles sont bactéries intestinales responsables de nombreuses infections (salmonelloses).

Ces infections regroupent des gastro-entérites, des infections alimentaires collectives et aussi des infections plus graves : les fièvres dites typhoïde et paratyphoïde.

Le principal mode de contamination est l’ingestion d’eau ou d’aliments (produits laitiers, œufs, viande) contenant la bactérie.

Les fièvres typhoïde et paratyphoïde sont causées par une sous-espèce particulière de salmonelle, des Salmonella enterica de sérotypes Typhi, Paratyphi A et certaines souches de sérotype Paratyphi B et Paratyphi C.

Pourquoi faire un test de Widal et Félix ?

Le sérodiagnostic dit de Widal et Félix est un test qui permet de diagnostiquer les fièvres typhoïde et paratyphoïde causées par les salmonelles, en détectant dans le sang la présence d’anticorps dirigés contre Salmonella. Il n’est pratiquement plus utilisé, sauf dans certains pays africains. En effet, ce test n’est utile que pour faire le diagnostic de ces maladies de façon tardive. Il est très peu sensible (10 à 30%) et entraîne aussi de nombreux faux négatifs ou positifs.

Aujourd’hui, le diagnostic de salmonellose repose surtout sur des examens bactériologiques directs (hémocultures et coprocultures).

Comment se déroule un sérodiagnostic de Widal et Félix ?

Le sérodiagnostic de Widal et Félix s’effectue sur un prélèvement sanguin. Il ne peut pas être effectué au moment de l’infection (car les anticorps recherchés mettent du temps à apparaître). Comme on l’a vu, ce test ne doit donc pas être utilisé pour le diagnostic des fièvres typhoïde ou paratyphoïde.

Le test diagnostic privilégié est l’hémoculture (culture du sang) : c’est le seul moyen de confirmer le diagnostic pendant les 2 premières semaines suivant l’infection. Il faut répéter le test plusieurs fois car le taux de bactéries dans le sang est très faible.

La coproculture (culture de selles) peut être effectuée à partir de la 2ème semaine suivant l’infection. Avant cela, elle est négative.

Quels résultats peut-on attendre d’un sérodiagnostic de Widal et Félix ?

Le sérodiagnostic de Widal et Félix n’est pas un moyen diagnostique fiable. Il est parfois utilisé de façon rétrospective, surtout en Afrique.

De nombreux facteurs peuvent fausser les résultats :

  • un traitement antibiotique peut rendre le test faussement négatif
  • seuls 10 à 30% des patients atteints présentent un test positif
  • le test peut être positif alors qu’une autre infection est en cause ou qu’il ne s’agit pas du tout d’une fièvre typhoïde
  • les résultats aberrants sont fréquents

Si le résultat est positif, il faudra donc renouveler les examens mais surtout utiliser une autre méthode pour confirmer.

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et orienter le diagnostic. Rappelons que les fièvres typhoïde et paratyphoïde sont des maladies rares et à déclaration obligatoire en France.

Sodium

Définition du sodium

Le sodium (sous forme d’ion Na+) est essentiel dans le maintien de l’équilibre hydrique de l’organisme.

Il joue un rôle crucial dans la régulation des mouvements d’eau entre l’intérieur et l’extérieur des cellules, et donc dans le maintien de la pression artérielle et de l’hydratation.

C’est l’ion le plus important du milieu extracellulaire (liquide hors des cellules). Dans le plasma, il représente 90% des cations (ions positifs) présents.

La natrémie, c'est-à-dire la concentration de sodium dans le plasma, est donc finement régulée : les apports en sodium se font principalement par l’alimentation, et l’excrétion se fait par les reins (et en faible quantité par la transpiration et les fèces).

Pourquoi faire une analyse du sodium sanguin ?

L’analyse de la natrémie fait généralement partie du bilan ionique ou bilan électrolytique, ou encore ionogramme sanguin, qui mesure les concentrations de différents ions (sodium, potassium, bicarbonates, etc.).

Elle peut être effectuée dans le cadre d’un bilan (notamment à l’hôpital) ou en raison de certains symptômes qui inquiètent le médecin, pour rechercher un trouble de l’hydratation ou un déséquilibre acido-basique. Elle est également utile pour l’évaluation des maladies du rein, du tube digestif, des glandes endocrines et la surveillance des traitements par les médicaments diurétiques ou anti-inflammatoires de longue durée.

L’examen du sodium

La mesure de la natrémie se fait sur un simple prélèvement sanguin. Elle n’est pas effectuée seule : elle fait partie du ionogramme sanguin, et d’autres analyses peuvent être réalisées en même temps, selon les cas. Par exemple, l’osmolarité plasmatique, l’analyse de sodium urinaire, la mesure de la glycémie, ou de la créatinine plasmatique qui avec la natrémie, le sodium et la créatinine urinaires, permettent de calculer le taux d’excrétion du sodium.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse du sodium ?

À titre indicatif, les valeurs normales de la natrémie sont comprises entre 133 et 143 mmol/L (millimoles par litre). Elles peuvent varier légèrement selon les sources (entre 135 et 150 mmol/L environ).

Si la natrémie est trop basse (< 135 mmol/L), on parle d’hyponatrémie ; si elle est trop élevée (supérieure à 145 ou 150 mmol/L), on parle d’hypernatrémie.

L’hyponatrémie est très fréquente chez les personnes hospitalisées, surtout les personnes âgées ou en réanimation. Celle-ci passe souvent inaperçue, sauf si elle est brutale et très sévère, auquel cas elle peut entraîner des signes digestifs (dégoût de l’eau, vomissements, etc.), des troubles musculaires (fatigue, crampes) et neurologiques (troubles de la conscience, convulsions).

Les causes sont nombreuses, mais sont souvent liées à une rétention d’eau due à un problème rénal (incapacité du rein à excréter l’eau).

Les causes d’hyponatrémie chronique sont, entre autres :

  • Causes rénales (insuffisance rénale chronique avancée, néphropathie avec perte de sel, etc.)
  • Insuffisance surrénale
  • Prise de certains diurétiques (thiazidiques)
  • Complication du diabète (hyponatrémie associée à une hyperglycémie)
  • Syndrome néphrotique, ictère cholostatique, etc.
  • Insuffisance cardiaque
  • Cirrhose
  • Hypothyroïdie
  • Ingestion d’eau excessive (potomanie)

Les causes d’hypernatrémie sont elles aussi multiples, dénotant le plus souvent une déshydratation :

  • pertes d’eau (diabète, etc.)
  • pertes rénales (prise de diurétiques)
  • pertes digestives (vomissements, diarrhées, etc.)
  • pertes cutanées (brûlures, sudation excessive, etc.)
  • apport excessif de sodium (perfusion de NaCl, ingestion d’eau de mer, dialyse hypertonique, syndrome de Cushing, etc.)

Seul le médecin pourra interpréter les résultats et orienter le diagnostic.

Syphilis

Définition de la syphilis

La syphilis est une infection sexuellement transmissible causée par la bactérie Treponema pallidum. Elle reste assez rare (environ 500 cas en France en 2009), mais elle est en recrudescence partout dans les pays développés. Elle touche surtout des hommes homosexuels, dont près de la moitié sont séropositifs pour le VIH. Cela étant, la prévalence augmente dans toutes les populations. La bactérie est très contagieuse en cas de rapport sexuel non protégé.

Les manifestations de la maladie sont très variables selon les personnes, et il existe plusieurs phases distinctes : incubation, phases primaire, secondaire et tertiaire, entrecoupées de phases de latence.

On distingue ainsi :

  • la syphilis précoce (syphilis primaire, secondaire, latente précoce de moins de un an)
  • la  syphilis tardive (syphilis tertiaire, qui survient en l’absence de traitement après plusieurs années, et latente de plus de un an)

Les symptômes sont variables et toutes les phases ne sont pas obligatoires.

Environ 3 semaines après la contamination, une petite plaie superficielle de 5 à 15 mm de diamètre appelée chancre apparaît sur le site d’infection (bouche, pénis, vagin ou anus). Le chancre n’est généralement pas douloureux et peut passer inaperçu, surtout s’il est à l’intérieur de la bouche, par exemple.

Des signes généraux sont possibles, dont fièvre, maux de tête, gonflement des ganglions, de la rate et du foie.

Si le patient n’est pas traité, le chancre disparaît mais la maladie peut évoluer vers des phases plus tardives.

La syphilis peut à long terme entraîner des complications graves (atteinte de la moelle épinière, des nerfs crâniens, atteintes oculaires).

Lorsque la maladie touche la femme enceinte, les complications pour le fœtus et l’enfant à naître sont elles aussi potentiellement graves (surtout après 14 à 18 semaines de grossesse). De plus, il existe un risque important de transmission néonatale. Le taux de mortalité chez le fœtus ou le nourrisson infecté atteint 40%.

Pourquoi dépister la syphilis ?

La syphilis peut entraîner des complications graves et il s’agit en France d’une maladie à déclaration obligatoire.

De plus, il existe un risque de transmission materno-fœtale, donc le dépistage de la maladie est systématique chez la femme enceinte.

Comment se déroule un dépistage de la syphilis ?

Le diagnostic de la syphilis repose principalement sur des analyses sérologiques (prélèvement sanguin) qui visent à détecter des anticorps anti-tréponème (la bactérie en cause). Plusieurs méthodes sont utilisées, principalement :

  • la VDRL (Venereal Disease Research Laboratory), qui n’est pas spécifique du tréponème
  • la TPHA (Treponema pallidum Haemagglutination Assay), spécifique du tréponème
  • la FTA (Fluorescent Treponemal Assay), lui aussi spécifique du tréponème. Il est surtout utilisé pour le diagnostic chez le nouveau-né ou en présence d’un chancre en tout début de maladie, si les tests VDRL et TPHA sont négatifs.

On associe généralement le test spécifique (TPHA) et un test non spécifique (VDRL) pour confirmer le diagnostic de syphilis.

Ces deux tests peuvent toutefois être négatifs au tout début du chancre (7 premiers jours). Ils sont toujours fortement positifs au stade de syphilis secondaire.

Malheureusement, les analyses sérologiques ne sont pas toujours faciles à interpréter (possibilité de faux positifs) et ne permettent pas de différencier les différents sous types de Treponema pallidum (il existe d’autres « tréponématose » non vénériennes). Le diagnostic est toutefois clair lorsque plusieurs marqueurs (VDRL+ TPHA ou FTA) sont positifs à des taux élevés.

D’autres méthodes comme le microscope à fond noir ou l’immunofluorescence permettent quant à elles de mettre directement en évidence le tréponème au début de la maladie, après prélèvement sur le chancre.

Des tests visant à rechercher la présence d’autres infections sexuellement transmissibles comme le VIH ou l’hépatite C seront systématiquement réalisés.

Quels résultats peut-on attendre d’un dépistage de la syphilis ?

Lorsque le diagnostic de syphilis est suspecté (souvent même avant d’être confirmé), un traitement doit être mis en place.

Il repose en premier lieu sur des injections intramusculaires d’antibiotiques (pénicilline). D’autres antibiotiques seront administrés en cas d’allergie à la pénicilline.

Il faut s’assurer de l’efficacité du traitement par un examen clinique et biologique après 6, 12 et 24 mois.

Chez la femme enceinte, le suivi biologique et clinique est mensuel.

T
THC (Tétrahydrocannabinol)

Définition du THC (Tétrahydrocannabinol)

Le THC ou tétrahydrocannabinol est l’une des principales molécules actives du cannabis. Il s’agit d’un cannabinoïde. On estime qu’un « joint » renferme de 2 à 20 mg de THC et, lorsqu’il est inhalé, 15-20% du THC présent dans la fumée passe dans le sang.

On peut aussi détecter sa présence dans la salive, l’urine, les cheveux, les poils, etc.

Les effets psychotropes du cannabis persistent jusqu’à 12 heures, selon la consommation et la sensibilité du sujet.

La fenêtre de détectabilité du THC dépend donc de l’ancienneté, de l’importance et de la régularité de la consommation.

Notons qu’une fois dans l’organisme, le THC est dégradé en deux composés, le 11OH-THC et le THC-COOH. Le THC est détectable dans le sang quelques secondes après la première inhalation, la concentration maximale en 11OH-THC est atteinte en environ 30 minutes et la concentration en THC-COOH en moins de 2 heures.

Pourquoi faire une analyse du THC ?

Après consommation de cannabis, principalement par inhalation, le THC est immédiatement détectable dans le sang. Sa présence est aussi décelable dans l’urine et la salive. Le THC est donc utilisé comme marqueur pour dépister la consommation de cannabis, souvent dans un contexte médico-légal (accident de la route, suspicion d’usage de stupéfiants, etc.) ou professionnel (médecine du travail).

Plusieurs tests sont utilisés, dépendamment du contexte :

  • dépistage sanguin : il permet de détecter une consommation de cannabis dans un délai maximum de 2 à 10 heures après la prise (THC, 11OH-THC et THC-COOH sont recherchés). Ce test est privilégié en cas d’accident de la route, par exemple. Il permet d’estimer le temps écoulé entre la dernière consommation et la prise de sang. Lorsque la concentration de THC est supérieure à celle du 11OH-THC, cela témoigne d’une consommation par inhalation. L’inverse témoigne d’une consommation par ingestion. Après 3 à 4 jours, les cannabinoïdes sont totalement éliminés du sang.
  • dépistage urinaire (THC-COOH) : il permet de repérer une consommation occasionnelle jusqu’à 2 à 7 jours après, et même plus longtemps en cas de consommation chronique (7 à 21 jours, voire plus).
  • dépistage salivaire (THC) : il est utilisé parfois par les forces de l’ordre pour un contrôle auprès des automobilistes. Il permet de détecter une consommation datant de 2 à 10 heures. Sa fiabilité scientifique ne fait toutefois pas consensus (existence de faux positifs).

Dans les cheveux (généralement en cas d’autopsie), la consommation peut se voir plusieurs mois voire plusieurs années après (les cheveux poussent en moyenne de un cm/mois et les traces de THC ne disparaissent pas).

Comment se déroule une analyse du THC ?

Quelque soit le test effectué (sanguin, urinaire ou salivaire), il consiste à déceler, grâce à l’usage d’anticorps anti-THC, la présence de cannabinoïde dans le fluide testé.

Selon le type de test effectué, on effectuera un prélèvement sanguin, urinaire (recueil d’urine) ou salivaire (équivalent d’un frottement par coton-tige).

Les analyses sont réalisées par les experts judiciaires.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de THC ?

À titre indicatif, on estime que le test est négatif si :

  • concentration urinaire < 25 à 50 ng/mL
  • concentration sanguine < 0,5 à 5 ng/mL (l’analyse sanguine quantifie aussi le 11OH-THC et le THC-COOH).
  • concentration salivaire < 15 ng/mL (difficultés d’interprétation entre 0,5 et 14,99 ng/mL)
TSH

La TSH (pour thyroid stimulating hormon), aussi appelée hormone thyréostimulante ou thyréostimuline, est une hormone fabriquée par l’hypophyse, dans le cerveau. Elle régit la sécrétion des hormones T4 et T3 par la thyroïde, une glande située à la base du cou.

Ces hormones thyroïdiennes exercent elles-mêmes un contrôle sur la sécrétion de TSH (on parle de rétroaction négative) : moins il y a d’hormones thyroïdiennes en circulation, plus la sécrétion de TSH augmente, pour stimuler la thyroïde. Ainsi, une réduction de moitié de la T4 dans le sang multiplie par 100 la concentration de TSH !

Pourquoi faire un dosage de la TSH ?

Le dosage de la TSH est le meilleur indicateur pour évaluer une maladie thyroïdienne. Il permet de :

  • diagnostiquer une hyper ou hypothyroïdie
  • aider à préciser la cause de l’affection (auto-immune, génétique, etc.)
  • surveiller une pathologie thyroïdienne et l’efficacité du traitement

Le dosage de la TSH peut donc être effectué chez des personnes ayant des symptômes variés (tels que des crampes, une sécheresse cutanée, une frilosité, une fatigue ou un manque d’énergie, des insomnies, une anxiété, un état dépressif, etc.), mais aussi chez :

  • les personnes avec un goitre
  • les personnes sans symptômes atteintes d’une maladie auto-immune (diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde, etc.)
  • les patients traités par des médicaments susceptibles d’entraîner un dérèglement de la thyroïde (carbonate de lithium, interféron, etc.)
  • pour un bilan chez les femmes de plus de 50 ans (parfois même recommandé dès 35 ans tous les 5 ans)
  • les patients atteints de dyslipidémie ou d’hypertension artérielle (bilan initial de l’hyperlipidémie)
  • en cas d’antécédents familiaux de maladie thyroïdienne

Le dosage de la T4 libre est parfois effectué dans un second temps en cas de niveau de TSH anormal.

Temps de Quick (vitesse de coagulation du sang)

Définition de la mesure du temps de Quick

Le temps de Quick permet de mesurer de la vitesse de coagulation du sang dans certaines conditions. C’est l’un des tests de laboratoire les plus réalisés : il permet d’évaluer plus précisément l’efficacité de la coagulation faisant intervenir plusieurs facteurs (facteurs VII, V, X et prothrombine). Il est surtout utilisé pour le suivi des personnes sous traitement anticoagulant oral (antivitamines K).

Note : On le trouve aussi sous l’appellation taux (ou temps) de prothrombine, car à l’époque de sa mise au point en 1935, on pensait que le test mesurait uniquement l’activité de la prothrombine et du fibrinogène.

En pratique, le temps de Quick correspond au temps qu’un plasma sans plaquettes, auquel on a ajouté certains réactifs (un extrait tissulaire appelé thromboplastine, du calcium), met pour coaguler. Le temps de Quick est exprimé en secondes ou en pourcentage par rapport à une droite de calibration.

Or, notamment en raison des diverses méthodes de mesure utilisées, les résultats sont très variables d’une analyse à l’autre, y compris pour un même patient.

Afin d’uniformiser les résultats, un système de calibration des réactifs a été développé avec diverses thromboplastines commerciales. Cela a permis de calculer un ratio, l’International Normalized Ratio (INR), qui prend en compte le temps de coagulation du patient et celui des réactifs de référence. Aujourd’hui, les résultats des temps de Quick sont donc exprimés en INR chez les patients sous traitement anticoagulant (temps de Quick du patient / temps de Quick témoin).

Pourquoi faire une mesure du temps de Quick ?

Cette mesure permet principalement d’évaluer la coagulation sanguine (par exemple en cas de troubles hémorragiques), mais aussi de mesurer l’efficacité et d’adapter le traitement anticoagulant chez les personnes traitées par antivitamines K.

Comment se déroule une mesure du temps de Quick ?

Le dosage se fait sur un simple prélèvement sanguin, effectué le plus souvent au pli du coude et de préférence à jeun (cette condition vous sera précisée par le laboratoire).

Les prélèvements sanguins sont ensuite anticoagulés avec un réactif (citrate de sodium) et la mesure est réalisée rapidement, à l’aide d’appareils automatiques.

Quels résultats peut-on attendre d’une mesure du temps de Quick ?

Le temps de Quick est le délai qui s’écoule entre l’ajout de la thromboplastine et la formation du caillot sanguin (coagulation). À titre indicatif, il est en général de l’ordre de 10 à 11 secondes. Lorsqu’il est exprimé en pourcentage, le temps de Quick est normalement compris entre 70 à 100 %.

Chez les personnes traitées par anticoagulants oraux, la valeur cible d’INR (c’est-à-dire la valeur qui reflète une bonne efficacité thérapeutique) est le plus souvent de 2,5 ; mais l’intervalle toléré peut varier selon la situation.

En l’absence de traitement par antivitamines K, si le temps de Quick est anormalement long, cela peut révéler l’existence d’un déficit héréditaire d’un ou plusieurs facteurs de coagulation (facteurs V, VII, X, prothrombine) ou un taux de fibrinogène anormal (inférieur à 0,8 g/L).

Test de grossesse (béta-hCG)

Définition du test de grossesse

La béta-hCG, ou gonadotrophine chorionique humaine, est une hormone sécrétée en cas de grossesse, a priori détectable dès l’implantation de l’embryon dans l’utérus (dès la deuxième semaine de grossesse, ou 6 à 10 jours après la fécondation). Elle est sécrétée par les cellules du trophoblaste (une couche de cellules qui délimitent l’œuf et qui donneront naissance au placenta).

Elle est utilisée comme marqueur de grossesse : c’est cette hormone qui est décelée dans l’urine par les tests de grossesse « maison » (que l’on achète en pharmacie) mais aussi lors des prises de sang destinées à déceler ou confirmer un début de grossesse.

Pendant la grossesse, son taux augmente très rapidement, pour atteindre un pic vers 8 à 10 semaines d’aménorrhée. Il diminue ensuite et reste stable jusqu’à l’accouchement.

Pourquoi faire une analyse de la béta-hCG ?

La présence d’une certaine quantité de béta-hCG dans le sang ou dans l’urine est révélatrice de grossesse.

Un test de grossesse peut donc être effectué lorsqu’on pense être enceinte, en cas de retard de règles ou d’absence de menstruations, ou en présence de certains symptômes (saignements vaginaux, douleurs pelviennes).

Ces tests peuvent aussi permettre de s’assurer qu’aucune grossesse n’est en cours, par exemple avant de débuter certains traitements ou de poser un stérilet (DIU).

Le déroulement de l'analyse de la béta-hCG

La détection de la béta-HCG peut s’effectuer de deux façons :

  • soit dans l’urine, en utilisant des tests vendus en pharmacie
  • soit dans le sang, en effectuant une prise de sang dans un laboratoire d’analyse. La prise de sang permet d’effectuer un dosage précis pour connaître le taux exact de béta-hCG dans le sang. En début de grossesse, ce taux double tous les 2 à 3 jours si la grossesse évolue normalement. Il peut être plus élevé en cas de grossesse gémellaire.

A la maison :

Le test de grossesse peut être effectué dès le premier jour de retard des règles. C’est à ce stade qu’il commence à être fiable à plus de 95% et que les faux négatifs sont donc exceptionnels. Cela étant, de nombreuses femmes souhaitant concevoir un enfant effectuent un test de grossesse avant leur retard de règles : il est possible d’obtenir un résultat positif précoce, parfois jusqu’à 5 à 6 jours avant la date prévue des menstruations (tout dépendant de la sensibilité du test).

Dans tous les cas, le test est extrêmement fiable (99%) si l’on suit les recommandations du fabricant.

Selon les marques, il est conseillé d’uriner directement sur le bâtonnet (pendant un certain nombre de secondes), ou d’uriner dans un récipient propre et d’y plonger le bâtonnet de test. Le résultat est généralement lisible en quelques minutes : selon les marques, si le test est positif, un « + » peut s’afficher, ou deux barres, ou encore l’inscription « enceinte ».

Il ne faut pas interpréter un résultat trop longtemps après avoir fait le test (le délai est précisé par le fabricant).

En tout début de grossesse, il est conseillé de faire le test avec les premières urines du matin. En effet, la béta-hCG sera plus concentrée et le résultat sera plus franc que si l’urine est diluée.

Par prise de sang :

Les tests de grossesse par prise de sang sont réalisés en laboratoire d’analyses médicales (en France, ils sont remboursés par la Sécurité Sociale s’ils sont prescrits par un médecin).

La fiabilité du test par prise de sang est de 100%. Les résultats sont généralement disponibles en 24 heures.

Quels résultats peut-on attendre d'une analyse de la béta-hCG ?

Si le test est négatif :

S’il a été effectué correctement, suffisamment tard (en cas de retard de règles supérieur à 5 jours, ou alors 21 jours après le rapport sexuel à risque), un test négatif signifie qu’il n’y a pas de grossesse en cours.

Si les règles ne surviennent pas malgré cela, il est important de consulter son médecin.

Si les doutes persistent, par exemple en cas de cycles menstruels irréguliers, un autre test peut être effectué quelques jours plus tard. En effet, les résultats négatifs sur les tests urinaires sont moins fiables que les résultats positifs (il peut exister des faux négatifs et la sensibilité peut varier d’une marque à l’autre).

Si le test est positif:

Les tests urinaires de grossesse sont très fiables (bien que certains traitements hormonaux ou neuroleptiques puissent parfois donner des faux positifs). Si le test est positif, vous êtes enceinte. En cas de doute, une confirmation par prise de sang peut être proposée, mais elle n’est pas obligatoire.

Quel que soit votre projet (poursuivre ou non la grossesse), il est recommandé de contacter votre médecin pour bénéficier d’une prise en charge adéquate une fois que la grossesse est confirmée.

Test de paternité (ADN)

Définition du test de paternité

Le test de paternité est une analyse génétique permettant de confirmer les liens de filiation biologique entre un homme et son enfant. On parle aussi de « test ADN ».

Il est généralement demandé dans le cadre de procédures juridiques (ordonné par le juge aux affaires familiales), mais il est de plus en plus souvent utilisé, car il est désormais facile de se procurer librement des kits de test sur Internet. Cette pratique reste toutefois illégale en France.

Pourquoi faire un test de paternité ?

D’après une étude parue dans la revue The Lancet en 2006, dans environ un cas sur 30, le père déclaré ne serait pas le père biologique de l’enfant.

En cas de « contentieux de filiation », c’est-à-dire lorsque le lien de filiation est contesté ou que le père n’a pas reconnu l’enfant, par exemple, la filiation peut résulter d’un jugement. Celui-ci peut être rendu dans le cadre de plusieurs actions juridiques :

  • la recherche de paternité (ouverte à tout enfant qui n’a pas été reconnu par son père)
  • le rétablissement de la présomption de paternité (pour prouver la paternité d’un conjoint en cas de divorce, par exemple)
  • la contestation de paternité
  • les actions dans un contexte de succession
  • les actions liées à l’immigration, etc.

Rappelons que le lien de filiation est associé à certaines obligations, en matière de pension alimentaire ou d’héritage, par exemple. Ainsi, les demandes de test de paternité émanent souvent de femmes qui réclament des pensions alimentaires à un ex-conjoint, de pères souhaitant obtenir le droit de visite ou de garde, ou encore souhaitant se défaire de leurs responsabilités car ils soupçonnent ne pas être biologiquement liés à l’enfant. En France, seuls certains laboratoires sont autorisés par le Ministère de la Justice à pratiquer ces expertises, avec le consentement des personnes impliquées (il est toujours possible de refuser de se soumettre à un test).

Rappelons que l’achat de tests sur internet est illégal en France et passible de lourdes amendes. Ailleurs en Europe et en Amérique du Nord, l’achat est légal.

Quels résultats peut-on attendre d'un test de paternité ?

Aujourd’hui, le test de paternité s’effectue dans l’immense majorité des cas à partir de prélèvements buccaux. A l’aide d’un écouvillon (coton-tige), on frotte l’intérieur de la joue pour recueillir de la salive et des cellules. Ce test rapide est non invasif permet ensuite au laboratoire d’extraire l’ADN et de comparer les « empreintes génétiques » des personnes impliquées.

En effet, si les génomes de tous les êtres humains sont très similaires entre eux, il existe tout de même de petites variations génétiques qui caractérisent les individus et qui sont transmissibles à la descendance. Ces variations, appelées « polymorphismes », peuvent être comparées. Une quinzaine de marqueurs suffisent généralement à établir un lien de parenté entre deux personnes, avec une certitude proche de 100%.

Testostérone

Définition de la testostérone

La testostérone est une hormone stéroïde mâle produite naturellement chez l’homme et, à un moindre degré, chez la femme. C’est une hormone androgène, dont le rôle est d’induire la différentiation et le développement des organes reproducteurs masculins et de la fonction reproductrice chez l’homme. La testostérone est principalement sécrétée par le testicule (à 95%). Chez la femme, les androgènes proviennent en faible quantité par les ovaires et les glandes surrénales, mais surtout de la transformation de certaines substances (les précurseurs androstènedione et déhydroépiandrostéone) en testostérone au niveau du foie, du tissu adipeux et de la peau.

Elle circule dans le  sang sous deux formes, l’une liée à des protéines de transport (30 à 40% liée à l’albumine et 60 à 70 % liée à la SHBG ou TeBG et la SBP), l’autre libre.

Pourquoi faire une analyse du taux sanguin de testostérone ?

Le dosage du taux sanguin de testostérone fait partie du bilan hormonal en cas, par exemple, d’hirsutisme chez la femme ou de troubles de l’érection chez l’homme ou de bilan d’infertilité.

Le plus souvent, on mesure les taux sanguins totaux, qui permettent d’évaluer la capacité de production de l’hormone alors que la détermination des taux libres (hormone non liée aux protéines de transports) permet d’estimer la disponibilité  tissulaire  (1 à 3%).

Chez l’homme

Le dosage de la testostérone plasmatique totale associé au dosage de la TeBG est le meilleur moyen d’évaluer le fonctionnement hormonal du testicule (fonction leydigienne).

Le dosage peut aussi être utilisé chez les hommes suivis pour un cancer de la prostate et sous traitement antiandrogénique.

Chez la femme

Le but est surtout d’évaluer le risque d’hyperandrogénie, c’est-à-dire d’excès d’hormones mâles, pouvant causer des troubles des menstruations, de l’acné, de l’hirsutisme, etc.

Chez l’enfant ou l’adolescent

Le dosage peut être effectué en cas de trouble de la puberté, d’anomalies des caractères sexuels secondaires comme une gynécomastie (= développement des seins) chez le garçon par exemple.

Comment se déroule une analyse de la testostérone ?

Le dosage sanguin s’effectue sur un prélèvement veineux, en général au pli du coude.

Il est effectué le matin, car les concentrations varient au cours de la journée. Les dosages doivent être répétés lorsqu’une valeur anormale est mise en évidence.

Chez la femme, on privilégie un prélèvement en début de cycle, car la concentration sérique de testostérone est la plus basse durant la phase folliculaire du cycle, et augmente jusqu’à un pic au milieu du cycle.

Il est également possible de doser la testostérone dans la salive, bien que ce test soit moins répandu. Les échantillons sont alors recueillis par simple salivation dans un flacon.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la testostérone ?

Les valeurs usuelles de testostéronémie sont variables en fonction du sexe, de l’âge et du stade pubertaire.

À titre indicatif, les concentrations sanguines normales de testostérone, qui peuvent varier d’un laboratoire à l’autre, sont :

  • chez l’homme : 8,2–34,6 nmol/L
  • chez la femme : 0,3–3,0 nmol/L

Seul le médecin pourra interpréter les anomalies en fonction des symptômes et des caractéristiques de son patient, et au besoin du résultat d’autres examens.

Chez l’homme, une testostéronémie trop faible est généralement le signe d’un hypogonadisme (déficit en androgènes), soit lié à un problème au niveau du testicule, soit d’origine centrale (hypothalamus ou hypophyse).

L’hypotestostéronémie peut aussi être liée à une cirrhose, à la prise de certains médicaments (mitotanes) ou à une hypothyroïdie, entre autres. L’âge (andropause) peut aussi être en cause.

Chez la femme, le principal problème lié à la testostérone est l’hyperandrogénie, définie comme une sécrétion excessive d’androgènes. Elle se manifeste par plusieurs symptômes, surtout : l’hirsutisme (poils drus sur des zones « masculines », comme le menton), l’acné ou la séborrhée, des troubles du cycle menstruel, etc.

Elle peut être liée à plusieurs causes, comme :

  • syndrome polykystique des ovaires
  • tumeur corticosurrénalienne  ou ovarienne dite « virilisante » (concentration de testostérone supérieure à 5,2 nmol/L)
  • hyperandrogénie ovarienne
  • hyperandrogénie surrénalienne
Toxoplasmose

Définition de la toxoplasmose

La toxoplasmose est une maladie due à un parasite très répandu, Toxoplasma gondii. On estime qu’environ 45% des adultes ont déjà été contaminés en France, le plus souvent sans le savoir. Au Canada et en Amérique du Nord, où les gens consomment moins de viande crue, la prévalence est un peu plus faible. Après contamination, les personnes restent immunisées toute leur vie.

La maladie est bénigne et n’entraîne aucun symptôme dans la majorité des cas. Les conséquences de la toxoplasmose peuvent toutefois être dramatiques chez les personnes immunodéprimées ou en cas de grossesse, puisque le parasite peut causer des lésions irréversibles dans le cerveau du fœtus, entre autres malformations.

Si elle est contractée en fin de grossesse, la maladie peut aussi atteindre le fœtus qui naîtra avec une toxoplasmose congénitale (environ un enfant sur 3000).

La toxoplasmose peut être transmise par les excréments de chat (en changeant la litière, par exemple), puisque le chat est un « hôte » du parasite. Il se contamine en consommant de la chair animale (souris, oiseaux) parasitée.

L’ingestion de viande contaminée crue ou mal cuite, ou d’aliments mal lavés peut aussi suffire à transmettre le parasite à l’humain (consommation de crudités contaminées : 25 % des cas chez l’homme ; viande contaminée mal cuite : 75 % des cas).

Pourquoi faire une analyse de la toxoplasmose ?

A moins d’avoir des doutes face à certains symptômes, en particulier chez une personne fragile et immunodéprimée, le test de dépistage de la toxoplasmose n’est pas indiqué fréquemment. Il est en revanche effectué systématiquement chez la femme enceinte, dès que la grossesse est confirmée (du moins en France).

S’il s’avère que la femme a été immunisée par le passé, aucune précaution particulière ne sera nécessaire. En revanche, si on découvre qu’elle n’a jamais contracté la maladie, une surveillance mensuelle (par prise de sang) sera mise en place.

Si la toxoplasmose est contractée pendant la grossesse, elle n’entraînera aucun symptôme dans 90% des cas. Le seul moyen de savoir si le fœtus court un risque est donc de dépister l’infection dans le sang, mensuellement. Un dernier contrôle est effectué deux à trois semaines après l’accouchement.

Comment se déroule une analyse de la toxoplasmose ?

L’infection à T. gondii pendant la grossesse peut être décelée par dépistage sanguin, par amniocentèse, ainsi que par la présence d’anomalies visibles à l’échographie.

Le dosage sanguin constitue le diagnostic de base : il s’effectue sur un prélèvement veineux, en général au pli du coude. Aucune préparation n’est nécessaire.

Cette sérologie toxoplasmique consiste à rechercher dans le sang la présence d’anticorps anti-toxoplasme (immunoglobulines G et M), signes qu’une infection récente a eu lieu.

Quels résultats peut-on attendre d’une analyse de la toxoplasmose ?

Selon le type d’anticorps anti-toxoplasme présents dans le sang, il est possible de dater (avec plus ou moins de précision) le moment de l’infection.

Lorsque l’analyse montre qu’une infection à T. gondii a été contractée par le passé, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. En effet, l’immunisation est dès lors acquise pour la vie.

Si la sérologie est négative en début de grossesse, puis qu’elle devient positive lors d’un des suivis mensuels, c’est que l’infection est en cours (aiguë) ou très récente.

Il faut savoir que les risques d’atteinte du fœtus augmentent à mesure que la grossesse avance, car le placenta est de plus en plus perméable. Cela étant, cette atteinte est d’autant plus grave qu’elle est précoce.

En début de grossesse, l’infection peut causer une fausse-couche, des malformations graves du crâne (hydrocéphalie, microcéphalie, calcifications intracrâniennes, retard psychomoteur important) ou des yeux (lésions oculaires aboutissant potentiellement à la cécité à l’âge adulte).

Si une infection survient pendant la grossesse, il est important de déterminer le moment auquel elle est survenue.

Un traitement (par antibiothérapie) sera administré, et une amniocentèse pourra être réalisée pour savoir si le fœtus a été contaminé. Généralement, plusieurs échographies sont planifiées tout au long de la grossesse pour déceler d’éventuelles malformations fœtales.

Si une femme n’a jamais contracté la maladie, elle devra respecter plusieurs règles hygiéno-diététiques au cours de sa grossesse pour limiter le risque de contamination :

  • manger de la viande bien cuite (ou congelée au préalable)
  • éviter les viandes marinées, salées ou fumées
  • éviter les coquillages et crustacés crus
  • bien rincer les fruits, légumes et herbes pour éliminer toute trace de terre
  • garder le plan de travail et les planches à découper très propres pour cuisiner
  • jardiner avec des gants, et bien se laver les mains avant chaque repas
  • s’il y a un chat à la maison, éviter de toucher la litière (ou le faire avec des gants) et tous les objets qui pourraient être contaminés par les excréments. Notez toutefois que les chats d’appartement qui ne vont pas à l’extérieur et sont nourris par des conserves ou des croquettes ne sont pas touchés par le parasite.
Transaminases

Définition des transaminases

Les transaminases sont des enzymes présentes à l’intérieur des cellules, en particulier au niveau du foie et des muscles. Elles interviennent dans une multitude de réactions biologiques. On distingue deux types de transaminases :

  • les ASAT (aspartate aminotransférases), surtout présente dans le foie, les muscles, le cœur, les reins, le cerveau et le pancréas
  • les ALAT (alanine aminotransférases), relativement spécifiques du foie

Les ASAT étaient anciennement désignées sous le sigle TGO (ou SGOT pour sérum-glutamyl-oxaloacétate-transférase) ; les ALAT sous le sigle TGP (ou SGPT pour sérum-glutamyl-pyruvate-transaminase).

Pourquoi faire un dosage des transaminases ?

Le dosage de ces enzymes est utilisé pour détecter un problème au niveau du foie : leur augmentation dans le sang est due à une libération anormale par des cellules hépatiques endommagées, par exemple en raison d’une hépatite, d’une intoxication alcoolique ou médicamenteuse, etc.

Le médecin peut donc prescrire un dosage en cas de symptômes généraux tels qu’une fatigue, une baisse de forme, des nausées, un ictère (jaunisse), etc. Il peut aussi prescrire cette analyse chez des personnes à risque de problème hépatique :

  • risque d’hépatite B ou C,
  • utilisation de drogues intraveineuses,
  • obésité,
  • diabète,
  • maladies auto-immunes,
  • ou encore prédisposition familiale à une maladie hépatique.

Comment se déroule un dosage des transaminases ?

Le dosage se fait sur un simple prélèvement sanguin, effectué le plus souvent au pli du coude. Aucune condition particulière n’est requise pour ce prélèvement (mais d’autres dosages demandés dans le même bilan peuvent nécessiter d’être à jeun, par exemple).

Le dosage des deux transaminases sera effectué simultanément, et le rapport ASAT/ALAT sera calculé, car il donne des indications sur le type de lésion ou de pathologie hépatique en cause.

En cas de résultats anormaux, un second dosage sera probablement demandé pour confirmer les valeurs.

Quels résultats peut-on attendre d’un dosage des transaminases ?

Lorsque les concentrations d’ASAT et surtout d’ALAT sont anormalement élevées,  c’est généralement le signe d’une atteinte hépatique. Certains troubles, comme l’hépatite causée par le méthotrexate ou l’hépatite C chronique peuvent toutefois ne s’accompagner d’aucune augmentation du taux de transaminases.

Le degré d’élévation des transaminases donne généralement de bonnes indications au médecin quant au diagnostic :

  • Une élévation légère (moins de 2 à 3 fois la norme) à modérée (3 à 10 fois la norme) se voit en cas de trouble hépatique lié à l’alcool, en cas d’hépatite virale chronique ou de stéatose (accumulation de graisses dans les cellules du foie), par exemple. Par ailleurs, un rapport ASAT/ALAT > 2 fait davantage penser à une maladie alcoolique du foie.
  • Une élévation plus importante (supérieure à 10 à 20 fois la norme) correspond plutôt à une hépatite virale aiguë (l’élévation peut être très importante dans les 4 à 6 semaines qui suivent la contamination), à des lésions induites par des médicaments ou une intoxication, ainsi qu’une ischémie hépatique (arrêt partiel de l’irrigation sanguine au niveau du foie).

Le médecin pourra prescrire d’autres analyses ou examens pour confirmer le diagnostic (comme une biopsie du foie, par exemple). Le traitement instauré dépendra bien sûr de la maladie en cause.

Triglycérides

Définition des triglycérides

Les triglycérides sont des graisses (lipides) qui servent de réserve énergétique. Elles proviennent de l’alimentation et sont aussi synthétisées par le foie. Lorsqu’elles sont trop nombreuses dans le sang, elles constituent un facteur de risque cardiovasculaire car elles contribuent à « boucher » les artères.

Pourquoi faire un dosage des triglycérides ?

Le dosage des triglycérides totales est effectué dans le cadre d’un bilan lipidique, en même temps que le dosage du cholestérol (total, HDL et LDL), pour détecter une dyslipidémie, c’est-à-dire une anomalie du taux de graisses circulant dans le sang.

Le dosage peut aussi être effectué en routine ou pour évaluer le risque cardiovasculaire chez une personne qui présente des symptômes de maladie coronarienne (syndrome coronarien aigu) par exemple. Le bilan peut aussi être effectué lorsqu’il existe d’autres facteurs de risque cardiovasculaire : diagnostic de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, etc.

En cas de valeurs anormales, le bilan doit être fait une seconde fois pour confirmation. Il faut également refaire un bilan lipidique (tous les 3 à 6 mois) après la mise en place d’un traitement contre la dyslipidémie.

L’examen des triglycérides

Le dosage s’effectue grâce à un simple prélèvement sanguin. Il faut être à jeun depuis 12 heures et avoir suivi un régime alimentaire normal dans les semaines précédentes (le médecin ou le laboratoire vous donnera peut-être quelques indications).

Quels résultats peut-on attendre d'un dosage des triglycérides ?

L’interprétation du taux de triglycérides dépend des valeurs globales du bilan lipidique, et notamment du taux de cholestérol HDL, mais aussi des facteurs de risque associés, comme le diabète ou l’hypertension.

A titre indicatif, le taux de triglycérides dans le sang devrait être :

  • chez les hommes : inférieur à 1,30 g/L (1,6 mml/L)
  • chez les femmes : inférieur à 1,20 g/L (1,3 mml/L)

Le bilan lipidique est considéré comme normal chez une personne sans facteur de risque si :

  • le LDL-cholestérol < 1,60 g/l (4,1 mmol/l),
  • le HDL-cholestérol > 0,40 g/l (1 mmol/l)
  • les triglycérides < 1,50 g/l (1,7 mmol/l) et, le bilan lipidique est considéré comme normal. Il n'est alors pas nécessaire de répéter ce bilan.

Au contraire, si les triglycérides sont supérieures à 4 g/L (4,6 mmol/L), quelque soit le niveau de cholestérol total, il s’agit d’une hypertriglycéridémie.

L’hypertriglycéridémie peut être mineure (<4g/L), modérée (<10g/L), ou majeure. En cas d’hypertriglycéridémie majeure, il existe un risque de pancréatite.

Les causes d’hypertriglycéridémies sont nombreuses :

  • syndrome métabolique (obésité abdominale, hypertension artérielle, glycémies à jeun élevées, baisse du HDL-cholestérol)
  • mauvaise alimentation (hypercalorique, riches en sucres simples, en graisses et en alcool).
  • Prise de certains médicaments (corticoïdes, interféron, tamoxifène, diurétiques thiazidiques, bétabloquants, certains antipsychotiques, etc.)
  • Causes génétiques (hypertriglycéridémie familiale)

Les traitements dits «  hypolipémiants », comme les statines ou les fibrates, permettent de réguler la lipidémie et d’abaisser le taux de cholestérol et de triglycérides dans le sang. Seul le médecin pourra déterminer si un tel traitement est nécessaire.

Trisomie 21 (DPNI)

Définition de la trisomie 21

La trisomie 21, aussi appelée syndrome de Down, est une anomalie génétique caractérisée par la présence d’un chromosome surnuméraire. En effet, chaque individu possède normalement, dans chacune de ses cellules, 23 paires de chromosomes qui portent le matériel génétique. Chez les personnes atteintes de trisomie 21, la paire numéro 21 contient un chromosome de trop, soit trois chromosomes (d’où le terme trisomie).

Cette anomalie chromosomique est très fréquente, mais son incidence a diminué significativement dans plusieurs pays, depuis la mise en place d’un dépistage prénatal. Aujourd’hui, en France et au Québec, la prévalence est estimée à environ 1/800 naissances.

Plus la femme enceinte est âgée au moment de sa grossesse, plus sa probabilité d’avoir un enfant atteint de trisomie 21 est élevée (elle est de 1/1500 à 20 ans, de 1/1000 à 30 ans et de 1/100 à 40 ans environ).

Pourquoi faire un dépistage de la trisomie ?

La trisomie 21 se caractérise par une déficience intellectuelle de degré variable, le plus souvent légère, des traits morphologiques particuliers (yeux « bridés », nuque plate, visage rond, petit nez, etc.) et par un risque de complications telles que des malformations cardiaques et digestives, des problèmes de vision, des maladies auto-immunes et endocriniennes (hypothyroïdie, diabète, etc.). L’espérance de vie est d’environ 55 ans. Toutes ces complications sont variables d’une personne atteinte à l’autre, et il est impossible de « prédire » le degré de handicap de l’enfant à naître.

En France comme dans de nombreux pays occidentaux (dont le Canada), on propose donc à toutes les femmes enceintes un dépistage de la trisomie fondé sur l’échographie (mesure de la clarté nucale vers 12 semaines d’aménorrhée) et sur le dosage de certains marqueurs sanguins – des hormones placentaires. Ce test, dit « combiné du 1er trimestre» car il associe prise de sang et échographie, est le plus utilisé (il existe aussi des marqueurs du deuxième trimestre). Il ne permet toutefois pas de diagnostiquer avec certitude l’anomalie : il évalue simplement le risque d’avoir un fœtus atteint. En cas de probabilité élevée de trisomie (risque estimé supérieur à 1/250), il sera possible d’effectuer une amniocentèse ou une biopsie de trophoblaste afin d’obtenir un diagnostic (grâce au caryotype fœtal).

Il existe également un nouveau test, proposé par certains laboratoires privés, qui permet par une simple prise de sang effectuée chez la mère de dépister cette anomalie chromosomique (en analysant l’ADN du fœtus qui circule dans le sang de la mère) avec une fiabilité de plus de 99%. Ce test, appelé diagnostic prénatal non invasif (DPNI) ou test prénatal non invasif, est déjà utilisé en Suisse et en Allemagne à plus large échelle. Faute de remboursement par la Sécurité sociale, il est encore très marginal en France.

En 2013, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a estimé, dans un communiqué, que si ce test était mis en œuvre pour la trisomie 21, il « permettrait de diminuer encore la fréquence des prélèvements invasifs (type amniocentèse) chez les femmes à risque élevé (>1/250). Le DPNI doit pouvoir être proposé rapidement à ces patientes à risque. On estime que 90 à 95 % des examens invasifs pourraient être évités, quand le DPNI est rassurant ».

Rappelons que l’amniocentèse est associée à un risque de fausse-couche variant de 0,5 à 1,5%.

Comment se déroule un dépistage de la trisomie ?

Le dépistage se fait sur un simple prélèvement sanguin, effectué au pli du coude à partir de la 11ème semaine de grossesse environ.

Bien qu’il existe plusieurs techniques, elles consistent toutes à quantifier l’ADN fœtal circulant dans le sang de la mère pour mettre en évidence la fraction d’ADN en excès provenant d’un éventuel chromosome surnuméraire (le 21, mais aussi par exemple le 18 ou le 13). La méthode la plus utilisée actuellement est appelée « quantification par séquençage massif en parallèle à haut débit » (ou next génération sequencing).

Le DPNI ne peut être réalisé que dans des laboratoires très spécialisés.

Quels résultats peut-on attendre du dépistage de la trisomie 21 ?

Chez une femme à risque élevé de donner naissance à un fœtus trisomique, le fait que les résultats du DPNI soient rassurants permet d’éviter dans la majorité des cas de poursuivre les examens et de rassurer les parents.

Si, en revanche, le DPNI révèle une anomalie, le résultat doit être confirmé par un prélèvement invasif (amniocentèse ou biopsie du trophoblaste) pour analyser le caryotype fœtal et obtenir un diagnostic certain.

En cas de trisomie avérée, la décision de poursuivre ou non la grossesse appartient bien sûr aux parents.

Troponine

Définition de la troponine

La troponine est une substance protéique qui entre dans la constitution des fibres musculaires et régule leur contraction, y compris au niveau du muscle cardiaque.

Il s’agit d’un complexe composé en fait de trois protéines : les troponines I, -C et -T.

Il existe des formes spécifiques du cœur pour la troponine T et I, ce qui permet de déceler une atteinte cardiaque.

Pourquoi faire un dosage des troponines ?

Le dosage des troponines cardiaques permet :

  • de détecter une atteinte cardiaque,
  • de stratifier le risque (pronostic) chez les personnes ayant subi un syndrome coronarien aigu
  • de diagnostiquer un infarctus du myocarde (crise cardiaque)

Ce dosage est donc important pour le diagnostic, le pronostic et le suivi thérapeutique des syndromes coronariens aigus, qui désignent l’ensemble des troubles survenant lorsqu’une des artères qui alimentent le cœur (les artères coronaires), se bouche en totalité ou en partie. L’infarctus du myocarde en fait partie.

Quels résultats peut-on attendre d'un dosage des troponines ?

Le dosage s’effectue grâce à un simple prélèvement sanguin. La technique de dosage repose sur des anticorps qui reconnaissent les formes cardiaques des différentes troponines.

En l'absence de problème cardiaque, la concentration de troponine dans le sang est très faible. Elle doit être inférieure à 0,6 μg/L (microgrammes par litre).

Toute élévation du taux de troponine dans la circulation sanguine est le signe d'une lésion du myocarde, le muscle cardiaque. Suite à un infarctus ou à une baisse de l’approvisionnement sanguin du cœur, des cellules cardiaques se nécrosent et meurent, libérant des troponines.

Celles-ci sont détectables dans le sang 2 à 4 heures après le début de la souffrance myocardique.

L'élévation de la troponine dans le sang peut aussi se voir en cas :

  • d’embolie pulmonaire,
  • de myocardite (inflammation du myocarde),
  • d’insuffisance cardiaque chronique,
  • d’insuffisance rénale terminale
U
Urée

Définition de l’urée

L’urée est une molécule qui résulte d’un processus de dégradation des protéines. C’est la forme principale d’élimination des déchets azotés, par l’urine. C’est l’azote des protéines qui, combinée avec des molécules produites par le foie, constitue l’urée.

Pourquoi faire un dosage de l’urée ?

Le dosage de l’urée permet, avec d’autres mesures, d’évaluer la fonction rénale, particulièrement la présence d’une insuffisance rénale. Il est aussi prescrit pour surveiller la fonction rénale des personnes atteintes de diabète ou ayant subi un infarctus du myocarde. En effet, lorsque les reins ne fonctionnent plus normalement, il y a une augmentation dans le sang des concentrations d’urée, de créatinine et d’acide urique.  Certaines pathologies du foie peuvent également affecter le taux d’urée dans le sang.

Le dosage de l’urée seule dans le sang n’est toutefois pas très informatif, car la quantité d’urée produite chaque jour varie en fonction de l’alimentation et son excrétion par les reins est irrégulière. Le dosage de la créatinine est donc généralement préféré, ou du moins effectué en même temps.

L’urée peut aussi être évaluée dans les urines (« clairance » de l’urée). Le rapport urée urinaire/urée sanguine peut aider le médecin à déterminer la cause de l’insuffisance rénale. Le dosage de l’urée peut en outre permettre d’évaluer l’efficacité de la dialyse.

Comment se passe un dosage de l’urée ?

Le dosage de l’urée dans le sang (urémie) s’effectue sur un prélèvement sanguin, généralement effectué au pli du coude.

Il faut de préférence être à jeun et éviter les repas trop riches en protéines les jours précédents.

Le dosage de l’urée dans les urines (uricémie) se fait sur 24 heures.

Quels résultats peut-on attendre d’un dosage de l’urée ?

Les valeurs normales de l’urée dans le sang sont comprises entre 2,5 et 7,6 mmol/L (ou 0,10 à 0,55 g / L).

Chez les enfants et les femmes enceintes, ces valeurs sont plus basses.

Dans les urines, l’urée se retrouve à hauteur de 300 à 500 mmol/24 heures.

La concentration en urée augmente de façon anormale dans diverses situations, notamment :

  • en cas d’insuffisance rénale ou de lésions rénales
  • en cas d’infections, d’accident cardio-vasculaire, de choc, de stress, etc.
  • lors de la prise de certains médicaments
  • en cas d’alimentation très riche en protéines

La diminution du taux d’urée peut être le signe d’une carence en protéines alimentaires, en cas par exemple, de malabsorption digestive, ou à une maladie hépatique grave.

V
VIH

Définition du VIH (SIDA)

Le VIH ou virus de l’immunodéficience humaine est un virus qui affaiblit le système immunitaire et peut entraîner de nombreuses complications, dont le sida (syndrome d’immunodéficience acquise), mortel, en l’absence de traitement. C’est un virus qui se transmet sexuellement et par voie sanguine, ainsi que lors de l’accouchement ou l’allaitement entre une mère contaminée et son enfant.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 35 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH, et environ 0,8% des personnes de 15 à 49 ans sont infectées.

La prévalence varie grandement selon les pays. En France, on estime qu’il y aurait 7000 à 8000 nouvelles contaminations chaque année, et que 30 000 personnes seraient séropositives sans le savoir. Au Canada, la situation est similaire : un quart des personnes vivant avec le VIH ne savent pas qu’elles en sont atteintes.

Pourquoi faire un test de dépistage du VIH ?

Plus l’infection est dépistée et prise en charge tôt, meilleures sont les chances de survie et la qualité de vie. Bien qu’aucun traitement ne permette de guérir l’infection, de nombreux médicaments permettent de freiner la multiplication du virus dans le corps et d’empêcher la survenue du stade sida.

Il est donc recommandé de faire régulièrement un dépistage du VIH à toute la population adulte. Le dépistage peut s’effectuer n’importe quand, de façon volontaire. De nombreux centres et associations le proposent gratuitement (les centres de dépistage anonyme et gratuit ou CDAG en France, n’importe quel médecin ou même chez soi, etc.).

On peut notamment le demander :

  • après un rapport sexuel non protégé ou en cas de rupture du préservatif
  • dans un couple stable, pour arrêter d’utiliser le préservatif
  • en cas de désir d’enfant ou d’une grossesse confirmée
  • après partage d’une seringue
  • après un accident professionnel d’exposition au sang
  • en cas de symptômes évocateurs d’une infection au VIH ou du diagnostic d’une autre infection sexuellement transmissible (hépatite C, par exemple)

En France, la Haute autorité de santé recommande aux médecins de proposer le test de dépistage à l’ensemble des personnes de 15 à 70 ans lors d’un recours au système de soins, en dehors de prises de risque identifiées. Dans les faits, ce dépistage est rarement proposé.

Par ailleurs, le dépistage devrait être annuel ou régulier chez les populations les plus à risque de contracter le virus, à savoir :

  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes
  • les personnes hétérosexuelles ayant eu plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois
  • les populations des départements français d’Amérique (Antilles, Guyane).
  • les usagers de drogues injectables
  • les personnes originaires d’une zone de haute prévalence, notamment d’Afrique sub-saharienne et des Caraïbes
  • les personnes en situation de prostitution
  • les personnes dont les partenaires sexuels sont infectés par le VIH

Il est aussi effectué au moment de la 1ère consultation chez toute femme enceinte, dans le cadre du bilan biologique réalisé de façon systématique.

Attention : Après une prise de risque, le test ne pourra pas être fiable avant quelques semaines, car le virus peut être présent mais encore indétectable. Il est possible, lorsque moins de 48h se sont écoulées depuis la prise de risque, de bénéficier d’un traitement dit « post-exposition » qui peut éviter l’infection. Il peut être délivré aux urgences de n’importe quel hôpital.

Comment se déroule un test de dépistage du VIH ?

Il existe plusieurs tests permettant de dépister l’infection au VIH :

  • par prise de sang dans un laboratoire d’analyses médicales : le test repose sur la détection dans le sang d’anticorps anti-VIH, par une méthode appelée Elisa de 4e génération. Les résultats sont obtenus en 1 à 3 jours. Un test négatif indique que la personne n’est pas contaminée si elle n’a pas pris de risque dans les 6 dernières semaines précédant la réalisation du test. C’est le test de référence, le plus fiable.
  • par test de dépistage rapide à orientation diagnostique (TROD) : ce test rapide donne un résultat en 30 minutes. Il est rapide et simple, se réalisant le plus souvent avec une goutte de sang au bout du doigt, ou avec de la salive. Un résultat négatif ne peut être interprété en cas de prise de risque datant de moins de 3 mois. En cas de résultat positif, il faut un test conventionnel de type Elisa pour confirmer.
  • Par auto-test : ces tests sont similaires aux tests de dépistage rapide et sont destinés à être utilisés à la maison

Quels résultats peut-on attendre d’un test de dépistage du VIH ?

Une personne peut être considérée comme non infectée par le VIH si :

  • le test de dépistage Elisa est négatif six semaines après la prise de risque
  • le test de dépistage rapide est négatif 3 mois après la prise de risque

Si le test est positif, cela signifie que la personne est séropositive, infectée par le VIH.

Une prise en charge sera alors proposée, reposant le plus souvent sur un cocktail de médicaments anti-rétroviraux destinés à limiter la multiplication du virus dans l’organisme.

Vitesse de sédimentation

Définition de la sédimentation

La vitesse de sédimentation est un test qui mesure le taux de sédimentation, ou chute libre des globules rouges (hématies) dans un échantillon de sang laissé dans un tube vertical, au bout d’une heure.

Cette vitesse dépend de la concentration des protéines dans le sang. Elle varie notamment en cas d’inflammation, lorsque les taux de protéines inflammatoires, de fibrinogène ou encore d’immunoglobulines augmentent. On l’utilise donc en général comme un marqueur de l’inflammation.

Pourquoi faire une mesure de la vitesse de sédimentation ?

Cet examen est souvent prescrit en même temps que l’hémogramme (ou numération formule sanguine). Il est de plus en plus remplacé par des tests comme la mesure de la CRP ou de la procalcitonine, qui permettent d’évaluer l’inflammation de façon plus précise.

La vitesse de sédimentation peut être calculée dans plusieurs situations, notamment pour :

  • rechercher une inflammation
  • évaluer le degré d’activité de certaines maladies inflammatoires rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde
  • détecter une anomalie des immunoglobulines (hypergammaglobulinémie, gammapathie monoclonale)
  • suivre l’évolution ou déceler un myélome
  • en cas de syndrome néphrotique ou d’insuffisance rénale chronique

Ce test est rapide, peu coûteux mais peu spécifique et il ne doit plus être indiqué systématiquement dans les bilans sanguins, selon les recommandations de la Haute autorité de santé en France.

L’examen de la vitesse de sédimentation

L’examen repose sur un simple prélèvement sanguin, qui se fait de préférence à jeun. La vitesse de sédimentation doit se lire une heure après le prélèvement.

Quels résultats peut-on attendre d'une mesure de la vitesse de sédimentation ?

Le résultat s’exprime en millimètres après une heure. La vitesse de sédimentation varie selon le sexe (plus rapide chez la femme que chez l’homme) et l’âge (plus rapide chez les individus âgés que chez les jeunes). Elle augmente aussi en cas de grossesse et de la prise de certains traitements oestro-progestatifs.

Après une heure, en général, le résultat devrait être inférieur à 15 ou 20 mm chez les patients jeunes. Après 65 ans, il est généralement inférieur à 30 ou 35 mm selon le sexe.

On peut aussi avoir une approximation des valeurs normales, qui devraient rester inférieures à :

– pour les hommes : VS = âge en années/2

– pour les femmes : VS = âge (+10)/2

Lorsque la vitesse de sédimentation est très augmentée (autour de 100 mm par heure), il est possible que la personne souffre :

  • d’une infection,
  • d’une tumeur maligne ou d’un myélome multiple,
  • d’une maladie rénale chronique,
  • d’une maladie inflammatoire.

D’autres pathologies non inflammatoires comme l’anémie ou les hypergammaglobulinémies (par exemple causées par le VIH ou l’hépatite C) peuvent également faire augmenter la VS.

Au contraire, une diminution de la vitesse de sédimentation peut se voir en cas de :

  • hémolyse (destruction anormale des globules rouges)
  • hypofibrinémie (baisse du taux de fibrinogène),
  • hypogammaglobulinémie,
  • polyglobulie (qui empêche la sédimentation)
  • prise de certains anti-inflammatoires à fortes doses
  • etc.

Dans les cas où la vitesse de sédimentation est modérément élevée, par exemple comprise entre 20 et 40 mm/h, le test étant peu spécifique, il est difficile de confirmer la présence d’une inflammation. D’autres examens comme le dosage de la CRP et du fibrinogène seront probablement nécessaires.

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